Dans plusieurs régions, les coupures se prolongent parfois sur plusieurs jours, voire des semaines, plongeant les ménages dans une précarité hydrique chronique. Face à cette situation, certains habitants n’hésitent pas à s’approvisionner dans des points d’eau éloignés, parfois à plusieurs kilomètres, au prix d’efforts considérables. Plus, des mouvements de protestation spontanée deviennent récurrents. Ainsi, les habitants affichent leur ras-le-bol et exigent des autorités un approvisionnement régulier en eau potable et des mesures urgentes pour mettre un terme à cette crise de la soif. On est ainsi loin des déclarations rassurantes faites, début juin, par Abdelouafi Laftit, ministre de l’Intérieur, qui avait affirmé devant le Parlement, qu’aucune zone du Royaume ne souffrait de pénurie d’eau. La situation est toute autre sur le terrain et les alertes devaient normalement remonter à ce département pour qu’ils réagisse. A Taounate, Sefrou ou Sidi Slimane, par exemple, de graves difficultés à l’accès à l’eau sont relevées. Récemment, des habitants de Laklat (province de Sefrou) ont organisé une marche à pied en direction du siège de la préfecture de Fès pour dénoncer cette situation intenable.
Dans ce cadre, le ministre de l’Équipement et de l’Eau a été interpellé par Salwa El Berdaï, députée du groupe Justice et Développement. Cette dernière a tiré la sonnette d’alarme sur la situation dramatique que vit le douar Mazigha, province de Taounate. Comme d’autres douars voisins, cette zone connaît une crise hydrique aiguë qui s’est aggravée durant la saison estivale, en raison de l’absence d’eau potable et du manque de toute intervention urgente adaptée à la vulnérabilité sociale et environnementale de la région.
L’élue rappelle à ce sujet que les appels à l’aide de la population sont restés sans suite, alors que l’accès à l’eau devient chaque jour plus difficile, compromettant la stabilité sociale, sanitaire et économique des villages concernés et portant atteinte à un droit constitutionnel fondamental : le droit à l’eau. Dès lors, elle a appelé le gouvernement à déployer sans délai les mesures nécessaires pour sécuriser l’approvisionnement du douar Mazigha en eau potable. Elle a également demandé au ministre de préciser les actions prévues à court et moyen termes pour mettre fin à cette crise récurrente, notamment dans les zones rurales enclavées, et de clarifier si des projets hydriques sont programmés au profit de la commune de Taounate dans le cadre du Plan national de l’eau ou des programmes de réduction des disparités territoriales et sociales.
