N. Berri a appelé les déplacés à la prudence concernant le retour dans leurs villages, par manque de confiance envers le comportement de l’occupation, tout en confirmant que le Liban ne refuse pas de négocier avec Israël, à condition que cela se fasse de manière indirecte.
Nawaf Salam, Premier ministre libanais, a affirmé mardi que son pays œuvrait à une « solution durable » au conflit en cours par la voie diplomatique, parallèlement aux efforts visant à restaurer la souveraineté de l’État et son monopole sur les armes. S’exprimant devant le Conseil des affaires étrangères de l’Union européenne à Luxembourg, il a souligné que le Liban se trouvait dans une guerre qu’il n’avait pas recherchée, appelant à y mettre fin dans le respect de la souveraineté et de l’unité territoriale.
N. Salam a indiqué que le gouvernement libanais s’était récemment engagé dans des « pourparlers préparatoires directs » avec Israël, sous médiation américaine à Washington. Il a estimé que le choix de la diplomatie constituait une « responsabilité nationale et non un signe de faiblesse ». Il a ajouté que ces discussions visaient à « mettre fin à l’occupation, garantir la libération des détenus et assurer le retour des déplacés ».
Les États-Unis doivent accueillir mardi un second cycle de discussions préparatoires entre le Liban et Israël. Le département d’État US a précisé, dans un communiqué publié lundi soir, que les pourparlers se tiendront à Washington mardi soir avec la participation notamment l’ambassadeur israélien Yechiel Leiter, ambassadeur israélien, Nada Mouawad, ambassadrice libanaise, Marco Rubio, secrétaire d’État américain, ainsi que Michael Issa, ambassadeur des États-Unis à Beyrouth.
Sur le plan interne, N. Salam a réaffirmé l’engagement de son gouvernement à consacrer le principe du monopole des armes par l’État. Il a évoqué des mesures telles que la mise en œuvre d’un plan visant à faire de Beyrouth une zone sans armes, ainsi que l’interdiction des activités militaires et sécuritaires du Hezbollah. Il a également rappelé que l’armée libanaise avait été chargée d’élaborer un plan pour établir le contrôle total de l’État sur les armes, précisant que la première phase avait été mise en œuvre au sud du fleuve Litani, à l’exception des zones sous occupation israélienne.
Alors que le gouvernement libanais a commencé, sous pression américano-israélienne, à appliquer un plan de désarmement du Hezbollah, le mouvement insiste sur le maintien de ses armes, qu’il considère comme relevant de la « résistance » à l’occupation israélienne.
N. Salam a par ailleurs souligné que le Liban faisait face à de graves répercussions humanitaires et économiques. Plus de 40 % de la population vit désormais sous le seuil de pauvreté, tandis que plus d’un million de personnes ont été déplacées en moins d’un mois. Quelque 40 000 logements ont été endommagés ou détruits, et la Banque mondiale estime les dommages initiaux aux infrastructures et au logement à environ 1,4 milliard de dollars durant le premier mois du conflit.
Le Premier ministre a ajouté que l’économie libanaise devrait se contracter de 7,5 % cette année, avec une inflation avoisinant les 15 %.
Depuis le 2 mars, Israël mène une offensive au Liban, ayant fait 2 294 morts et 7 544 blessés, ainsi que plus d’un million de déplacés, selon les autorités libanaises. La dernière trêve négociée dans le sillage de l’accord américano-iranien a volé en éclats à cause de la persistance d’Israël à vouloir avilir les Libanais pour les conduire à accepter leur diktat. Mais il y a beaucoup de la coupe aux lèvres tant que la résistance n’a pas désarmé et refuse de l’être.
Les agressions israéliennes au Sud-Liban se sont poursuivis mardi avec le pilonnage d’un quartier dans la localité de Houla, le pilonnage de Teir Harfa ; le ratissage et l’incendie de maisons dans les localités de Chamaa et al-Jebbine. Un raid aérien sur Wadi al-Hujeir s’est accompagné de maisons à Mays al-Jabal. En face, la commission parlementaire pour la protection des biens civils assure que l’occupant israélien mène une destruction systématique pour effacer l’identité du Sud.
