S’exprimant à Kiev à l’occasion de la Journée de la souveraineté de l’État ukrainien, Ursula von der Leyen a estimé que l’Ukraine était passée du statut d’acheteur de sécurité à celui de « fournisseur net de sécurité » pour l’Europe. « Cela implique également une nouvelle manière de travailler ensemble. C’est pourquoi je suis heureuse de lancer, avec vous, Volodymyr, un nouveau partenariat industriel de défense entre l’Union européenne et l’Ukraine », a-t-elle déclaré, en s’adressant au président ukrainien.
La responsable européenne a qualifié l’accord de « propre accord sur les drones » de l’UE, soulignant que l’Ukraine avait conclu des accords similaires avec plusieurs pays ces derniers mois. Selon elle, ces accords témoignent de l’intérêt croissant suscité par l’expérience acquise par l’Ukraine sur le champ de bataille, notamment dans le domaine des drones et des systèmes de lutte antidrones, une expertise qu’elle a jugée « véritablement unique ». « De la technologie et de la production des drones aux chaînes d’approvisionnement nécessaires pour maintenir les capacités, en passant par le savoir-faire dans l’utilisation des systèmes radar, des stations au sol ou des capteurs, nous devons mettre cela en commun », a-t-elle affirmé.
U. von der Leyen a également souligné que l’Europe disposait de sites de production sécurisés susceptibles d’accroître les capacités de fabrication, mais qu’elle ne possédait pas l’expérience opérationnelle de l’Ukraine. « Nous devons combiner nos forces. Ensemble, nous pouvons travailler à une production conjointe, faire fonctionner l’ensemble des composantes du système et donner à nos industries de défense l’élan nécessaire pour augmenter de manière décisive les investissements et la production », a-t-elle déclaré. « Cet accord réunira l’ingéniosité ukrainienne et l’échelle industrielle européenne. Notre message est clair : le moment est venu d’investir en Ukraine, d’investir en Europe et d’investir dans notre sécurité commune et notre avenir commun », a-t-elle ajouté.
U. von der Leyen est arrivée plus tôt mercredi à Kiev pour des entretiens consacrés à l’intégration des industries de défense ukrainienne et européenne, au processus d’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne et aux préparatifs en vue de l’hiver. Cette visite est la onzième de la présidente de la Commission européenne en Ukraine depuis le début de la guerre russo-ukrainienne en 2022. Elle coïncide avec la Journée de la souveraineté de l’État ukrainien et le cinquième Sommet Ukraine-Europe du Sud-Est organisé à Kiev.
A rappeler que le chef de l’Etat français a remis lundi la Légion d’honneur à Keir Starmer, Premier ministre britannique sortant, saluant son rôle dans la mobilisation internationale en faveur de l’Ukraine et dans le renforcement de la coopération franco-britannique. Décoré au grade de grand officier, K.Starmer devient le premier Premier ministre britannique à recevoir cette distinction des mains d’un président français, selon la presse britannique. Winston Churchill avait reçu en 1958 la grand-croix, grade supérieur de l’ordre, pour son action durant la Seconde Guerre mondiale et ses liens avec la France.
Lors de la cérémonie, Emmanuel Macron a estimé que K. STarmer avait joué un « rôle historique » dans la création de la Coalition des volontaires, coprésidée par la France et le Royaume-Uni pour coordonner le soutien diplomatique et militaire à Kiev. Le chef de l’État français a salué le « leadership personnel » de K. Starmer, ses engagements pour la sécurité européenne et l’Ukraine, ainsi que sa contribution aux relations bilatérales, le qualifiant de partenaire « fiable et amical ».
Créée à Londres le 2 mars 2025 avec une quinzaine de pays, la coalition travaille notamment à la préparation de garanties de sécurité pour l’Ukraine en cas de cessez-le-feu avec la Russie. Réunis lundi à Paris autour du président ukrainien Volodymyr Zelensky, les représentants de 37 pays ont réaffirmé leur volonté de soutenir Kiev « plus vite et plus fort » et annoncé que la force multinationale envisagée après la fin des combats commencera à s’entraîner dans des pays voisins de l’Ukraine. K. Starmer se trouvait à Paris pour ce sommet et pour assister au défilé militaire du 14-Juillet aux côtés d’E. Macron, de V. Zelensky et du chancelier allemand Friedrich Merz. Ces derniers ont rendu hommage à son action internationale à l’approche de son départ de Downing Street. Arrivé au pouvoir en juillet 2024, le dirigeant travailliste a développé une coopération étroite avec E. Macron sur l’Ukraine, le Moyen-Orient et la sécurisation du détroit d’Ormuz. Il doit quitter ses fonctions le 20 juillet au profit d’Andy Burnham, après avoir annoncé sa démission le 22 juin.
