Aucun des deux camps ne dispose de la majorité de 61 sièges nécessaires pour former un gouvernement à lui seul. Le Likoud arrive en tête des résultats avec 26 sièges, suivi du parti Yashar de Gadi Eisenkot avec 21 sièges, puis de Behayad de Yaïr Lapid et Neftali Bennett avec 12 sièges, puis les Démocrates avec 8 sièges. Les partis Yisrael Beiteinu, Judaïsme unifié de la Torah, Shas et Otzma Yehudit ont obtenu 7 sièges chacun tandis que le parti Sionisme religieux en a obtenu 6. Concernant les deux partis arabes, la Liste commune (ou Liste unifiée) qui vient en 3eme position a été créditée de 12 sièges, et Raam (Liste arabe unie) de 7 sièges.
Ces résultats placent les forces en présence face à une équation dans laquelle l’avance du Likoud ne suffit pas à garantir le maintien de B. Netanyahu à la tête du gouvernement, ni à permettre au camp de G. Eisenkot de former une alternative sans rompre les alliances existantes ou sans revenir sur certaines promesses électorales.
L’incapacité apparente des deux camps, à ce stade, à réunir un minimum de 61 députés augure d’intenses tractations dans les semaines à venir.
Dans ce contexte, l’attention se porte sur d’éventuels signes d’alliance entre le bloc de G. Eisenkot et les partis arabes, deux forces farouchement hostiles à B. Netanyahu qui, ensemble, pourraient former une majorité. Yousef Jabareen, président de la Liste unifiée, a déclaré être disposé à utiliser le poids politique de sa formation pour « ouvrir la voie au départ du gouvernement de Netanyahou, Ben-Gvir et Smotrich, et à les renvoyer chez eux ». Mais un tel partenariat est loin d’être évident, dans un pays où la minorité arabe, 20% de la population, est fortement discriminée et où l’idée de travailler avec ses représentants est inacceptable pour une partie de la majorité juive.
« La participation arabe a augmenté de façon vraiment spectaculaire, au point de transformer le paysage » politique, déclare à l’AFP Gideon Rahat, politologue à l’Université hébraïque de Jérusalem. Le chef de la gauche Yaïr Golan, membre du bloc emmené par G. Eisenkot, a été le seul à ce stade à appeler de ses vœux une telle alliance. « Nous ne devons plus accepter la division raciste de Netanyahu entre les voix juives et les voix arabes », a-t-il écrit mercredi sur X. « Nous avons une responsabilité. Et nous avons l’opportunité de former un gouvernement de changement en partenariat avec les citoyens arabes d’Israël ».
Selon les derniers résultats partiels cités, le bloc d’Eisenkot et les partis arabes totaliseraient 66 sièges, contre 54 pour celui de Benjamin Netanyahou.
Les médias israéliens ont rappelé qu’environ 600 000 bulletins à double enveloppe doivent être dépouillés, selon une estimation de la Commission électorale centrale rapportée par les médias israéliens. Leur comptage pourrait ne s’achever que vendredi. Ces votes proviennent principalement des militaires, mais aussi de détenus, de personnels médicaux et de représentants israéliens à l’étranger. Avec environ 40 000 voix nécessaires pour obtenir un siège, ils pourraient modifier les équilibres à la Knesset.

