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Maroc-Egypte : Sahara et business en examen

by Perspectives Med
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Maroc-Egypte : Sahara et business en examen

Cette position consacre le soutien du Caire à la feuille de route onusienne actuelle, qui place l’initiative marocaine d’autonomie au cœur du processus de règlement.

A rappeler que les deux parties ont signé, lundi au Caire, des mémorandums d’entente et des accords de coopération, à l’occasion de la tenue de la première session du comité de coordination et de suivi maroco-égyptien.

Dans ce cadre, un mémorandum d’entente a été conclu entre l’Institut marocain de formation, de recherche et d’études diplomatiques et l’Institut égyptien des études diplomatiques. Signé par Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, et Badr Abdelatty, son homologue égyptien, ce cadre vise à renforcer le partenariat, à travers la formation des jeunes diplomates et l’échange d’expertises, sur la base de la réciprocité et de l’intérêt mutuel.

Un accord a été signé dans le domaine du sport par N. Bourita et Jawhar Nabil, ministre égyptien de la Jeunesse et des sports, pour l’échange d’expériences à caractère scientifique dans les sciences du sport et la législation sportive. Dans l’habitat et le développement urbain, un mémorandum d’entente a été signé par N. Bourita et B. Abdelatty, notamment pour l’échange d’expertises administratives, techniques et en matière de formation, ainsi que la promotion des opportunités d’investissement et l’organisation de visites d’investisseurs. Les deux ministres ont signé aussi un mémorandum d’entente pour renforcer la coopération touristique. Ce cadre prévoit notamment l’échange d’expériences en matière de formation, ainsi que l’encouragement des investissements et l’organisation de rencontres annuelles dans les deux pays.

En outre, ils ont signé un protocole de coopération dans les secteurs de la santé et du médicament. Un protocole de coopération dans le domaine de l’électricité et des énergies nouvelles et renouvelables a également été signé par les deux ministres. Dans le domaine douanier, un accord d’assistance administrative mutuelle a été signé par Nadia Fettah, ministre de l’Économie et des finances, Nadia Fettah, et Ahmed Kajok, ministre égyptien des Finances. Pour le secteur industriel, Ryad Mezzour, ministre de l’Industrie et du commerce, et Khaled Hachem, son homologue égyptien, ont signé un protocole visant à renforcer la coopération et à développer le secteur industriel dans les deux pays.

Un mémorandum d’entente a également été signé dans le domaine de la lutte contre la désertification par Ahmed El Bouari, ministre de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, et Alaa Eddine Farouk, son homologue égyptien.

Dans le domaine de la jeunesse, un accord de coopération a été signé par Mohamed Mehdi Bensaid, ministre de la Jeunesse, de la culture et de la communication, et awhar Nabil, ministre égyptien, dans les domaines liés à la jeunesse et à la protection de l’enfance. Un mémorandum d’entente dans le domaine culturel a été par ailleurs signé avecJihane Zaki, ministre égyptienne de la Culture, pour valoriser le patrimoine matériel et immatériel et le développement des métiers culturels. Un programme exécutif de coopération culturelle a également été signé pour renforcer les échanges culturels à travers des projets communs.

De même, un mémorandum d’entente a été signé pour promouvoir les relations d’investissement entre l’Agence marocaine de développement des investissements et des exportations (AMDIE) et l’Autorité générale pour l’investissement et les zones franches en Égypte. Il a été paraphé par Karim Zidane, ministre délégué chargé de l’Investissement, de la convergence et de l’évaluation des politiques publiques, et Mohamed Farid Saleh, ministre égyptien de l’Investissement et du commerce extérieur.

A. Akhannouch, a appelé à un « partenariat stratégique » fondé sur des « orientations pragmatiques ». Il a insisté sur une intégration économique concrète afin de renforcer la position des deux pays « en tant que pôles régionaux clés ».

Le responsable marocain a également mis l’accent sur l’importance de la dimension politique de la relation bilatérale, en soulignant que « la solidité de nos relations bilatérales repose également sur la clarté de nos positions concernant les questions stratégiques de nos deux pays ». Sur le plan économique, le Chef de gouvernement marocain a souligné la nécessité de rééquilibrer les échanges commerciaux entre les deux pays. Il a insisté sur l’importance d’« augmenter de manière équilibrée le volume et la valeur des échanges commerciaux bilatéraux », tout en appelant à exploiter pleinement le cadre juridique existant depuis 2004. Dans ce contexte, il a plaidé pour « la levée de toutes les contraintes et entraves administratives afin d’assurer la fluidité des échanges de marchandises entre les deux pays, et de favoriser les flux d’investissements dans les deux sens ».

Le Maroc et l’Égypte, aux côtés de la Tunisie et de la Jordanie, sont signataires depuis 2004 de l’Accord d’Agadir, qui vise à instaurer une zone de libre-échange entre ces quatre États. Cependant, les exportateurs marocains dénoncent depuis des années un déficit commercial structurel au détriment du Maroc, sans avancée notable malgré l’Accord d’Agadir.

Omar Hjira, secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur, avait pointé en mai 2025 à la Chambre des représentants, un déséquilibre devenu massif : les exportations marocaines ont été divisées par plus de trois en moins de dix ans, tandis que les importations en provenance d’Égypte ont triplé. Déséquilibre placé au centre de la visite d’une délégation marocaine, menée en mai 2025 par R. Mezzour. Bien que cette mission se soit conclue par des promesses, la décision de Rabat, le 3 février dernier, d’imposer des mesures antidumping sur certains produits égyptiens a marqué un tournant plus offensif du Royaume, qui traduit l’impatience face à l’absence de rééquilibrage.

Par ailleurs, le chef du gouvernement a insisté sur l’importance d’élargir les domaines de coopération, notamment à travers le développement de la connectivité logistique et maritime. Rabat mise aussi sur la logistique pour relancer la relation. En ligne de mire : un axe Tanger Med–Port-Saïd connecté au canal de Suez. Un projet qui permettrait de faire des deux pays « une plateforme intégrée et un point de départ commun pour accéder aux marchés africains, européens et asiatiques ».

Enfin, A. Akhannouch a souligné la nécessité de mettre à jour le cadre juridique régissant les relations bilatérales afin de l’adapter aux mutations rapides de l’économie mondiale.

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