Lors d’une cérémonie de remise des diplômes à la police dans l’est du Caire, A. al-Sissi a déclaré que les pourparlers de Charm el-Cheikh « avançaient de manière positive ». « J’invite le président américain Donald Trump à assister à la signature de l’accord de cessez-le-feu en Égypte s’il est conclu. Ce serait formidable de vous avoir ici », a-t-il ajouté.
Le Hamas a déclaré mercredi avoir échangé avec Israël les listes des prisonniers palestiniens qui doivent être libérés, alors que les négociations indirectes entre les deux parties se poursuivent en vue de parvenir à un accord. Des délégations de haut niveau se sont jointes aux négociations, notamment l’envoyé américain Steve Witkoff, le gendre de Trump, Jared Kushner, et le Premier ministre qatari, Cheikh Mohammed bin Abdulrahman. Le chef des services de renseignement turcs, Ibrahim Kalin, et le ministre israélien des Affaires stratégiques, Ron Dermer, devraient arriver pour participer aux pourparlers.
Khalil al-Hayya, négociateur en chef du Hamas, a déclaré la veille mardi que le mouvement de résistance palestinien voulait des « garanties » du président américain et des médiateurs que la guerre génocidaire israélienne contre Gaza « finira une fois pour toutes ». Dans une déclaration à al-Qahera News, il a affirmé « ne pas faire confiance à l’occupant » accusant Israël d’avoir violé par deux fois des trêves durant la guerre. « Nous sommes prêts à (oeuvrer) pour un accord qui verrait la fin de la guerre, le retrait » des troupes israéliennes de Gaza et la libération de tous les captifs israéliens, vivants et morts, en échange des prisonniers palestiniens évoqués dans le plan Trump », a-t-il ajouté. « Malgré cela, malheureusement, l’occupation israélienne se poursuit. Depuis le jour où nous avons annoncé notre acceptation de la vision de Trump (le 3 octobre), les massacres et les coupures d’aide humanitaire n’ont pas cessé, en particulier dans le nord de la bande de Gaza.»
K. Al-Hayya a expliqué que « pendant cette guerre, l’occupation israélienne a renié le premier accord (novembre 2023) et ne l’a pas mené à bien. Cette année, elle a repris la guerre alors que nous étions toujours en négociation. L’occupation israélienne n’a jamais tenu ses promesses ». Comme il a exigé « de réelles garanties de la part de la communauté internationale, du président Trump et des pays parrainant les négociations.» Le responsable du Hamas a en outre indiqué que son mouvement était engagé dans des négociations sérieuses et responsables, soulignant qu’il portait « les préoccupations, la douleur et le chagrin du peuple palestinien pendant une guerre qui dure depuis deux ans ». Il a souligné que le Hamas cherchait à réaliser « les objectifs et les aspirations du peuple palestinien à la stabilité, à la liberté, à un État et à l’autodétermination ». Il a souhaité « que la guerre cesse définitivement et que notre peuple palestinien vive dans la stabilité, comme le reste des peuples de la région ». La participation des factions palestiniennes aux côtés du Hamas dans les négociations est une revendication nationale palestinienne qui a été saluée par les médiateurs. Le Jihad islamique et le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) ont fait le déplacement au Caire. Ziad Al-Nakhalah, leader du Jihad islamique a assuré qu’aujourd’hui, « nous menons la bataille la plus difficile de notre histoire, et nous ne capitulerons pas. Nous en sommes les propriétaires légitimes et nous lutterons pour recouvrer nos droits. » il a rappelé que la Résistance mène une bataille de négociation acharnée, convaincue que certaines dispositions du « plan Trump » peuvent être abordées positivement. « Nous nous trouvons aujourd’hui à un tournant décisif, et la voie vers la vérité est claire », a-t-il encore entonné.
Quelques heures plus tôt, Cairo News rapportait, citant des sources anonymes, que l’Égypte avait entamé des discussions sur les listes de prisonniers palestiniens à libérer des geôles de l’occupation israélienne.
Lundi 6 octobre, Israël et le Hamas ont repris des négociations indirectes à Charm el-Cheikh, station balnéaire de la mer Rouge, sous la médiation de l’Égypte et du Qatar. Dans ce contexte, Badr Abdel Aty, chef de la diplomatie égyptienne a déclaré que les négociations « visent à créer les conditions d’un échange de prisonniers et d’une entrée totale et sans entrave de l’aide humanitaire (à Gaza) ». Elles visent également à « s’accorder sur les cartes de redéploiement des forces israéliennes en vue de leur retrait de la bande de Gaza », selon le responsable égyptien.