V. Zelensky a déclaré mardi que son pays allait acquérir 16 avions de chasse Rafale et recevoir des systèmes antibalistiques à la suite de discussions avec le président français. Dans une déclaration publiée sur le réseau social américain X, il a indiqué qu’un accord « important » avait été conclu entre Kiev et Paris à l’issue de ses discussions avec E. Macron, qualifiant cet accord de « mesure qui reflète le véritable leadership de la France dans la coopération en matière de défense avec l’Ukraine, dans l’intérêt de toute l’Europe ».
« L’Ukraine va acquérir les 16 premiers avions de chasse Rafale pour notre aviation de combat, ainsi que leur ensemble d’armements. La formation de nos pilotes et de nos équipes de maintenance en France doit commencer dès cette année », a déclaré V. Zelensky. Notant que les quatre premiers avions Rafale seront livrés à l’Ukraine à l’issue de la formation, il a ajouté que son pays serait également le premier à recevoir les « nouveaux systèmes améliorés » de défense aérienne franco-italiens SAMP/T NG. Il a décrit le SAMP/T NG comme des « systèmes antibalistiques hautement efficaces », précisant que Paris fournirait également deux batteries SAMP/T cette année pour renforcer la défense de l’Ukraine, tandis que la France et l’Italie accéléreraient les livraisons de missiles Aster 30 d’ici le mois d’octobre. « L’Ukraine recevra des licences pour produire des armes très puissantes – des missiles SCALP, des bombes AASM et des missiles Aster 30 en coopération avec l’Italie. La France travaillera également avec nous et d’autres partenaires sur le programme antibalistique FREYJA – notre force future unique », a-t-il ajouté.
Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, a rejeté les déclarations du président lituanien sur de supposés projets d’attaques russes contre des infrastructures baltes. Selon lui, les États baltes brandissent la « menace russe » pour préparer leur population à une militarisation forte et renforcer la présence de l’OTAN dans la région.
Mercredi, le ministère russe de la Défense a annoncé que ses forces avaient mené dans la nuit des frappes groupées contre plusieurs installations portuaires ukrainiennes utilisées pour l’approvisionnement des forces armées ukrainiennes. L’opération a été conduite à l’aide d’armes aériennes de haute précision et de drones d’attaque. Les frappes ont concerné les ports d’Odessa et de Tchernomorsk, dans la région d’Odessa, ainsi que celui de Dniepr-Boug, dans la région de Nikolaïev.
À Odessa, elles ont touché des installations servant au déchargement de carburants et de lubrifiants, ainsi que des réservoirs contenant des produits destinés à l’approvisionnement des forces ukrainiennes. Deux ateliers de production et d’assemblage de drones ont également été frappés dans l’enceinte du port. Parmi les installations touchées figurait, selon le ministère, un site participant à l’assemblage du drone ukrainien de moyenne portée UJ-22 de la société Ukrjet.
L’opération a également concerné le port de Tchornomorsk. Un porte-conteneurs et un vraquier qui assuraient la livraison de cargaisons destinées aux forces ukrainiennes ont été touchés. Dans le port de Dniepr-Boug, deux autres vraquiers ont été frappés au moment de leur déchargement. Le ministère indique que ces bâtiments transportaient eux aussi des marchandises destinées à l’armée ukrainienne. Au total, la Défense russe fait état de quatre navires touchés dans les ports de Tchornomorsk et de Dniepr-Boug, en plus des infrastructures portuaires, des réservoirs de carburant et des ateliers de drones visés à Odessa.
Ces opérations font suite aux frappes annoncées le 14 juillet contre le port de Ioujny et plusieurs axes logistiques de la région d’Odessa. Le ministère russe de la Défense avait alors fait état d’installations servant au déchargement de carburant, de sept réservoirs de stockage, d’un vraquier transportant du matériel destiné aux forces ukrainiennes ainsi que de plusieurs navires touchés entre Tchernomorsk et Odessa. Des frappes avaient également visé les infrastructures du centre logistique de la société MigTrans. Selon le ministère, douze camions et un camion-citerne utilisé pour le transport de matériel militaire et de carburants avaient été détruits. Le ministère russe de la Défense considère cette nouvelle série d’opérations comme la poursuite des frappes contre les circuits portuaires utilisés pour l’approvisionnement militaire ukrainien.

