A rappeler que le Qatar, pays médiateur, a dit mardi « avoir besoin de temps » pour que les discussions indirectes en cours à Doha entre Israël et le Hamas aboutissent à un accord de cessez-le-feu après 21 mois de guerre à Gaza. « Je ne pense pas pouvoir donner de calendrier à ce stade, mais je peux dire qu’on a besoin de temps pour ça », a déclaré Majed al-Ansari, porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Qatar, au troisième jour de ces discussions à Doha. Le Qatar, a aussi affirmé que les discussions indirectes en cours à Doha visaient à établir « le cadre » d’un accord de cessez-le-feu après 21 mois de guerre. « Les pourparlers n’ont donc pas encore commencé, mais nous échangeons avec les deux parties sur ce cadre », a-t-il encore ajouté.
A vingt et un mois après l’opération du Hamas lancée le 7 octobre 2023, au moins 57 418 Palestiniens ont été tués, majoritairement des civils. Bilan largement en-deçà de la réalité. Le ministère de la Santé dans l’enclave palestinienne n’inclut pas le nombre de disparus dont les corps n’ont pas été retrouvés. Il se base sur les informations des hôpitaux publics et privés – détruits en majorité- et sur des données en ligne où les décès sont signalés par les proches des victimes.
Quand un corps n’est pas identifiable ou n’est pas signalé par ses proches, le défunt est enregistré avec un numéro d’identification. Toutes ces données sont transmises vers le « registre central des martyrs » du ministère où elles sont vérifiées par une équipe dédiée. Le nombre des morts est corroboré par les équipes du ministère palestinien de la Santé à Ramallah, rattaché à l’Autorité palestinienne.
Fin juin, les autorités sanitaires du territoire palestinien ont publié un document de 1 227 pages identifiant les victimes de la tragédie. Au 24 juin 2025, 31% des tués inscrits sur cette liste étaient des mineurs, huit étant morts le jour même de leur naissance, quatre le lendemain.
Une nouvelle étude menée par Michael Spagat, économiste de renommée mondiale et chercheur spécialisé dans les conflits armés du Holloway College de l’Université de Londres avec l’aide de Khalil Shikaki, politologue palestinien du Centre palestinien de recherche politique et de sondage, estime que près de 100 000 Palestiniens sont morts –de manière directe ou indirecte- entre le 7 octobre 2023 et le 5 janvier 2025, soit environ 4% de la population qui était de 2,3 millions de personnes avant le début de la guerre. « Nos conclusions suggèrent que la mortalité liée à la violence a largement dépassé les chiffres officiels », pointe le rapport.
Cette étude, réalisée en entretiens directs, a porté sur 2 000 ménages de l’enclave, soit 10 000 personnes. Elle estime qu’au moins 75 200 personnes sont mortes de mort violente, un chiffre bien au-dessus des 46 000 morts recensés par les autorités locales sur la même période. 56% des tués étaient soit des enfants de moins de 18 ans, soit des femmes. Les données exposent également que la proportion de femmes et d’enfants tués par mort violente à Gaza est plus de deux fois supérieure à celle observée dans presque tous les autres conflits récents, qu’il s’agisse du Kosovo (20%), de la Syrie (20%), du Soudan (23%)…
Lancet, prestigieuse revue médicale britannique, avait déjà estimé en janvier dernier que le nombre de morts à Gaza, au cours des neuf premiers mois de la guerre, était supérieur d’environ 41% à celui enregistré par le ministère de la Santé du Hamas. Parmi les victimes comptabilisées jusqu’à fin juin 2024, il y a donc un an, 59% étaient des femmes, des enfants et des personnes âgées de plus de 65 ans. Pour cette étude, les chercheurs ont employé une méthode statistique appelée « capture-recapture » qui a déjà été utilisée pour estimer le nombre de morts dans d’autres conflits dans le monde – au Kosovo ou au Guatemala par exemple – qui s’appuie sur trois listes : celle fournie par le ministère de la Santé qui comprend les corps identifiés dans les hôpitaux ou les morgues, celle issue d’une enquête en ligne lancée par le ministère de la Santé, et celle établie à partir de notices nécrologiques publiées sur des réseaux sociaux comme X, Instagram, Facebook et WhatsApp, lorsque l’identité du défunt a pu être vérifiée.
Mais dans cette étude, seules les personnes dont le décès a été confirmé par leurs proches ou par les morgues et les hôpitaux ont été retenues. Les chercheurs ont ensuite examiné les listes de morts à la recherche de doublons. Le bilan du Lancet ne concerne ainsi que les morts dues à des lésions traumatiques et n’inclut donc pas les décès indirects, tels que ceux dus au manque de soins ou de nourriture, ni les milliers de disparus que l’on pense enterrés sous les décombres.
Ces données se retrouvent en revanche dans le rapport du Holloway College de l’Université de Londres. Il compte ainsi le nombre élevé de personnes décédées des effets indirects du massacre, la faim, le froid, les maladies, etc.
Le nombre de tués dans l’enclave palestinienne assiégée est inédit comparé à presque tous les autres conflits depuis la Seconde Guerre mondiale, en termes de ratio de combattants par rapport aux non-combattants tués, mais aussi en termes de taux de mortalité par rapport à la taille de la population.
