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Guerre génocidaire d’Israël : Tsahal vise à déporter les Gazaouis

by Perspectives Med
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Guerre génocidaire d’Israël : Tsahal vise à déporter les Gazaouis

Depuis plusieurs mois, la situation dans la bande de Gaza semble évoluer vers une reconfiguration durable du territoire sous contrôle israélien. Middle East Eye rapporte le cas de Jamal Abu Sukran, déplacé à 25 reprises depuis octobre 2023 avec ses enfants, qui illustre une dynamique plus large que le simple déplacement de civils : celle d’une fragmentation progressive de l’espace palestinien. L’extension de la « ligne jaune », qui couvrirait désormais près de 70 % du territoire, traduit moins une logique temporaire de sécurité qu’une stabilisation de nouvelles zones de contrôle.

Derrière la poursuite des bombardements malgré le cessez-le-feu formel, les autorités israéliennes ont consolidé des zones dites « interdites » ou « tampons », tout en repoussant les populations vers des espaces de plus en plus restreints, notamment autour d’al-Mawasi. Cette dynamique s’accompagne d’une destruction systématique des infrastructures civiles : logements, réseaux d’eau, installations sanitaires et zones agricoles. Les effets combinés des destructions et des restrictions d’accès créent une situation où certaines zones deviennent matériellement inhabitables. Cette logique dépasse la seule conduite militaire. Elle s’inscrit dans une stratégie de reconfiguration territoriale durable, où les « lignes » (jaune, puis orange) ne sont pas seulement des repères opérationnels, mais des instruments de contrôle et de pression démographique.

La destruction des bâtiments, les restrictions de mouvement et la pression constante sur les zones résiduelles de vie participent d’une transformation profonde de la géographie urbaine de Gaza. Dans ce contexte, la question de la reconstruction apparaît secondaire face à celle de la viabilité même des espaces encore habités. La réduction des ressources en eau, la saturation des zones de refuge et l’effondrement des services publics accentuent une crise humanitaire structurelle, qui ne relève plus seulement de l’urgence, mais d’un basculement prolongé. Plusieurs experts évoquent ainsi une stratégie visant à rendre certaines portions du territoire durablement impropres à la vie civile, tout en maintenant une pression constante sur les populations déplacées. Cette approche, combinant contrôle militaire, fragmentation spatiale et dégradation des conditions de vie, redéfinit les contours du conflit au-delà des seules opérations armées.

A signaler que la France a appelé mardi à une entrée « massive, rapide et sans entrave » de l’aide humanitaire dans la bande de Gaza, tout en dénonçant l’accélération de la colonisation israélienne en Cisjordanie occupée, lors d’une intervention devant le Conseil des droits de l’homme des Nations unies à Genève.

S’exprimant lors du dialogue interactif consacré au rapport de la Commission internationale indépendante d’enquête sur le territoire palestinien occupé, la délégation française a estimé que ce document témoignait de la poursuite de « violations graves du droit international humanitaire et des droits de l’homme » et d’une dégradation continue des conditions de vie des populations civiles palestiniennes. La France a rappelé que les civils « ne doivent jamais être pris pour cibles » et a réitéré les préoccupations exprimées le 8 juin avec plusieurs États face à la situation humanitaire à Gaza.

Paris a appelé Tel-Aviv à garantir l’accès humanitaire, y compris pour les organisations non gouvernementales, estimant que l’acheminement de l’aide constituait une « urgence absolue » pour les habitants de l’enclave palestinienne. La délégation française a également souligné que les agences des Nations unies, dont l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA), ainsi que le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge et les ONG, devaient pouvoir opérer sans risque pour leur sécurité. Elle a ajouté que cette situation nécessitait également la fin des frappes et le désarmement du Hamas.

Concernant la Cisjordanie occupée, y compris Jérusalem-Est, la France a jugé préoccupantes l’accélération de la colonisation et la multiplication des déplacements forcés de Palestiniens, estimant que ces évolutions risquent de conduire à une « annexion de facto » du territoire. Paris a particulièrement pointé le projet de colonisation E1, situé entre Jérusalem-Est et la colonie de Maalé Adoumime, affirmant qu’il ne devrait pas aboutir.

