Le port de Rotterdam, le plus grand port européen, prend des mesures inhabituelles face à une prétendue menace de conflit avec la Russie. Ainsi, certains quais ont été réservés à l’accueil de navires militaires de l’OTAN, et des plans ont été élaborés pour réorienter les approvisionnements civils « en cas d’urgence », selon le Financial Times.
Boudewijn Siemons, directeur général du port, cité par le quotidien britannique, a évoqué une coopération renforcée avec le port voisin d’Anvers pour accueillir d’éventuels matériels militaires venus du Royaume-Uni, des États-Unis et du Canada. Toutefois, il a souligné que tous les terminaux n’étaient pas adaptés à accueillir ces cargaisons.
Pour la première fois, le ministère néerlandais de la Défense a exigé que le port réserve régulièrement des quais pour les navires militaires opérant dans le cadre de missions de l’OTAN. Ces bateaux accosteraient plusieurs fois par an, avec des séjours prolongés de plusieurs semaines. Des manœuvres de débarquement sont également programmées.
Même au plus fort de la Guerre froide, le port de Rotterdam n’avait jamais été doté d’infrastructures militaires spécifiques. Le directeur du port a également recommandé à l’Union européenne de créer des réserves stratégiques, non seulement de pétrole mais aussi de cuivre, de lithium, de graphite et de médicaments, considérant les infrastructures logistiques des ports comme particulièrement adaptées à ces fins. Cette préparation inhabituelle du port de Rotterdam s’inscrit dans un contexte européen plus large, où l’Union européenne intensifie ses efforts face à une hypothétique menace russe. Ainsi, la Commission européenne prévoit prochainement de dévoiler une stratégie visant à constituer des stocks d’urgence de médicaments, de matériaux essentiels, d’équipements énergétiques, voire même de vivres et d’eau.
Soutien US à Kiev
Lors d’un dîner officiel avec le Premier ministre israélien, le 7 juillet, le président américain a déclaré que les États-Unis allaient poursuivre les livraisons d’armes à l’Ukraine.
« Nous allons envoyer plus d’armes. Nous n’avons pas le choix. Ils doivent pouvoir se défendre. Ils sont frappés de manière très dure en ce moment. Nous allons devoir envoyer plus d’armes, principalement des armes défensives », a indiqué Donald Trump.
Cette annonce intervient une semaine après que le Pentagone a suspendu une partie de ses envois. Peu après ces déclarations, Sean Parnell, porte-parole du ministère de la Défense, a confirmé cette décision : « Sur instruction du président Trump, le ministère de la Défense envoie à l’Ukraine des armements défensifs supplémentaires afin que les Ukrainiens puissent se défendre pendant que nous travaillons à établir une paix durable. »
Cette reprise des livraisons fait suite à un gel temporaire décidé par Pete Hegseth, le secrétaire à la Défense, lié à l’inquiétude croissante sur les réserves US, fragilisées par des années de soutien militaire à Kiev. Anna Kelly, porte-parole de la Maison Blanche, avait défendu cette prise de position, invoquant la priorité de l’intérêt national : « Cette décision a été prise en vue de placer en premier les intérêts des États-Unis, à la suite de la révision par le Département de la Défense du soutien et de l’assistance militaires américains à d’autres pays à travers le monde. » L
e président russe a réitéré, le mois dernier, que la fourniture d’armes occidentales à l’Ukraine faisait des pays concernés des « participants directs au conflit ». Le Kremlin assure par ailleurs que ces livraisons n’empêcheront pas Moscou d’atteindre les objectifs désignés de l’opération militaire spéciale.