Un haut fonctionnaire israélien déclarait en janvier dernier au quotidien britannique The Guardian tout faire pour éviter la mort de civils. « Aucune armée au monde n’a jamais pris des mesures d’une telle ampleur », affirmait-il en expliquant que les civils étaient toujours avertis à l’avance de leur évacuation et que des zones de sécurité avaient été mises en place. Pourtant, de l’avis de nombreux experts militaires et humanitaires, les bombardements israéliens ont été d’une puissance telle que le nombre de morts et de blessés parmi la population civile est certainement plus élevé que les chiffres officiels. Un bombardement est effectué pour tuer au moins une personne, et dans le territoire palestinien, plus de 100 000 bombardements ont été réalisés entre le 7 octobre 2023 et mars 2025. Par ailleurs, toujours selon les experts militaires, un tué entraîne mécaniquement au moins trois blessés.
Les combattants du Hamas étant estimés à moins de 30 000 avant le 7-Octobre, « cela veut dire que l’offensive Netanyahu a fait environ 90% de dommages collatéraux », avançait Guillaume Ancel, ancien officier et chroniqueur de guerre, il y a tout juste un an. Ce qui relève du crime de guerre de grande ampleur du fait de l’absence délibérée de protection de la population civile par rapport aux cibles visées. » Selon les autorités israéliennes, dans un bilan de janvier dernier non détaillé, environ 20 000 parmi les personnes tuées étaient des combattants.
Par ailleurs, les dernières études ont recensé les morts jusqu’à janvier 2025 et ne prennent ainsi pas en compte ces six derniers mois de bombardements et de raids israéliens sur les Palestiniens. Depuis fin mai, la majorité des Palestiniens tués sont ceux allant chercher de la nourriture dans l’un des quatre centres de la Gaza Humanitarian Fondation, plusieurs centaines en un mois.
A ce jour, plus de 130 000 Palestiniens ont été blessés, la famine a gagné du terrain, le manque de médicaments et la destruction systématique des hôpitaux s’accroissent et font craindre le pire pour ceux qui ont besoin de soins. Vu la détérioration sans précédent des conditions de survie, les morts, directes comme indirectes, risquent d’augmenter de manière fulgurante. En outre, plus de 12 000 personnes seraient toujours disparues, selon le Comité international de la Croix-Rouge, la majorité étant ensevelie sous les décombres. Face à cette opacité des chiffres, le nombre de morts dans le territoire palestinien assiégé ne pourra être connu tant qu’Israël n’en autorisera pas l’accès aux institutions compétentes.
Mais dans cette étude, seules les personnes dont le décès a été confirmé par leurs proches ou par les morgues et les hôpitaux ont été retenues. Les chercheurs ont ensuite examiné les listes de morts à la recherche de doublons. Le bilan du Lancet ne concerne ainsi que les morts dues à des lésions traumatiques et n’inclut donc pas les décès indirects, tels que ceux dus au manque de soins ou de nourriture, ni les milliers de disparus que l’on pense enterrés sous les décombres.
Ces données se retrouvent en revanche dans le rapport du Holloway College de l’Université de Londres. Il compte ainsi le nombre élevé de personnes décédées des effets indirects du massacre, la faim, le froid, les maladies, etc.
Le nombre de tués dans l’enclave palestinienne assiégée est inédit comparé à presque tous les autres conflits depuis la Seconde Guerre mondiale, en termes de ratio de combattants par rapport aux non-combattants tués, mais aussi en termes de taux de mortalité par rapport à la taille de la population.
Un haut fonctionnaire israélien déclarait en janvier dernier au quotidien britannique The Guardian tout faire pour éviter la mort de civils. « Aucune armée au monde n’a jamais pris des mesures d’une telle ampleur », affirmait-il en expliquant que les civils étaient toujours avertis à l’avance de leur évacuation et que des zones de sécurité avaient été mises en place. Pourtant, de l’avis de nombreux experts militaires et humanitaires, les bombardements israéliens ont été d’une puissance telle que le nombre de morts et de blessés parmi la population civile est certainement plus élevé que les chiffres officiels. Un bombardement est effectué pour tuer au moins une personne, et dans le territoire palestinien, plus de 100 000 bombardements ont été réalisés entre le 7 octobre 2023 et mars 2025. Par ailleurs, toujours selon les experts militaires, un tué entraîne mécaniquement au moins trois blessés.
Les combattants du Hamas étant estimés à moins de 30 000 avant le 7-Octobre, « cela veut dire que l’offensive Netanyahu a fait environ 90% de dommages collatéraux », avançait Guillaume Ancel, ancien officier et chroniqueur de guerre, il y a tout juste un an. Ce qui relève du crime de guerre de grande ampleur du fait de l’absence délibérée de protection de la population civile par rapport aux cibles visées. » Selon les autorités israéliennes, dans un bilan de janvier dernier non détaillé, environ 20 000 parmi les personnes tuées étaient des combattants.
Par ailleurs, les dernières études ont recensé les morts jusqu’à janvier 2025 et ne prennent ainsi pas en compte ces six derniers mois de bombardements et de raids israéliens sur les Palestiniens. Depuis fin mai, la majorité des Palestiniens tués sont ceux allant chercher de la nourriture dans l’un des quatre centres de la Gaza Humanitarian Fondation, plusieurs centaines en un mois.
A ce jour, plus de 130 000 Palestiniens ont été blessés, la famine a gagné du terrain, le manque de médicaments et la destruction systématique des hôpitaux s’accroissent et font craindre le pire pour ceux qui ont besoin de soins. Vu la détérioration sans précédent des conditions de survie, les morts, directes comme indirectes, risquent d’augmenter de manière fulgurante. En outre, plus de 12 000 personnes seraient toujours disparues, selon le Comité international de la Croix-Rouge, la majorité étant ensevelie sous les décombres. Face à cette opacité des chiffres, le nombre de morts dans le territoire palestinien assiégé ne pourra être connu tant qu’Israël n’en autorisera pas l’accès aux institutions compétentes.
