mardi, mai 12, 2026
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Trêve fragile entre la Russie et l’Ukraine : Moscou alerte les légations étrangères à Kiev

by Perspectives Med
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Trêve fragile entre la Russie et l’Ukraine : Moscou alerte les légations étrangères à Kiev

Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, a déclaré dans un communiqué qu’une note avait été envoyée à toutes les missions diplomatiques étrangères et aux bureaux de représentation des organisations internationales accrédités auprès du ministère. La note rappelle une déclaration du ministère de la Défense publiée lundi, indiquant qu’il avait pris note des remarques formulées par le président ukrainien Volodymyr Zelensky le même jour.

La note exhorte les autorités des pays respectifs et la direction des organisations concernées à prendre la déclaration du ministère de la Défense avec la « plus grande responsabilité » et à assurer « l’évacuation en temps opportun » du personnel diplomatique et autre, ainsi que des citoyens, hors de Kiev. Elle cite « l’inévitabilité d’une frappe de représailles » de la part de la Russie contre Kiev, y compris contre ses « centres de prise de décision », si l’Ukraine mène des frappes pendant les célébrations du Jour de la Victoire prévues le 9 mai.

Lors d’une allocution à la session inaugurale du 8ème sommet de la Communauté politique européenne dans la capitale arménienne, Erevan, V. Zelensky a rappelé que la Russie avait annoncé qu’elle tiendrait le défilé annuel du Jour de la Victoire du 9 mai à Moscou sans équipement militaire. « Si cela se produit, ce sera la première fois depuis de très nombreuses années. Ils n’ont pas les moyens d’aligner des équipements militaires – et ils craignent que des drones ne bourdonnent au-dessus de la place Rouge », a déclaré Zelensky. Le 29 avril, le ministère russe de la Défense a déclaré que la colonne d’équipements militaires du pays ne participerait pas au défilé militaire cette année « en raison de la situation opérationnelle actuelle ».

Berlin dans le viseur

Dmitri Medvedev, vice-président du Conseil de sécurité russe, s’en est pris, lui, à Berlin. Il a accusé le gouvernement allemand de poursuivre des « aspirations de revanche » et de réviser les résultats de la Seconde Guerre mondiale. Dans un article publié sur le site de RT intitulé « La nouvelle militarisation de l’Allemagne : renaissance de l’esprit ou revanchisme flagrant ? », il a cité des déclarations et des politiques de responsables allemands qui, selon lui, démontrent de telles intentions. Il a affirmé que l’Allemagne n’avait jamais connu une véritable dénazification et a soutenu que d’anciens membres du parti nazi étaient devenus partie intégrante de la structure administrative du pays après la guerre.

D. Medvedev a déclaré que les autorités allemandes décrivent désormais la Russie comme « la principale menace pour la sécurité et la paix » et suivent une ligne visant à infliger « une défaite stratégique » à Moscou. « Les russophobes les plus agressifs, dont les ancêtres ont combattu avec une férocité bestiale sur le front de l’Est pendant la Seconde Guerre mondiale, exhortent avec enthousiasme ‘à montrer aux Russes ce que c’est que de perdre une guerre’ », a-t-il affirmé. « En d’autres termes, la stratégie de poursuite d’une revanche à grande échelle a maintenant été officiellement adoptée. » Il a également évoqué les discussions politiques en Allemagne sur la possibilité d’une confrontation militaire avec la Russie d’ici 2029, tout en indiquant que Berlin cherche à transformer la Bundeswehr en « l’armée la plus puissante d’Europe » et à accroître son effectif de 181 000 à 460 000 soldats.

Dans sa tribune rédigée exclusivement pour RT, D. Medvedev a évoqué les conséquences de la politique militariste de l’Allemagne et de l’Europe dans son ensemble. Il a notamment abordé la question de la possession d’armes nucléaires par l’Allemagne, un sujet qui revient très souvent ces derniers temps dans les cercles politiques allemands. Pour l’Allemagne, une telle démarche pourrait s’avérer catastrophique. Selon D. Medvedev, si Berlin s’approchait de l’acquisition d’armes nucléaires, cela donnerait à la Russie la possibilité de recourir à toutes les mesures de riposte prévues dans les Principes fondamentaux de la politique d’État. « Rien que le rapprochement de l’Allemagne vers l’arme nucléaire constitue un casus belli indéniable », a-t-il souligné. Le vice-président du Conseil de sécurité russe a indiqué qu’une telle perspective pourrait susciter des inquiétudes aux États-Unis, qui se prononcent en faveur de la conclusion d’un nouveau traité START-4 avec la participation de la Chine. « Que pensent-ils d’une telle perspective : une Europe nucléaire avec une Allemagne militariste en tête, dont une partie des arsenaux n’est pas contrôlée par l’OTAN ? », s’est-il interrogé. Medvedev a admis qu’en cas d’apparition d’un arsenal nucléaire propre à l’Allemagne, ses cibles potentielles « ne se limiteraient pas du tout au territoire russe ».

En cas de conflit entre la Russie et l’Allemagne, l’industrie allemande serait complètement détruite, mais l’Europe en subirait également les conséquences, a estimé le vice-président du Conseil de sécurité russe. « Voici notre signal clair aux élites allemandes : si le scénario le plus terrible se réalisait, le risque serait grand d’aboutir au moins à une destruction mutuelle garantie et, en réalité, à la fin pure et simple de l’histoire de la civilisation européenne, tandis que nous continuerions d’exister », a-t-il souligné. Selon Medvedev, si les événements devaient prendre cette tournure, « les cadres qualifiés et sensés qui resteraient s’enfuiraient » vers la Russie, les États-Unis, la Chine et les pays d’Asie. « Visiblement, seule une articulation directe de ces conséquences désastreuses est capable de ramener à la raison les héritiers des nazis et leurs alliés en Allemagne, qui ont perdu le sens de la mesure, sauvant ainsi des millions de vies des deux côtés du front », a-t-il ajouté.

En raison de la volonté d’imposer à la Russie le concept de « paix par la force », Moscou ne peut répondre qu’en inspirant une « peur viscérale », a souligné D. Medvedev. « Ni les tentatives de persuasion, ni la démonstration de bonnes intentions, ni la bonne volonté, ni nos gestes unilatéraux visant à renforcer la confiance ne doivent être nos instruments pour prévenir un grand massacre. La seule solution est de faire comprendre à l’Allemagne et à « l’Europe unie » qui la soutient que la mise en œuvre du plan « Barbarossa 2.0 » leur infligerait immanquablement des dégâts inacceptables », a-t-il déclaré. À ce jour, l’Allemagne ne possède pas d’arsenal nucléaire propre et, bien que des idées en ce sens surgissent régulièrement dans les cercles politiques allemands, Berlin n’a pas le droit d’en posséder un. Toutefois, dans le cadre des mécanismes de l’OTAN, une vingtaine de bombes nucléaires américaines sont stationnées à Büchel, la décision de leur utilisation revenant aux États-Unis.

Il a conclu en présentant à l’Allemagne deux options, selon sa formulation : la guerre et la destruction de sa propre souveraineté, ou un retour au dialogue. « Nous pouvons accepter les deux issues », a-t-il écrit. « Le prochain mouvement appartient à l’Allemagne. »

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