« Toutefois, je dois clarifier que le gouvernement n’envisage pas de dialogue avec les groupes armés terroristes sans foi ni loi qui portent la responsabilité des événements tragiques que vivent nos populations depuis des années », a indiqué le ministre jeudi 7 mai.
Selon A. Diop, l’ouverture des autorités maliennes au dialogue avait déjà été exprimée dans le cadre des Assises nationales de la refondation ainsi que du dialogue inter-malien. Il a toutefois accusé le Front de libération de l’Azawad (FLA) de s’être davantage rapproché d’Al-Qaïda, affirmant que le mouvement avait « librement choisi de prendre fait et cause pour un groupe extrémiste reconnu comme terroriste par l’Organisation des Nations unies ».
Le ministre a également assuré que les institutions maliennes restaient « fortes » malgré les attaques récentes et la « tentative de renversement des autorités », évoquant un renforcement de la continuité institutionnelle avec l’attribution des fonctions de ministre de la Défense au chef de l’État et la nomination du général Oumar Diarra comme ministre délégué auprès du président.
A. Diop a annoncé qu’une enquête avait été ouverte le 1er mai par le procureur du tribunal militaire de Bamako. Selon lui, les investigations ont permis « d’identifier et d’appréhender des personnes civiles comme militaires liées à la planification, à la coordination et à l’exécution de ces attaques ». Il a par ailleurs affirmé que les forces armées et de sécurité poursuivaient leurs missions « avec courage, professionnalisme et détermination », assurant que des mesures de sécurité renforcées avaient été prises sur l’ensemble du territoire, notamment autour des missions diplomatiques et consulaires. Et assuré que l’aéroport international Président-Modibo-Keïta de Bamako restait opérationnel et que « les livraisons de kérosène se poursuivent régulièrement », estimant qu’« il n’y a aucune contrainte logistique opérationnelle » pour les compagnies aériennes desservant la capitale malienne.
« Le Mali a certes été frappé (…) mais le Mali ne s’avérera pas », a conclu le chef de la diplomatie devant les représentants diplomatiques et les organisations internationales présents à Bamako.
Le Mali fait face à une insécurité persistante depuis 2012, avec des groupes armés opérant sur une grande partie du territoire. La situation a évolué au fil des transitions politiques depuis 2020 et des changements dans les alliances militaires. Ainsi, plus de cinquante personnes ont été tuées dans des attaques attribuées à des hommes armés non identifiés dans plusieurs localités de la région de Bandiagara, dans le centre du Mali, selon des sources locales et administratives. Le village de Gomossogou, situé dans le cercle de Diallassagou, a été la cible d’une violente attaque mercredi 6 mai 2026. D’après des sources locales, l’assaut a fait plus de 30 morts et causé d’importants dégâts matériels. Dans la même région, le village de Kori-Kori, commune rurale de Doucombo, a également été attaqué le même jour. Plus d’une vingtaine de personnes y ont perdu la vie, la majorité étant des jeunes, selon des témoignages concordants. Dans un communiqué publié jeudi, le gouverneur de la région de Bandiagara, le Colonel-major Olivier Diassana, a indiqué que les villages de Kori-Kori et de Gomossogou ont été visés par des « attaque terroristes simultanées, lâches et barbares » perpétrées aux environs de 16 heures. Le gouverneur a confirmé que ces attaques ont causé « plusieurs pertes en vies humaines ainsi que de nombreux blessés », sans avancer de bilan officiel définitif. Il a annoncé qu’une délégation administrative et sécuritaire a été dépêchée sur les lieux afin de constater les faits, d’évaluer l’ampleur des dégâts et d’apporter une assistance aux populations affectées. Le responsable régional a condamné « avec la plus grande fermeté ces actes ignobles et inhumains » et présenté les condoléances des autorités de la Transition aux familles des victimes. Il a également assuré que les Forces de défense et de sécurité restent mobilisées et que des opérations sont en cours pour « traquer et traduire en justice les auteurs, complices et commanditaires » de ces attaques. Dans un communiqué distinct publié jeudi matin, l’armée malienne a affirmé avoir neutralisé une dizaine de « terroristes » et détruit leurs moyens logistiques dans la localité de Gomossogou. Par ailleurs, réuni jeudi 7 mai au gouvernorat de Gao, le comité régional de crise et des catastrophes a dressé le bilan des attaques terroristes survenues le 25 avril dans plusieurs localités de la région. Selon les autorités, l’hôpital Hangadoumbo Moulaye Touré a enregistré 32 civils blessés par balle, dont sept décès, parmi lesquels deux enfants. Les familles des victimes ont reçu une assistance humanitaire composée de kits de première nécessité avec l’appui de l’Unicef.
