Plus tôt dans la journée, l’agence iranienne avait affirmé que des avions américains et israéliens avaient frappé des navires iraniens au sud de l’île iranienne de Larak, près du détroit d’Ormuz, faisant « plusieurs morts parmi les ressortissants iraniens ». Ces développements interviennent alors que des efforts de médiation menés par le Pakistan se poursuivent pour tenter de mettre fin au conflit déclenché par les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran le 28 février, suivies de représailles iraniennes.
Pour sa part, le Corps des gardiens de la révolution islamique iranien (CGRI) a annoncé que ses unités de défense aérienne avaient déjoué de nouvelles violations militaires américaines dans la région du Golfe, assurant avoir abattu un drone et contraint un avion de chasse et un avion espion à battre en retraite après avoir violé l’espace aérien iranien. Dans un communiqué, le CGRI a expliqué que cette opération avait été menée en réponse aux provocations répétées et au comportement agressif de l’armée américaine, qui viole l’espace aérien iranien dans la région du Golfe. Le communiqué précise que « les unités de défense aérienne, agissant dans le cadre de la défense de la souveraineté nationale et de l’espace aérien, et suite à un recueil précis de renseignements, ont abattu un drone américain MQ-9. » Il a également signalé dans son communiqué avoir tiré sur un autre drone américain RQ-4 et un avion de chasse F-35, les forçant à quitter l’espace aérien iranien. « Nous mettons en garde contre toute violation du cessez-le-feu par l’armée américaine agressive, et nous affirmons que notre droit légitime et inévitable nous permet de riposter de la même manière », a conclu le CGRI.
Le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) n’a pas confirmé l’attaque iranienne. Il a annoncé avoir frappé des sites de lancement de missiles dans le sud de l’Iran.
Les médias d’Etat iraniens ont rapporté des explosions dans la ville portuaire de Bandar Abbas, et annoncé qu’une enquête était en cours pour en déterminer l’origine. Le ministère iranien des Affaires étrangères a pour sa part déploré « une violation flagrante du cessez-le-feu par les États-Unis ». « L’armée américaine terroriste, poursuit ses actions illégales et injustifiées depuis l’annonce du cessez-le-feu le 8 avril 2026, notamment de multiples actes de piraterie maritime contre des navires commerciaux iraniens. Elle a commis une violation flagrante du cessez-le-feu dans la région de Hormozgan au cours des dernières 48 heures. »
Dans son message publié à l’occasion de la fête musulmane de l’Aïd al-Adha, le guide suprême de la révolution islamique en Iran sayed Mojtaba Khamenei a déclaré que « les bases américaines ne sont désormais plus protégées par les pays du Golfe ».
« Il est certain qu’il n’y aura pas de retour en arrière et que les nations et territoires de la région ne serviront plus de boucliers aux bases américaines », a déclaré Mojtaba Khamenei, qui n’est pas apparu en public depuis sa prise de fonction début mars.
« Les Etats-Unis, qui ne disposent plus d’aucun lieu sûr dans la région pour mener une agression et établir des bases militaires, s’éloignent chaque jour davantage de leur ancien statut », a-t-il ajouté dans ce message.
Qualifiant l’entité israélienne de « tumeur cancéreuse », sayed Khamenei a assuré que « le régime sioniste approche également des dernières étapes de son existence maudite ».
« Par la grâce divine et conformément à la parole ferme et clairvoyante prononcée il y a dix ans par l’éminent Leader martyr — que Dieu sanctifie son âme pure — il ne dépassera pas les 25 ans », a-t-il dit.
« J’invite sincèrement tous les pays et gouvernements islamiques à l’amitié et à la coopération pour le bien commun », a-t-il ajouté.