La France a par ailleurs dénoncé la multiplication des attaques de colons contre des civils palestiniens et appelé Israël à protéger la population palestinienne ainsi qu’à sanctionner les auteurs de ces violences. Un an après l’« Appel de Paris », lancé en faveur d’un règlement politique du conflit, la France a enfin réaffirmé son engagement pour une paix « juste et durable » fondée sur la solution de deux États, israélien et palestinien vivant côte à côte dans la paix et la sécurité.

Baril de poudre

Alors que les pourparlers au Caire portent sur le désarmement du Hamas, Israël continue de tuer des centaines de Palestiniens en toute impunité et étend son contrôle sur la bande de Gaza malgré un prétendu cessez-le-feu. Israël persiste à exiger le désarmement du Hamas avant de faire progresser le cessez-le-feu, tout en continuant de tuer des Palestiniens à Gaza en toute impunité et en étendant son occupation au lieu de se retirer du territoire conquis pendant le génocide. Depuis le cessez-le-feu, Israël a tué près de 1000 Palestiniens à Gaza et étendu son contrôle sur la bande de Gaza de 50% à au moins 60%.

Une source sécuritaire a déclaré à Israel Hayom que « le risque de reprise des combats dans la bande de Gaza est plus élevé que la probabilité d’un désarmement effectif du Hamas par la voie diplomatique ».

« Démilitariser Gaza est devenu un objectif plus prioritaire que la fin du génocide israélien ; telle est l’absurdité de la réalité », écrit Ramona Wadi. « Alors que l’expansion coloniale, cause du génocide israélien à Gaza, est pourtant clairement exposée au grand jour, elle n’est jamais abordée par la communauté internationale. Au contraire, le Conseil pour la paix la promeut et crée les conditions qui justifient le colonialisme au lieu de le prévenir, en reprenant le même discours qu’Israël a utilisé pour détruire Gaza », ajoute-t-il.

A signaler aussi que Abdirahman Mohamed Abdullahi, président autoproclamé du Somaliland, a inauguré lundi une représentation diplomatique de la région sécessionniste à Jérusalem et signé une « déclaration stratégique de coopération » avec le Premier ministre israélien, selon des médias israéliens.

La chaîne israélienne Channel 12 a indiqué que A.M. Abdullahi avait ouvert cette mission diplomatique aux côtés de Gideon Saar, ministre israélien des Affaires étrangères, à l’occasion de sa première visite officiellement annoncée en Israël. Selon la même source, la représentation du Somaliland rejoint sept autres missions diplomatiques étrangères établies à Jérusalem, notamment celles des États-Unis, du Guatemala, du Honduras, du Kosovo, de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, du Paraguay et des Fidji.

  1. Saar a affirmé sur X avoir inauguré cette mission avec le président du Somaliland, précisant qu’il s’agissait de la huitième représentation diplomatique étrangère dans la ville et de la troisième ouverte depuis sa prise de fonctions à la tête de la diplomatie israélienne.

Par ailleurs, la chaîne israélienne Channel 15 a rapporté que B. Netanyahu et A.M.  Abdullahi avaient signé une « déclaration stratégique de coopération », sans fournir davantage de détails sur son contenu.

Le ministère palestinien des Affaires étrangères a rapidement condamné l’ouverture de cette représentation diplomatique à Jérusalem, la qualifiant de « violation flagrante du droit international et des résolutions pertinentes de la légitimité internationale ». Dans un communiqué, il a estimé que cette initiative constituait une tentative de « l’occupation israélienne et des autorités du soi-disant Somaliland de légitimer leur présence sur une terre sur laquelle elles ne disposent d’aucun droit légal ou politique ». Il a aussi souligné que toute représentation diplomatique établie à Jérusalem-Est occupée contrevient aux résolutions internationales, notamment aux résolutions 476 et 478 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui rejettent les mesures israéliennes visant à modifier le caractère et le statut de la ville et réaffirmé son rejet de la reconnaissance du Somaliland par Israël et renouvelé son soutien à la souveraineté, à l’unité et à l’intégrité territoriale de la Somalie.

Le gouvernement fédéral somalien avait lui aussi rejeté la reconnaissance du Somaliland par Israël, une décision qui avait suscité de vives critiques dans le monde arabe et musulman, où de nombreux États avaient réaffirmé leur soutien à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la Somalie. Le Somaliland a proclamé son indépendance de la Somalie en 1991. Bien qu’il dispose de ses propres institutions administratives, politiques et sécuritaires, il ne bénéficie toujours pas d’une reconnaissance internationale largement établie.

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