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L’US Navy perd un F-35 en mer de Chine : Pékin suit de près les opérations de recherche

Après le crash d’un chasseur de 5e génération F-35, qui a sombré en mer de Chine méridionale, la Marine US mène des recherches dans l’espoir de retrouver cet appareil dernier cri qui pourrait attirer l’attention de Pékin, relate CNN.

L’US Navy tente de récupérer son chasseur furtif de 5e génération F-35C Lightning II depuis les profondeurs de la mer de Chine méridionale, une opération complexe qui serait surveillée par la Chine, a annoncé CNN.
« La Marine américaine prend des mesures pour récupérer l’avion F-35C impliqué dans l’accident à bord de l’USS Carl Vinson », a indiqué à la chaîne Nicholas Lingo, porte-parole de la 7e Flotte américaine.
Les navires de sauvetage US mettront de 10 à 15 jours pour se rendre sur les lieux du crash et l’opération de récupération pourrait prendre jusqu’à 120 jours, estime Carl Schuster, ancien directeur des opérations au Joint Intelligence Center du Commandement américain du Pacifique à Hawaï.
À son avis, « la Chine essaiera de localiser l’épave et de l’étudier à l’aide de sous-marins et de l’un de ses submersibles de plongée profonde », relate CNN.
Le F-35C, le plus récent avion à réaction de la Marine américaine, d’un coût de 100 millions de dollars, s’est écrasé le 24 janvier lors d’opérations de routine sur le porte-avions à propulsion nucléaire USS Carl Vinson (CVN 70). L’avion a percuté le pont d’envol avant de tomber dans l’eau. L’accident a fait sept blessés: le pilote, qui s’est éjecté a été récupéré par un hélicoptère, ainsi que six marins à bord du bâtiment.
L’US Navy ne précise pas dans son communiqué dans quel secteur de la mer de Chine méridionale s’est produit l’accident. Mais Pékin revendique la quasi-totalité de cette zone maritime comme son territoire. Il y a construit des avant-postes militaires sur de petites îles et atolls. Les navires de guerre et garde-côtes chinois maintiennent une présence constante dans ces eaux, tandis que les États-Unis et leurs alliés, qui souhaitent faire valoir leur droit à la liberté de navigation, patrouillent régulièrement les eaux internationales de la région.
Selon Carl Schuster, la Chine peut réclamer les droits de sauvetage du F-35 sur la base de ses revendications territoriales. « La récupération de l’avion par des bateaux de commerce ou ceux de ses garde-côtes permettra à Pékin de prétendre qu’il cherche à faire cesser un danger potentiel pour l’environnement ou qu’il retire du matériel militaire étranger de ses eaux territoriales », a estimé C. Schuster auprès de CNN.
Mais une telle opération présenterait des risques politiques, a déclaré Collin Koh, chercheur à la S.Rajaratnam School of International Studies (RSIS) de Singapour.
D’ailleurs, aucun commentaire officiel chinois n’a été publié suite à l’accident impliquant le F-35C, les médias d’État l’ayant rapporté ne citant que des « médias étrangers ».
Il s’agit de la troisième opération maritime de récupération d’un F-35 et de la deuxième en deux mois.
Le 17 novembre, un F-35B de la Royal Air Force britannique s’est crashé en Méditerranée depuis le pont d’envol du porte-avions HMS Queen Elizabeth, sans avoir pu décoller. Ce crash a été suivi par une opération de recherche lancée par les États-Unis et le Royaume-Uni. Le conseiller à la sécurité nationale britannique Stephen Lovegrove a alors expliqué au Comité de la défense de la Chambre des communes que cette opération était surtout destinée à empêcher à la Russie d’obtenir la technologie du F-35B au moyen de ses sous-marins. « Nous connaissons les capacités sous-marines russes, et vous avez tout à fait raison de les identifier comme étant à la pointe de la technologie. Les types de précautions et d’opérations que nous entreprenons en ce moment sont destinés à maintenir le secret de la technologie du F-35B », a déclaré S. Lovegrove cité par UK Defence Journal.
En 2019, un F-35A japonais s’est écrasé dans le Pacifique à 135 km des côtes de la préfecture d’Aomori. Cet accident a aussi provoqué des inquiétudes concernant l’intérêt que les services de renseignement russes ou chinois pourraient manifester pour l’avion perdu dans l’océan. Selon CNN, le Japon n’est parvenu à récupérer que de petits fragments de l’appareil qui aurait heurté l’eau à pleine vitesse.

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