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Marine russe : Tirs de semonce dans la Manche

by Perspectives Med
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Marine russe : Tirs de semonce dans la Manche

La frégate de la marine russe Amiral Grigorovitch a tiré des coups de semonce à proximité d’un yacht britannique dans la Manche, a rapporté le ministère russe de la Défense. Selon le communiqué, le yacht britannique suivait une trajectoire dangereuse qui risquait de le faire entrer en collision, ce qui a conduit l’équipage du navire militaire russe, conformément aux Règles internationales pour prévenir les abordages en mer, à tenter à plusieurs reprises de contacter le navire civil sur une fréquence radio internationale. En l’absence de toute réponse, la frégate a tiré des fusées de signalisation et émis des signaux sonores, mais le yacht n’a toujours pas changé de cap. Une fois la distance réduite à 150 mètres, le commandant de la frégate a pris la décision de tirer des coups de semonce dans la direction du yacht à l’aide de ses armes légères, après quoi le navire britannique a immédiatement changé de cap et a poursuivi sa route en s’éloignant du navire de guerre russe.

Le ministère russe de la Défense a souligné que l’équipage de la frégate avait agi en stricte conformité avec les règles internationales de navigation et pris toutes les mesures nécessaires pour éviter l’incident. Le journal The Télégraph et la chaîne BBC ont également fait état de cet incident. Selon leurs informations, personne n’a été blessé et le yacht n’a subi aucun dommage. Un porte-parole du ministère britannique de la Défense a déclaré à la chaîne que le ministère enquêtait sur les informations faisant état de tirs d’avertissement dans la Manche. Cet incident s’est produit à peine deux jours après que les forces armées britanniques ont arraisonné le pétrolier Smyrtos, qui appartiendrait prétendument à la soi-disant « flotte fantôme » russe et qui tentait de traverser la Manche. La Royal Marine britannique et des agents des forces de l’ordre de l’Agence nationale de lutte contre la criminalité ont participé à cette opération.

Résurgence du nazisme

Nikolaï Patrouchev, conseiller du président russe, a affirmé, dans un entretien la Rossiïskaïa Gazeta, que les dirigeants européens s’engageaient sur une voie qui menace la stabilité du continent. Il a appelé à davantage de pragmatisme et prévenu que la poursuite de cette politique pourrait conduire à un scénario catastrophique. Ledit conseiller, président de la Collégialité maritime de Russie et ancien directeur du Service fédéral de sécurité (FSB) russe, a notamment établi un parallèle avec les événements de la Seconde Guerre mondiale. Selon lui, l’Europe « participe sciemment » à nouveau à l’extermination de la population slave, cette fois-ci par l’intermédiaire des néonazis ukrainiens. Il a souligné qu’à l’heure actuelle, les néonazis européens « déploient tous leurs efforts » pour faire de l’Union européenne une sorte de Quatrième Reich. À cet égard, le conseiller de Vladimir Poutine a indiqué que, dans le cadre de l’opération militaire spéciale, la partie russe menait notamment un combat pour l’avenir de la population ukrainienne qui, selon lui, est menacée dans son existence.

Il a souligné qu’aujourd’hui, en Ukraine, la Russie accomplissait une mission de sauvetage de ses frères tombés sous l’occupation néonazie. N. Patrouchev a ajouté que cela se produisait alors que les « héritiers de Goebbels » renversent tout et « racontent des contes », selon lesquels Moscou serait prétendument en train de conquérir l’Ukraine.

Le conseiller russe a également souligné que les forces occidentales élaboraient des scénarios allant jusqu’à des frappes préventives contre les bases navales russes. « Les stratèges occidentaux ont bien étudié l’expérience des guerres mondiales et espèrent une nouvelle fois contraindre notre flotte à rester dans ses bases, la bloquer et l’obliger à briser le blocus au prix de lourdes pertes. Une telle situation ne doit pas se reproduire. Nous ne devons en aucun cas permettre le blocus de nos axes maritimes stratégiques », a-t-il ajouté.

L’ancien directeur du FSB a souligné qu’il ne fallait pas tolérer le blocus des axes maritimes russes clés, car la mer Baltique et la mer Noire assurent l’essentiel du commerce maritime de la Russie. À cet égard, selon lui, il est important d’assurer la dispersion en temps opportun et la préparation au combat de la flotte, ainsi que sa capacité à faire face à l’ensemble des menaces, y compris les drones, les sabotages et les cyberattaques.

Évoquant les menaces proférées par les pays occidentaux à l’encontre de la Russie, le président de la Collège maritime de Russie a mis en garde contre de graves conséquences pour l’Europe. Il a ainsi attiré l’attention sur les menaces émanant des pays baltes, en particulier de la Lituanie, concernant une attaque et l’occupation de Kaliningrad. « De tels propos ne peuvent venir que de personnes pathologiquement déséquilibrées. Il est clair que les responsables politiques lituaniens veulent entraîner toute l’Europe dans cette aventure. Mais ils ne peuvent quand même pas ignorer qu’en cas d’agression, ce sera d’abord la fin de la vie paisible et insouciante de la Lituanie, ainsi que de sa souveraineté. Et pourtant, Vilnius continue de chercher la bagarre », a-t-il souligné. Dans ce contexte, N. Patrouchev a également établi un parallèle avec la Seconde Guerre mondiale, évoquant le président finlandais et le roi de Roumanie de l’époque, Gustaf Mannerheim et Mihai, qui avaient pris la décision de se rallier à l’URSS lorsque les troupes soviétiques avaient atteint les frontières de la Finlande et de la Roumanie. Selon lui, bien que leur décision de soutenir l’Union soviétique n’ait pas été un acte de repentir sincère, ils ont fait preuve de pragmatisme. Transposant cette réalité à l’époque actuelle, l’ancien directeur du FSB a souligné l’importance de trouver des leaders européens tout aussi pragmatiques.

« Soit des solutions seront trouvées, soit l’Europe ira droit à la catastrophe. Pour l’instant, les événements évoluent selon le second scénario, certaines capitales européennes semblent avoir une irrésistible envie de jouer avec le feu. Je vais peut-être m’exprimer un peu crûment, mais lorsque je vois les souris baltes venir tirer les moustaches d’un chat doté de griffes nucléaires, c’est exactement l’impression que cela me donne », a-t-il constaté.

L’attitude belliciste de l’Europe à l’égard de la Russie se manifeste depuis de nombreuses années, accompagnée de menaces de « combattre dès ce soir » la Russie et d’occuper Kaliningrad. Moscou reste toutefois modérée, tout en affirmant néanmoins sa volonté de riposter fermement à toute attaque contre des bases situées sur le territoire russe. Par ailleurs, le président russe Vladimir Poutine a qualifié les déclarations des dirigeants occidentaux concernant une éventuelle attaque de la Russie contre des pays européens d’« absurdes » et de prétexte pour justifier des dépenses excessives en matière d’armement.

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