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Réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU : Moscou essuie les foudres de nombre de pays…

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«Le risque de conflit majeur est réel et doit être évité à tout prix», a déclaré une secrétaire générale adjointe de l'ONU. «Nous n'avons pas l'intention de permettre un bain de sang dans le Donbass», a de son côté affirmé l'ambassadeur russe.

L’ONU et une majorité de membres du Conseil de sécurité ont condamné le 21 février lors d’une réunion d’urgence la reconnaissance par la Russie de l’indépendance des républiques autoproclamées du Donbass et l’ordre du président Vladimir Poutine d’y déployer des troupes, Moscou assurant demeurer «ouvert à la diplomatie».
«Les frontières internationalement reconnues de l’Ukraine resteront inchangées, peu importe les déclarations et les actions de la Russie», a déclaré l’ambassadeur ukrainien à l’ONU. L’Ukraine demande à la Russie «d’annuler sa décision de reconnaissance» des territoires sécessionnistes ukrainiens, «de revenir à la table des négociations» et de procéder à «un retrait immédiat et vérifiable de ses troupes d’occupation», a-t-il ajouté. Mais au terme d’une réunion tendue de près de deux heures, le diplomate ukrainien a estimé que les Nations unies étaient «malades» et «frappées par le virus propagé par le Kremlin».
Au début de la réunion, les Etats-Unis, par la voix de Linda Thomas-Greenfield, ambassadrice à l’ONU, avaient qualifié de «non-sens» la désignation de l’armée russe par le président V. Poutine comme une «force de maintien de la paix» pour justifier une éventuelle entrée dans ces territoires de l’est de l’Ukraine. «Nous savons ce qu’elles sont vraiment», a fustigé la diplomate américaine.
Rosemary DiCarlo, secrétaire générale adjointe de l’ONU pour les Affaires politiques avait au préalable vivement «regretté» les décisions et actions de la Russie. «Les prochaines heures et jours seront critiques. Le risque de conflit majeur est réel et doit être évité à tout prix», a-t-elle réclamé lors de la réunion organisée à la demande notamment des Occidentaux.
«Nous restons ouverts à la diplomatie, pour une solution diplomatique. Pour autant, nous n’avons pas l’intention de permettre un bain de sang dans le Donbass», a rétorqué Vassili Nebenzia, ambassadeur russe à l’ONU.
Lors de la séance, plusieurs membres du Conseil de sécurité ont condamné les agissements de la Russie, à l’instar de la France, de la Norvège ou de l’Irlande, dont l’ambassadrice Geraldine Byrne Nason a vivement critiqué Moscou. «Les actions unilatérales de la Russie ne font qu’exacerber les tensions», a-t-elle lancé. Pour la France, la Russie a «choisi la voie de la remise en cause et de la confrontation», a déploré l’ambassadeur français Nicolas de Rivière.
«Qui est le prochain» à être envahi ?, s’est interrogé de son côté de manière plus directe l’ambassadeur albanais Ferit Hoxha, en condamnant «une rupture du droit international». Son homologue indien T.S. Tirumurti a fait part «de sa profonde inquiétude» et a appelé «à la retenue de toutes les parties», tandis que l’ambassadrice britannique Barbara Woodward exigeait de la Russie qu’elle fasse «marche arrière» et que le Brésil demandait «un cessez-le-feu immédiat» dans l’est de l’Ukraine.
«Cette action» d’entrer militairement dans l’est de l’Ukraine «et cette annonce» de reconnaissance d’indépendance «portent atteinte à l’intégrité territoriale de l’Ukraine», a affirmé l’ambassadeur du Kenya Martin Kimani. «Le Kenya est sérieusement préoccupé [car] aujourd’hui, la menace ou l’usage de la force contre l’intégrité territoriale et l’indépendance politique de l’Ukraine en ont été affectés», a dénoncé le diplomate kényan. Le Ghana et les Emirats arabes unis ont aussi critiqué la Russie, réclamant «désescalade» et «retenue». La Chine s’est distinguée de ses partenaires en ne condamnant pas explicitement la Russie. «Tous les pays doivent résoudre les différends internationaux par des moyens pacifiques conformément aux buts et principes de la Charte des Nations unies», s’est contenté de rappeler l’ambassadeur chinois Zhang Jun, en appelant toutes les parties à «faire preuve de retenue». Deux décrets du président russe, signés après une allocution télévisée, reconnaissent les Républiques populaires de Donetsk et Lougansk et demandent au ministère de la Défense que «les forces armées de la Russie [y assument] les fonctions de maintien de la paix».

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