A signaler qu’un soldat israélien a été grièvement blessé, tandis que deux autres l’ont été légèrement, lors d’un affrontement armé survenu, jeudi soir, dans la ville de Bint Jbeil, a indiqué vendredi l’armée israélienne. La radio de l’armée d’occupation a rapporté que l’incident s’est produit lorsqu’une force de la brigade de réserve 679 a essuyé des tirs alors qu’elle pénétrait dans l’un des bâtiments de la ville. Elle a ajouté qu’un homme armé a ouvert le feu en direction de trois soldats, blessant grièvement l’un d’eux, tandis que les deux autres ont été légèrement blessés. À la suite de l’affrontement, l’armée de l’air israélienne a mené un raid sur le bâtiment, alors que les forces ont entamé des opérations de ratissage aux abords du site à la recherche de l’homme armé.
D’autre part, l’ennemi a poursuivi ses violations au Liban-Sud, où un drone a ciblé, durant la nuit, un véhicule dans la localité de Siddiqine, dans le caza de Tyr, suivi d’un second raid, ce qui a fait deux blessés, selon l’Agence Nationale d’Information. L’aviation israélienne a aussi mené un raid dans la vallée située entre Braachit et Chaqra, dans le caza de Bint Jbeil. Une détonation a également été entendue dans la zone de Braachit – Beit Yahoun. De même, l’armée israélienne a procédé à une importante opération de dynamitage aux abords des localité de Kounine et de Tireh, dans le caza de Bint Jbeil.
Malgré les négociations engagées entre Beyrouth et Tel Aviv, l’armée israélienne poursuit ses attaques au Sud-Liban, où elle maintient une présence sur plusieurs centaines de kilomètres carrés. Jeudi 2 juillet, les combats ont été moins intenses que la veille, mais plusieurs bombardements, tirs d’artillerie et frappes de drones ont de nouveau visé les régions de Tyr, Nabatiyé, Marjeyoun et Bint Jbeil. Selon les médias libanais, une vaste opération de ratissage a notamment ciblé Majdel Zoun, tandis que plusieurs drones israéliens ont frappé les environs d’Ali el-Taher, Baraachit, Kfar Tebnit et Yater. L’armée israélienne affirme avoir tué un membre du Hezbollah près d’un réseau de tunnels souterrains situé sur la colline stratégique d’Ali el-Taher. Aucune confirmation indépendante n’a été apportée à ce stade.
La nuit précédente avait été particulièrement violente. D’importants dynamitages et incendies de bâtiments ont été signalés à Beit Yahoun, Aïnata, Haddatha et Kounine, où les explosions ont été entendues sur plusieurs kilomètres. Ces destructions interviennent alors qu’Israël affirme vouloir conserver des « zones de sécurité » le long de la frontière.
Sur le plan politique, le nouvel accord-cadre signé le 26 juin entre le Liban et Israël continue de susciter des débats. Lors d’un Conseil des ministres, les représentants du Hezbollah et du mouvement Amal ont exprimé leurs réserves concernant le texte, qui prévoit notamment un retrait progressif israélien sous conditions ainsi qu’un renforcement du rôle de l’armée libanaise. Joseph Aoun, président libanais, a toutefois défendu la poursuite des négociations, assurant le 1er juillet que le Liban ne céderait « pas un seul pouce » de son territoire. De l’autre côté, Israel Katz, ministre israélien de la Défense, a affirmé que les forces israéliennes resteraient déployées « jusqu’à nouvel ordre » dans les zones qu’Israël considère comme stratégiques, au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza. Selon le dernier bilan du ministère libanais de la Santé, au moins 4 298 personnes ont été tuées depuis la reprise des affrontements entre Israël et le Hezbollah le 2 mars. Plusieurs municipalités du sud du Liban dénoncent également la poursuite des destructions et rejettent toute qualification de leurs villages comme de futures « zones tampons », réclamant un retrait de l’effectif de l’armée israélienne.
