Dans une déclaration conjointe, les chefs de la diplomatie de l’Allemagne, du Canada, des États-Unis, de la France, de l’Italie, du Japon et du Royaume-Uni, ainsi que la haute représentante de l’Union européenne, ont exprimé leur vive préoccupation face à la situation en Iran et dans l’ensemble du Moyen-Orient. Ils ont insisté sur « la nécessité de minimiser les conséquences du conflit pour les partenaires régionaux, les populations civiles et les infrastructures critiques », appelant à une coordination renforcée des efforts humanitaires.
Le G7 a également souligné que « rien ne justifie de prendre pour cible des civils de manière délibérée », condamnant toute attaque contre les installations diplomatiques.
Les ministres ont par ailleurs mis en avant l’importance de renforcer les partenariats et la coordination internationale afin d’atténuer les répercussions économiques mondiales du conflit, notamment les perturbations affectant les chaînes d’approvisionnement énergétiques, commerciales et en engrais. Ils ont enfin réaffirmé « la nécessité absolue » de rétablir durablement la liberté de navigation « gratuite et sûre » dans le détroit d’Ormuz, conformément au droit international et aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies.
Cette déclaration intervient dans un contexte d’escalade régionale, marqué par des affrontements impliquant l’Iran, ainsi que par des frappes et des ripostes ayant touché plusieurs pays du Moyen-Orient et perturbé les marchés mondiaux de l’énergie et du commerce. Depuis fin février, les tensions se sont intensifiées à la suite d’une offensive conjointe américano-israélienne contre l’Iran, suivie de représailles sous forme de tirs de missiles et de drones visant notamment Israël et des pays accueillant des bases militaires américaines.
Cette situation a ravivé les inquiétudes de la communauté internationale quant à un élargissement du conflit et à ses conséquences humanitaires, sécuritaires et économiques à l’échelle mondiale.
Jean-Noël Barrot, ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, a affirmé que la présidence française du G7 s’inscrit dans une logique « d’équilibre, de convergence et de résultats », dans un contexte international marqué par une fragmentation croissante. S’exprimant lors d’une conférence de presse en marge du sommet ministériel du G7, il a souligné que l’objectif est de parvenir à « des avancées concrètes pour la sécurité et la prospérité de tous », à travers un programme de travail « dense et ambitieux » adopté collectivement par les États membres.
Dans ce cadre, il a détaillé quatre grandes initiatives portées par la présidence française. La première vise à réformer les opérations de maintien de la paix des Nations Unies afin d’en améliorer l’efficacité sur le terrain.
La deuxième initiative consiste à renforcer les chaînes d’approvisionnement humanitaires en coopération avec le secteur privé, dans le but d’élargir le nombre de bénéficiaires et de lutter plus efficacement contre la faim et la malnutrition à l’échelle mondiale.
Par ailleurs, la troisième mesure entend soutenir la mobilisation de financements pour la reconstruction de l’arche de confinement de Centrale nucléaire de Tchernobyl, endommagée l’année dernière par un drone russe.
Enfin, la quatrième initiative prévoit la création d’un réseau de ports réunissant les pays du G7 et leurs partenaires, représentant environ un tiers de la capacité portuaire mondiale, afin de contrer les stratégies de plus en plus sophistiquées des réseaux de narcotrafic et du crime organisé.
S’exprimant lors de la clôture, vendredi, du Forum de Paris sur la défense et la stratégie (PDSF), Catherine Vautrin, ministre des Armées, a assuré la volonté France de ne pas s’inscrire dans une logique d’escalade militaire au Moyen-Orient, soulignant que « ni les Européens ni les pays du Golfe n’ont souhaité cette guerre ». Elle a insisté sur la ligne française face au conflit : « protéger nos ressortissants, d’abord […], protéger nos intérêts, ensuite » dans une région où se jouent des équilibres majeurs pour la sécurité internationale.
C. Vautrin a réaffirmé que « la France ne cesse de rechercher une issue diplomatique à la crise », précisant que la position française est « non escalatoire et strictement défensive ». Dans ce cadre, Paris entend éviter toute implication directe dans un conflit qu’elle n’a pas initié, tout en maintenant ses engagements en matière de sécurité.
Évoquant le contexte international, la ministre a estimé que « le champ des règles apparaît désormais comme un champ de ruines », décrivant un environnement marqué par une conflictualité durable et multiforme. Elle a également rappelé que « la menace russe est durable » et que l’issue de la guerre en Ukraine « façonnera, pour longtemps, l’architecture de sécurité de notre continent ».
Face à ces défis, C. Vautrin a plaidé pour un renforcement des capacités européennes, affirmant : « la sécurité de l’Europe ne se sous-traite pas ». Elle a appelé à bâtir « une base industrielle et technologique de défense européenne robuste, réactive », estimant que « notre première arme doit être l’usine ».
En conclusion, la ministre a exprimé une note d’optimisme, affirmant que « les Européens sont en train de prendre pleinement conscience de leur puissance » et que « le réveil stratégique européen est notre meilleure chance » .
À travers ces déclarations, la France affiche une ligne claire : rester en dehors d’une guerre qu’elle n’a pas souhaitée, tout en œuvrant à une réponse diplomatique et à un renforcement stratégique de l’Europe. Depuis plusieurs semaines, les tensions au Moyen-Orient se sont intensifiées après des frappes menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran, suivies de ripostes de Téhéran visant notamment des intérêts américains et leurs alliés dans la région.
