« L’opération militaire spéciale suit son cours. Elle doit se poursuivre et aboutir à un succès, afin que de tels actes ne se reproduisent plus jamais à l’avenir et pour exclure le danger de voir le régime de Kiev les commettre à nouveau », a déclaré le porte-parole du Kremlin, au lendemain d’une attaque de missiles menée par les forces ukrainiennes contre la ville russe de Briansk.
« Nous nous opposons aux attaques contre les civils et les infrastructures civiles », a déclaré auprès d’une agence russe Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général des Nations unies. Ce simple rappel d’une position de principe a provoqué la colère de la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, qui a fustigé au micro de Sputnik « l’ukrainisation du Secrétariat de l’ONU ». Six personnes ont été tuées et 42 blessées, a annoncé en milieu de matinée sur Telegram, le gouverneur de la région éponyme, Alexandre Bogomaz, rehaussant un précédent bilan de 36 blessés après cette attaque qui a impliqué sept missiles de croisière franco-britannique Strom-Shadow.
« Il est évident que le lancement de ces missiles n’aurait pas été possible sans l’aide d’experts britanniques. Nous en sommes parfaitement conscients et nous en tenons bien sûr compte », a fustigé Dimitri Peskov, qui a notamment ajouté que l’armée russe « déciderait » de la réponse à apporter.
Opérer de telles armes requiert en effet un soutien direct de la part du pays concepteur. Un « accompagnement » qu’avait d’ailleurs mis en avant l’ex-chancelier allemand Olaf Sholz pour justifier son refus d’autoriser la livraison à Kiev des missiles Taurus, équivalents allemands des Storm Shadow. Un état de fait qu’avait également souligné Vladimir Poutine en septembre 2024, estimant que l’emploi de ces armes occidentales pour frapper le sol russe changerait « considérablement l’essence et la nature même du conflit ». Deux mois plus tard, dans la foulée de la mise à jour de la doctrine nucléaire russe, évoquant l’autorisation en Occident de ces tirs contre la Russie, le président russe avait annoncé le succès du premier tir du missile Orechnik. « Il y aura toujours une réponse », avait assuré le chef d’État.
La diplomatie russe a fustigé l’implication des Européens, en particulier du Royaume-Uni, dans le conflit ukrainien, rappelant que ce type d’armement ne peut être utilisé sans leur concours. « La Grande-Bretagne a outrepassé les normes du droit international et se montre prête, par l’intermédiaire de ses marionnettes, à porter le conflit à un niveau radicalement nouveau en termes de destructions et de pertes humaines ». Au lendemain de bombardements ukrainiens contre la ville de Briansk, le ministère russe des Affaires étrangères a pointé du doigt l’attitude de Londres dans le dossier ukrainien, les Britanniques ayant notamment fourni à Kiev les missiles de croisière Storm Shadow employés dans l’attaque. « L’objectif de Londres et des autres capitales occidentales est évident : faire échouer le processus de paix et provoquer une escalade des hostilités », a fustigé la diplomatie russe dans son communiqué après avoir à nouveau rappelé que le recours à ce type d’armements avancés « est impossible sans la participation directe de spécialistes étrangers assurant leur mise en œuvre et leur ciblage », ainsi que la fourniture de « données de renseignement ». « Les superviseurs occidentaux de Kiev portent l’entière responsabilité des conséquences de cette frappe, qui a causé des victimes parmi la population civile », a dénoncé le ministère.
« Cette attaque coïncide avec les signaux de Washington, exprimant l’espoir que les négociations sur le règlement du conflit ukrainien soient arrivées à un tournant et que l’instauration de la paix semble assez envisageable », a souligné la même source. La diplomatie russe a par ailleurs directement interpelé l’ONU, l’invitant à « évaluer de manière adéquate ce nouvel acte criminel du régime de Kiev et ses violations du droit international humanitaire ».