A quelques encablures de Charm El Cheikh, le ministère de la Santé à Gaza a publié un communiqué écrit présentant les derniers chiffres concernant les morts et les blessés dans les attaques israéliennes en cours. Au cours de ces dernières 24 heures, 10 morts et 61 blessés ont été admis dans les hôpitaux de la bande de Gaza, a-t-il affirmé. Il a été précisé que, depuis la reprise des attaques israéliennes le 18 mars, après la violation du cessez-le-feu conclu le 19 janvier dans la bande de Gaza, 13 588 Palestiniens ont été tués et 57 800 autres blessés. Le communiqué a ajouté que, depuis le 27 mai, 2 613 personnes ont été tuées et 19 164 blessées lors des attaques systématiques visant des Palestiniens dans les prétendus points de distribution d’aide, établis sous la direction américano-israélienne.
Le nombre de morts dans les attaques menées par l’armée israélienne contre la bande de Gaza depuis le 7 octobre 2023 s’élève désormais à 67 183, tandis que celui des blessés atteint 169 841. Des milliers de corps resteraient encore sous les décombres dans la bande de Gaza.
En Cisjordanie occupée, le Croissant-Rouge palestinien a indiqué qu’un enfant palestinien a été blessé dans le camp de réfugiés de Balata, à Naplouse. Agé de 14 ans, il a été blessé par des tirs de soldats israéliens. Selon des témoins, des Palestiniens ont riposté en lançant des pierres contre les soldats israéliens qui avaient pris d’assaut le camp.
Parallèlement au génocide en cours dans la bande de Gaza, les arrestations, raids et attaques visant les Palestiniens se sont intensifiés en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est. Le ministère palestinien des Waqfs et des Affaires religieuses a indiqué que l’armée israélienne a fermé la mosquée d’Ibrahim à Hébron pour les journées de mercredi et jeudi, sous prétexte des fêtes juives, interdisant totalement l’accès des fidèles à ses couloirs, cours et différentes sections. Emjed Kerce, directeur général des Waqfs d’Hébron, a déclaré à Anadolu que la décision israélienne de fermer la mosquée à l’occasion de la fête de Souccot (des Cabanes) constituait une attaque manifeste contre le caractère sacré du lieu et une « violation provocatrice » du droit des musulmans à accéder à leurs lieux de culte. Souccot, considérée comme la dernière des trois grandes fêtes juives, a débuté le 6 octobre cette année et doit durer une semaine. Selon la tradition juive, la fête de Souccot commémore les quarante années durant lesquelles les enfants d’Israël ont vécu dans des abris temporaires dans le désert. Le mot hébreu Soukka signifie « cabane » et Souccot, son pluriel, renvoie à ces abris temporaires.
L’armée israélienne impose depuis deux jours un couvre-feu dans les quartiers de Jabir, Selayme et Wadi al-Haseen, dans la vieille ville d’Hébron, sous prétexte des fêtes juives.
Dans la matinée de mercredi, le sinistre Itamar Ben Gvir, ministre sioniste en charge des affaires de sécurité, s’est rendu sur l’esplanade des Mosquées, la onzième fois depuis qu’il a intégré le cabinet de Benjamin Netanyahu. Accompagné de 1 300 de ses partisans, des juifs extrémistes, il a fait sur place un discours filmé en vidéo où il proclame deux ans après le 7-Octobre la victoire d’Israël sur le Hamas. « Nous sommes à deux ans du terrible massacre [l’attaque du Hamas en Israël le 7 octobre 2023, NDLR], ici, sur le mont du Temple, c’est la victoire ! Dans chaque maison à Gaza, il y a une image du mont du Temple, et nous aujourd’hui, deux ans après, nous sommes victorieux », a-t-il péroré. En vertu d’un statu quo décrété en 1967 par Israël après sa conquête de la Vieille Ville (alors annexée par la Jordanie), les non-musulmans peuvent se rendre sur l’esplanade à des heures précises, sans y prier, mais cette règle est de plus en plus souvent bafouée par un nombre croissant de juifs nationalistes. Si le lieu reste administré par la Jordanie, son accès est contrôlé par les forces de sécurité israéliennes.
Le Hamas a condamné une provocation délibérée à l’heure où se négocie en Égypte le plan de paix américain qui vise à mettre un terme à la guerre à Gaza.