Ebrahim Azizi, président de la Commission de la sécurité nationale et de la politique étrangère du Parlement iranien, a affirmé que « tout accord ou négociation avec les États-Unis serait dénué de sens tant que Washington n’aurait pas pris cinq mesures de confiance ». Dans une déclaration à la télévision iranienne, il a précisé que « ces mesures incluent la fin de la guerre sur tous les fronts, notamment au Liban, la levée du blocus naval, la garantie du passage des navires non militaires par le détroit d’Ormuz sous supervision iranienne, la suspension des sanctions pétrolières pendant 30 ou 60 jours et le déblocage des avoirs iraniens gelés ».
E. Azizi a souligné que « la conclusion d’un accord, s’il a lieu, ne signifiera pas la fin de la confrontation avec les États-Unis », insistant sur le fait que « l’Iran d’après-guerre est totalement différent de l’Iran d’avant-guerre ».
Ces propos interviennent dans un contexte d’attente quant à l’issue des communications indirectes américano-iraniennes, menées par des intermédiaires tels que le Pakistan et le Qatar. Dans ce contexte, le chef de la délégation iranienne de négociation, Mohammad Bagher Ghalibaf, s’est rendu lundi à Doha, la capitale du Qatar. De son côté, Donald Trump a déclaré que les négociations avec la République islamique d’Iran « avançaient bien », ajoutant que le processus aboutirait soit à « un excellent accord pour tous », soit à « aucun accord ». Il a également lié l’accord à « la nécessité pour les États arabes et islamiques signataires des accords d’Abraham de les signer ».
Sur le front libanais, que l’Iran exige d’inclure dans tout accord potentiel de fin de guerre, les forces israéliennes ont lancé une offensive de grande envergure contre des villages du sud du Liban et de la vallée de la Bekaa occidentale. Les médias israéliens ont également rapporté que le chef du gouvernement d’occupation et le ministre de la Guerre avaient approuvé des plans visant à étendre les combats et à bombarder des bâtiments civils à Beyrouth, la capitale libanaise, en représailles aux attaques de la Résistance islamique qui ont infligé des pertes aux forces d’occupation.
Un accord visant à mettre fin à la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran nécessitera « quelques jours » supplémentaires pour être finalisé, même si les parties se rapprochent d’un consensus sur ses contours, a déclaré mardi le secrétaire d’État américain. « Je pense qu’il existe une forte convergence et un accord sur ce à quoi devrait ressembler un projet préliminaire. Mais, comme pour tout accord de cette nature, cela prendra quelques jours pour régler les détails, jusqu’aux désaccords portant sur un mot ou une phrase », a ajouté Marco Rubio aux journalistes à bord de son avion en route vers New Delhi.
Le chef de la diplomatie américaine, qui occupe également les fonctions de conseiller à la sécurité nationale de D. Trump, a ajouté :que « s’il doit y avoir un accord, il faudra surmonter ces divergences. Mais soit ce sera un bon accord, soit il n’y en aura pas. » Il a également renouvelé ses critiques contre les mesures iraniennes visant à restreindre la circulation commerciale dans le détroit d’Ormuz, qualifiant cette politique d’« illégale », d’« illicite » et d’« insoutenable ».
« Aucun pays au monde ne soutient ce système de péage, à l’exception du régime iranien. Ce n’est pas acceptable. Cela ne peut pas se produire », a-t-il affirmé. « Le détroit doit rester ouvert, sans entraves et sans péages, et cela doit évidemment être garanti. »
Les tensions régionales ont fortement escaladé le 28 février, lorsque les États-Unis et Israël ont lancé des attaques surprises contre l’Iran. Téhéran avait alors riposté par des salves de drones et de missiles visant plusieurs cibles dans la région, tout en fermant le détroit d’Ormuz.
Un cessez-le-feu est entré en vigueur le 8 avril sous médiation pakistanaise, mais les discussions menées à Islamabad n’ont pas permis d’aboutir à un accord durable. D. Trump a par la suite prolongé la trêve pour une durée indéterminée, tout en maintenant un blocus sur les navires à destination ou en provenance des ports iraniens via cette voie maritime stratégique. La semaine dernière, D. Trump avait affirmé que l’accord était « largement négocié » et n’attendait plus que sa finalisation.

