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Sanctions antirusses : Moscou promet une riposte ferme

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La Russie a promis mercredi 23 février une riposte « forte » et « douloureuse » aux sanctions annoncées par Washington après la reconnaissance par Moscou des régions séparatistes d’Ukraine.

« Il ne doit pas y avoir de doute: il y aura une riposte forte aux sanctions, pas forcément symétrique, mais bien calculée et douloureuse pour la partie américaine », a assuré le ministère russe des Affaires étrangères.
La Russie a par ailleurs commencé mercredi l’évacuation de son personnel diplomatique d’Ukraine. Denis Golenko, porte-parole de l’ambassade russe à Kiev, a répondu par l’affirmative à l’AFP quant à savoir si l’évacuation était en cours. Le drapeau russe ne flottait plus sur le toit de la représentation russe dans la capitale ukrainienne et plusieurs personnes en sortaient avec des valises, selon l’AFP. D. Golenko a fait valoir que plusieurs ambassades occidentales ont elles aussi évacué une partie de leur personnel diplomatique et que Moscou a décidé de faire de même « temporairement ».
La Russie avait annoncé mardi 22 février son intention d’évacuer ses diplomates d’Ukraine, accusant les autorités locales de ne pas faire le nécessaire pour garantir leur sécurité. Cette décision intervient après que le Parlement russe a autorisé le président Vladimir Poutine à déployer des soldats russes dans les régions séparatistes de Donetsk et Lougansk dans l’est de l’Ukraine.
Ces dernières semaines, plusieurs pays occidentaux ont procédé à l’évacuation des familles de leurs diplomates en Ukraine ou déplacé leur ambassade de Kiev à Lviv (ouest), ville jugée plus sûre en cas d’attaque russe.
En Ukraine, le Conseil de sécurité a demandé mercredi d’instaurer un état d’urgence dans le pays sur fond de craintes d’une imminente invasion russe. De même, l’armée a lancé la mobilisation des réservistes et demandé à ses ressortissants de quitter la Russie au plus vite. « La mobilisation concernera les réservistes âgés de 18 à 60 ans», officiers et militaires de rangs de la réserve opérationnelle appelés à rejoindre leur unité d’origine si besoin, ont annoncé les forces terrestres ukrainiennes sur Facebook.
Répercussions planétaires
Les sanctions antirusses de l’Occident imposées en représailles à la reconnaissance de la souveraineté des Républiques populaires de Donetsk et de Lougansk ne pousseront pas la Russie à modifier sa politique extérieure et auront un impact sur les marchés mondiaux, estime Anatoli Antonov.
« Il va sans dire que les sanctions à notre encontre frapperont fort les marchés énergétiques et financiers. Les États-Unis ne resteront pas à l’écart et leurs habitants ressentiront les conséquences de la hausse des prix », avertit-il via Facebook.
Le diplomate est formel, les sanctions ne changent rien pour la Russie.
« Il est difficile d’imaginer que quelqu’un à Washington compte sur le fait que la Russie revoit sa politique extérieure sous la menace de sanctions. Je ne me rappelle pas un jour passé sans que notre pays vive sans telle ou telle restriction de la part du monde occidental. Nous avons appris à travailler dans ces conditions, non seulement à survivre, mais aussi à développer notre État », indique-t-il.
Commentant la reconnaissance par la Russie des Républiques de Donetsk et de Lougansk, A. Antonov déplore que depuis l’adoption des accords de Minsk les États-Unis n’aient pas bougé le petit doigt pour pousser Kiev à les honorer. « Pendant sept ans les Américains n’ont rien fait pour convaincre les dirigeants ukrainiens qu’il était nécessaire d’accomplir les accords de Minsk. Washington a, au contraire, encouragé le régime de Kiev à l’inaction. Il a fermé les yeux sur les persécutions criminelles de la population russophone en Ukraine. Fort de cette connivence avec Washington, Kiev a cru pouvoir résoudre le conflit ukrainien intérieur par la force. »
Lundi 21 février, sur fond de la recrudescence des tensions dans le sud-est de l’Ukraine et face à la menace d’une invasion du Donbass par Kiev, Vladimir Poutine a signé des décrets reconnaissant la souveraineté des Républiques populaires de Donetsk et de Lougansk.
L’Union européenne a approuvé dès mardi un paquet de sanctions contre la Russie qui lui « feront très mal ». Berlin a suspendu l’autorisation du gazoduc Nord Stream 2. Londres a annoncé mardi que des sanctions économiques ont été imposées à trois hommes d’affaires russes ainsi qu’à cinq banques russes. Joe Biden a qualifié la reconnaissance des républiques du Donbass par la Russie de « début d’invasion russe de l’Ukraine » et a annoncé une « première tranche » de sanctions qui doivent couper la Russie des financements occidentaux et frapper « élites russes » et institutions financières.
V. Poutine a expliqué sa décision de reconnaître les républiques du Donbass par le fait que Kiev ne reconnaisse qu’un règlement militaire du conflit et ait opté pour une voie d’effusion de sang et de violence.
Le conflit dans le sud-est ukrainien dure depuis huit ans. Il a fait plus de 13.000 morts et quelque 44.000 blessés, selon les données de l’Onu. Les tensions dans la région sont attisées par les États-Unis et d’autres pays de l’Otan qui effectuent des livraisons massives d’armes à l’Ukraine et y envoient des instructeurs militaires. Moscou a maintes fois appelé à arrêter ces fournitures qui pourraient pousser Kiev à entreprendre des aventures militaires.

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