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Le Maroc à l’épreuve de la guerre au Proche-Orient : N. Fettah Alaoui rassure

by Perspectives Med
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Le Maroc à l’épreuve de la guerre au Proche-Orient : N. Fettah Alaoui rassure

« Nous déplorons évidemment cette crise au Moyen-Orient », a déclaré la responsable tout en évoquant « une solidarité avec les pays frères » et « une pensée pour les populations civiles ».

N. Fettah a rappelé la réalité structurelle de l’économie nationale.  « Nous sommes dans les chaînes globales de l’économie. Nous importons nos hydrocarbures», a-t-elle rappelé. Cette dépendance rend le pays sensible à toute flambée durable des cours internationaux, notamment du pétrole.

Pour autant, le gouvernement affirme avoir anticipé ce type de scénario. « Nous sommes prêts à d’éventuels impacts sur notre économie », assure-t-elle, insistant sur les outils activés ces dernières années pour faire face aux chocs inflationnistes successifs. « Nous avons hélas ces dernières années à expérimenter nos boucliers en faveur des populations les plus vulnérables et pour protéger l’économie », a-t-elle souligné, mettant en avant l’expérience acquise dans la gestion des crises récentes.

Parmi les facteurs de résilience avancés figurent la solidité des réserves de change, la transformation progressive du mix énergétique et la capacité d’adaptation de l’économie marocaine. « Nous avons des réserves de change, un mix énergétique qui est de plus en plus vert et puis une économie qui a prouvé sa résilience», a-t-elle affirmé. La diversification énergétique devrait, selon elle, démontrer son efficacité dans les semaines à venir.

Sur le plan budgétaire, la pression du baril est déjà perceptible. « Sur le pétrole, nous l’avons budgété à 65$ dans notre loi de finances. Vous savez qu’il est déjà à 85$ », a rappelé la ministre. Un écart qui, s’il devait se prolonger, pèserait sur les équilibres financiers. Concernant le gaz, elle se montre plus rassurante. « Le gaz, c’est vraiment une consommation plutôt domestique. Ça a un impact, mais qui est complètement contenu et que nous pouvons, on va dire, avec nos finances publiques, confronter », a-t-elle estimé, tout en reconnaissant que cette situation ne saurait s’inscrire dans la durée. « Mais on espère vraiment qu’on n’aura pas à le faire durablement », a-t-elle dit.

En définitive, la ministre dit espérer une crise « courte », tout en revendiquant une approche fondée sur l’anticipation et la responsabilité, affirmant qu’« en responsabilité, nous avons le plan d’action qu’il faut ».

Pour l’heure, les marchés de l’énergie restent tendus sous l’effet des risques géopolitiques. Selon les dernières cotations, le baril de Brent se négociait ce mercredi 4 mars aux alentours de 81,8 USD et le West Texas Intermediate (WTI) autour de 74,8 USD, niveaux significativement supérieurs à ceux observés avant l’escalade, reflétant la prime de risque attachée aux approvisionnements mondiaux. Avec le bouclage du Golfe d’Ormuz, décrété par l’Iran mercredi, il faut s’attendre à une guerre de l’or noir. C’est via ce canal que transite 20% du pétrole mondial. Déjà, le géant du gaz naturel liquéfié QatarEnergy a annoncé, lundi 2 mars, la suspension de la production de GNL dans son complexe de Ras Laffan Industrial City, à la suite d’une attaque de drones attribuée à l’Iran. Cette installation est l’une des plus grandes unités d’exportation de GNL au monde. L’Irak a choisi, lui, de baisser sa production jusqu’à ce que le brouillard de la guerre généralisée se dissipe.

 

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