Quelques jours plus tôt, la direction de la sécurité d’Aden avait annoncé la chute de deux roquettes sur l’aéroport, constituant la deuxième frappe contre cette installation en moins d’une semaine.
Cet avertissement s’inscrit dans le cadre de l’escalade saoudienne continue contre le Yémen. Avant même cet appel, un missile tiré par les Houthis est tombé dans le périmètre de l’aéroport, a indiqué une source policière à l’AFP. Elle a ajouté qu’un avion militaire saoudien se trouvait sur les lieux au moment de la frappe, mais l’appareil n’a pas été touché et a décollé peu après. Peu après, « l’enceinte de l’aéroport » a été visée par une nouvelle attaque de missile tiré par les Houthis, a confié une source policière à l’AFP, sous couvert d’anonymat.
Mercredi, l’aviation saoudienne a mené quatre raids contre le bâtiment de la direction de la sécurité dans la ville côtière de Mokha, à l’ouest de Taëz. Par ailleurs, une source locale a rapporté à l’agence Saba que deux enfants ont été blessés par un obus tiré par des renforts saoudiens sur des habitations à Al-Qabbaytah, dans le gouvernorat de Lahij. Plus tard, le bilan a été revu à la hausse. Ainsi, 14 martyrs et 15 blessés, dont des femmes et des enfants, ont été recensé selon un bilan préliminaire des victimes de l’agression saoudienne sur le marché de Hazm à al-Jawf. Les attaques saoudiennes, qui ont visé notamment une station-service et un marché dans la province frontalière du royaume saoudien d’al-Jawf, dans le nord-ouest du pays, ont également fait 10 blessés, dont des femmes et des enfants, selon la chaîne yéménite Almasirah. Elles surviennent au lendemain de frappes menées par les forces de Sanaa contre la plus grande raffinerie et le ministère de la Défense à Riyad.
Selon les forces armées yéménites, le bilan total s’élève à 3 379 raids aériens et tir de missiles saoudiens depuis le début de cette escalade. Les avertissements et les opérations des forces yéménites interviennent ainsi en riposte à cette agression ciblant les infrastructures civiles dans plusieurs gouvernorats et régions du pays.
La reprise des hostilités au Yémen en juillet, après quatre ans d’accalmie, a ouvert un nouveau front dans la guerre au Moyen-Orient. Depuis début octobre, les forces de Sanaa ciblent le territoire saoudien alors que l’armée de Riyad réplique en bombardant des positions Houthis sur le sol yéménite. Face à cette offensive, Riyad a cherché à rallier un soutien international, sans que son allié américain n’ait jusque-là donné suite. Le Pakistan et la Turquie qui font partie du Pacte de la Mecque ont fait savoir à leur allié saoudien que leurs forces présentes en Arabie saoudite ne comptaient nullement prendre part à la guerre menée contre le Yémen. Même l’Egypte qui s’est invitée dans le conflit, en volant au secours de Riyad, assure que ses forces se déploient en territoire saoudien dans un cadre de défense strict.
Pour rappel, Riyad a envoyé son ministre de la Défense à Téhéran où il s’est réuni avec de hauts responsables iraniens en présence de délégations pakistanaise et turque de haut niveau. Un seul et même discours aurait été véhiculé aux responsables saoudiens pour juguler la tension : négocier avec Sanaa.