Alors que le pouvoir continue de défendre « l’accord-cadre au motif qu’il ne contredit pas les droits et les constantes libanaises et qu’il ne cédera pas un seul pouce du territoire du Liban, les dirigeants à Tel-Aviv se félicitent de ce qu’ils qualifient de « réussite exceptionnelle ».
Chaim Golovenchitz a déclaré au Yedioth Ahronoth que « l’accord de principe signé entre Israël et le Liban représente une réussite politique israélienne exceptionnelle ». Il a estimé que « pour la première fois, un pays arabe a validé l’occupation israélienne de ses terres sans limite de temps, et a tout conditionné à la réussite de l’armée libanaise à désarmer le Hezbollah ».
D’autre part, la Chaîne israélienne 15 a rapporté que « les discussions américaines se poursuivent afin de lancer les zones d’expérimentation au Liban dans les plus brefs délais, dans le cadre desquelles l’armée libanaise entrera dans des secteurs du sud du Liban et commencera à désarmer le Hezbollah ». Selon la chaîne, de hauts responsables américains ont déclaré, après des discussions menées ces derniers jours avec J. Aoun et R. Haykal que les Libanais sont engagés vis-à-vis de l’accord.
Peu après la visite du commandant du Commandement central américain à Tel-Aviv, le chef du mécanisme de surveillance du cessez-le-feu, le général américain Joseph Clearfield, a rencontré jeudi le chef d’état-major Eyal Zamir, dans le cadre des discussions sur la coordination au Liban et la mise en œuvre de l’accord signé. Le message du chef d’état-major était qu’ « il s’agit d’un moment historique du point de vue de la faiblesse du Hezbollah, et qu’il existe une fenêtre d’opportunité, dont il n’est pas certain qu’elle se répète, pour le gouvernement libanais et l’armée libanaise afin de tenir tête à l’organisation ». Le chef d’état-major a également déclaré qu’ « Israël aiderait à la mise en œuvre du règlement, mais que du côté de l’armée israélienne, il n’y aurait aucun compromis concernant tout ce qui a trait au fait d’empêcher le Hezbollah de reconstituer ses forces », selon les allégations de la chaîne israélienne.
La chaîne israélienne Channel 13 a reconnu « qu’Israël n’avait remporté aucune victoire décisive après 1 000 jours de combats sur divers fronts. Elle a indiqué que l’Iran était sorti du conflit en position de force, ayant « acquis une certaine légitimité internationale et vu son économie amorcer une reprise ».
Elle a souligné que la guerre avait non seulement lourdement pesé sur Israël sur les plans humain, économique et psychologique, mais qu’elle avait également affaibli sa position régionale et internationale et ajouté que la gestion du conflit avec l’Iran avait nui à l’un des atouts stratégiques les plus vitaux d’Israël : sa relation avec les États-Unis.
Parallèlement, Channel 12 a souligné que les responsables de cet échec avaient promis une « victoire absolue », alors qu’Israël connaît un « échec absolu » sur tous les fronts ouverts à ce jour, 1 000 jours après le 7 octobre 2023. La chaîne a souligné qu’en Iran, le régime n’était pas tombé, le programme nucléaire n’avait pas été démantelé et la menace balistique persistait ; tandis qu’au Liban, Israël payait un lourd tribut.
Dans le même ordre d’idées, la chaîne Kan a estimé que l’échec amorcé à Gaza s’était étendu à tous les fronts : Liban, Syrie, Yémen, Cisjordanie et, bien sûr, Iran.
Depuis le début du conflit, Benjamin Netanyahu est critiqué pour ces échecs.
Dans ce contexte, le site israélien Zman Yisrael a reconnu qu’« aucun échec dans l’histoire d’Israël n’est comparable — en termes d’ampleur, et peut-être même de répercussions — à la « tempête parfaite » qui frappe actuellement la doctrine de sécurité prônée par Netanyahu depuis des années ». Le site a relevé que « le soutien à Israël s’érode, que les bases de soutien traditionnelles aux États-Unis se détachent et que le projet sioniste s’isole de plus en plus sur la scène internationale ». Et souligné, enfin, que Benjamin Netanyahu a « entraîné Israël dans un désastre stratégique ».

