Selon l’agence de presse officielle Wafa, un nourrisson a également été tué par les frappes israéliennes dans la même zone. Des chasseurs israéliens ont mené une série de frappes sur la rue Al-Nafaq, qui s’étend du centre de Gaza vers ses quartiers nord-est, parallèlement à de lourds bombardements d’artillerie dans le quartier Sheikh Radwan. Un enfant palestinien a été tué par des tirs israéliens visant des maisons dans le camp de réfugiés de Bureij, dans le centre de la bande de Gaza. À Deir al-Balah, des drones israéliens ont frappé une maison, blessant plusieurs Palestiniens.
L’armée israélienne poursuit une offensive brutale sur la bande de Gaza, ayant fait plus de 64 600 morts palestiniens depuis octobre 2023. Cette campagne militaire a dévasté l’enclave, qui est confrontée à une famine. Le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), soutenu par l’ONU, a confirmé le 22 août que la famine sévissait déjà dans le nord de Gaza et averti qu’elle risquait de s’étendre tant que le blocus israélien perdure.
En novembre dernier, la Cour pénale internationale (CPI) a émis des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son ancien ministre de la Défense, Yoav Gallant, pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité à Gaza. Israël fait également face à une affaire de génocide devant la Cour internationale de Justice (CIJ) pour sa guerre contre l’enclave palestinienne.
Briser l’embargo
A signaler que la Flottille mondiale Global Sumud à destination de Gaza a changé de cap jeudi pour se diriger vers le port tunisien de Bizerte, en raison d’une mer agitée ayant perturbé son départ initialement prévu depuis Sidi Bou Saïd. Mohamed Amin Bennour, membre du comité de pilotage, a déclaré à l’agence officielle Tunis Afrique Presse (TAP) que la décision avait été prise car les conditions n’étaient pas sûres pour les petites et moyennes embarcations quittant cette localité côtière proche de Tunis. « Nous nous dirigeons vers Bizerte pour finaliser les préparatifs avant de prendre le cap de Gaza vendredi », a-t-il précisé. Nabil Chennoufi, autre organisateur, a souligné auprès d’Anadolu que ce report était exclusivement lié aux conditions météorologiques et non à des préoccupations sécuritaires, rappelant que les autorités tunisiennes avaient déjà accordé l’autorisation au convoi.
La flottille réunit environ 36 navires transportant entre 500 et 700 militants issus de plus de 40 pays. D’autres bateaux venus d’Italie et d’Espagne doivent rejoindre le convoi en cours de route, tandis qu’un navire égyptien a également obtenu le feu vert pour y participer.
Mercredi, des milliers de Tunisiens se sont rassemblés à Sidi Bou Saïd en soutien à la mission, brandissant des drapeaux palestiniens et tunisiens et scandant des slogans contre le blocus imposé par Israël à Gaza. Ce convoi est présenté comme le plus important jamais organisé, alors que les précédentes tentatives impliquaient des navires isolés interceptés par Israël en mer. Les organisateurs affirment vouloir défier le blocus et acheminer une aide humanitaire aux Palestiniens de Gaza, où la famine s’est installée sous l’effet de la fermeture totale des points de passage depuis plusieurs mois.
Extension de la barbarie
En Cisjordanie occupée, les forces israéliennes ont mené jeudi une série de raids, arrêtant des dizaines de Palestiniens, blessant un jeune homme près de Jérusalem et délivrant des ordres de démolition pour des maisons et une école dans le sud, ont rapporté des responsables locaux et des témoins. À Qubeiba, au nord-ouest d’Al-Quds, les troupes ont détenu le maire Nafez Hamouda après avoir perquisitionné son domicile, avant de le relâcher quelques heures plus tard. Son arrestation s’inscrit dans le cadre d’une campagne militaire de quatre jours dans les villages voisins, suite à une attaque par balle lundi ayant coûté la vie à six Israéliens.
Les habitants de Biddu et Qatanna ont signalé des perquisitions massives, des interrogatoires et des dommages matériels, tandis que les soldats ont contraint les commerces à fermer et renforcé les contrôles aux points de passage voisins, provoquant de lourds embouteillages. Des journalistes ont indiqué que leur matériel avait été confisqué pour empêcher la couverture des événements.
Les autorités palestiniennes ont précisé qu’un jeune homme avait été touché à la jambe près d’une barrière de séparation entre al-Ram et Beit Hanina. Des témoins ont déclaré qu’il faisait partie de travailleurs tentant de passer en Israël pour aller travailler et que les soldats avaient empêché les ambulances d’intervenir.
Dans le district nord de Jénine, des bulldozers ont détruit des cultures maraîchères et déraciné des oliviers sur des terres agricoles à Burqin. Des dizaines de colons illégaux, accompagnés de troupes israéliennes, ont également investi le site de l’ancienne colonie de Sanur, évacuée en 2005 mais récemment approuvée par le cabinet israélien pour sa réinstallation.
Plus au sud, les responsables de la région d’Hébron ont indiqué que l’armée avait distribué des avis de démolition pour cinq habitations de fortune dans le village de Khirbet Zanuta, à l’est de Yatta. Un autre ordre visait l’école secondaire al-Zuwaidin, qui accueille environ 120 élèves dans la région de Masafer Yatta.
Selon la Commission palestinienne de résistance au mur et aux colonies, Israël a procédé en août à 57 démolitions à travers la Cisjordanie, affectant 125 structures, dont 39 maisons, 52 installations agricoles et 20 moyens de subsistance. Cela sans parler des multiples exactions dans le Néguev…
Depuis le début de la guerre génocidaire d’Israël contre la bande de Gaza en octobre 2023, au moins 1 020 Palestiniens ont été tués et plus de 7 000 blessés en Cisjordanie occupée par les forces israéliennes et les colons illégaux, selon le ministère palestinien de la Santé. Dans un avis historique publié en juillet dernier, la Cour internationale de justice (CIJ) a déclaré illégale l’occupation israélienne des territoires palestiniens. Elle a exigé l’évacuation de toutes les colonies en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.
