Dimanche, l’aviation de combat israélienne a lancé un raid aérien ciblant un bâtiment résidentiel dans la ville de Nabatiyeh, parallèlement à une frappe similaire de chasseurs bombardiers sur un autre bâtiment résidentiel dans la localité de Mayfadoun. De plus, un drone de l’occupation a visé un terrain ouvert dans le village de Froun. Sur le plan des agressions terrestres et des destructions systématiques, les forces d’occupation ont dynamité des bâtiments résidentiels dans les localités de Taybeh et Haddatha, en plus d’une autre opération de dynamitage dans le village de Majdel Zoun. Dans le cadre de l’intimidation continue et des actes d’agression contre les civils, les forces d’occupation ont lancé des grenades assourdissantes à proximité des habitants dans les localités de Borj Qalaouiyeh et Baraachit. De même, les avions de l’occupation ont largué des objets suspects au-dessus des villages de Nabatiyeh al-Faouqa et Kfar Tebnit, dans le sud du pays.
Cela intervient alors que l’armée d’occupation israélienne poursuit ses agressions dans le sud du Liban, en violation de l’accord de cessez-le-feu et des dispositions du protocole d’accord d’Islamabad signé par les parties iranienne et américaine, dont le premier article stipule l’arrêt de la guerre sur tous les fronts, y compris le Liban.
Par ailleurs, l’armée israélienne a annoncé dimanche la mort d’un soldat lors de combats dans le sud du Liban, portant à 38 ses pertes dans les affrontements contre le Hezbollah depuis le 2 mars. « Un capitaine, commandant de section du 12e bataillon de la brigade Golani, a été tué et un autre soldat a été blessé lors d’une bataille dans la localité de Deir Siryan, au sud du Liban » a déclaré un porte-parole de l’armée israélienne. La mort de ce soldat intervient au surlendemain de la signature par les gouvernements israéliens et libanais d’un protocole d’accord qui s’apparente à une capitulation à l’ennemi israélien. Par ailleurs, la chaîne hébraïque Kan a diffusé une vidéo documentant le moment où des membres d’une brigade des communications de l’armée israélienne ont été touchés par des tirs d’obus de la Résistance islamique dans la région de Maroun al-Ras le 25 mars 2026. Samedi, Israel Katz, ministre israélien de la Défense, a réitéré que l’armée israélienne n’envisage pas de retrait du sud du Liban.
Par ailleurs, la chaîne hébraïque Kan a diffusé une vidéo documentant le moment où des membres d’une brigade des communications de l’armée israélienne ont été touchés par des tirs d’obus de la Résistance islamique dans la région de Maroun al-Ras le 25 mars 2026. Le journal Haaretz a rapporté, citant des sources au sein de l’armée d’occupation israélienne, que « l’armée n’a reçu jusqu’à présent aucun ordre de retrait d’aucune zone du Liban ». Il a souligné que « l’armée israélienne n’est pas positionnée à Zaoutar al-Gharbiya », tandis que « les institutions politique et militaire promeuvent le retrait de cette localité comme faisant partie du plan global de retrait ».
Dans ce contexte, la radiotélévision publique israélienne a évoqué une proposition américaine visant à former des forces libanaises pour se déployer dans les zones « démilitarisées » à la place de l’armée israélienne. De son côté, la Chaîne israélienne 12 a révélé dimanche soir que l’accord-cadre entre le Liban et Israël, publié dans son intégralité — y compris sur le site du département d’État américain —, était assorti d’une annexe sécuritaire restée classée secrète. Elle a précisé que la raison principale de la non-divulgation de son contenu était une demande expresse du gouvernement libanais. Selon la chaîne, l’accord stipule un engagement clair des deux parties, le Liban et « Israël », selon lequel aucun retrait ne sera exécutée sur la base de calendriers précis, mais plutôt en fonction de la réalisation de certaines conditions israéliennes sur le terrain. Cela signifie qu’il n’y a pas de retraits automatiques, et que tout retrait restera lié à ce qu’« Israël » qualifie de « succès sur le terrain » et d’évaluation des résultats.
De son côté, la Chaîne 14 a rapporté qu’« après la signature de l’accord avec le Liban, l’institution sécuritaire et militaire en Israël se prépare à une période de maintien au Liban pouvant s’étendre sur des années ». Cela intervient après que les États-Unis ont annoncé, vendredi, l’obtention d’un « accord-cadre » entre le Liban et « Israël », qualifié de succès par le chef du gouvernement de l’occupation, Benjamin Netanyahu, qui a souligné la poursuite de l’occupation dans le sud du Liban. Cet accord a également été salué par des ministres et des responsables israéliens, notamment par Eyal Zamir, chef d’état-major de l’armée d’occupation.
Rejet libanais
En parallèle, cette annonce a été accueillie par un large rejet et des mouvements de protestation de colère dans plusieurs régions libanaises, ainsi que par des prises de position populaires, politiques et de personnalités de premier plan ayant affirmé leur refus catégorique de cette trajectoire. Le Hezbollah a qualifié cet accord de « trahison à la souveraineté du Liban ». Face aux dérives politiques qui risquent de mener le pays dans le gouffre, Nawaf Moussaoui, responsable du Hezbollah, Nawaf Moussaoui, a fermement re-cadré Joseph Aoun, président de la République. Il l’accuse directement de chercher à provoquer une guerre civile au Liban et d’exercer des pressions sur le commandant en chef de l’armée pour le pousser à la démission. Tout en réaffirmant la puissance militaire intacte de la Résistance face à l’ennemi israélien, il a rassuré la population en assurant que le chef de l’État est bien trop faible pour enflammer le pays, et il n’y a absolument aucune raison de paniquer.
Dans une interview accordée à notre chaine Al-Manar, le cadre de la résistance a affirmé que l’occupant du palais de Baabda a récemment déclaré devant ses visiteurs que « le camp capable de déclencher une guerre civile s’est affaibli », en faisant allusion au Hezbollah. « Pour être tout à fait honnête, un tel niveau de discours est indigne d’une figure siégeant à la présidence ; c’est d’une mesquinerie affligeante. Ces propos s’apparentent à des enfantillages et de la gaminerie. Ce n’est pas une façon de faire de la politique. Si à chaque fois qu’il s’exprime ainsi, nous devions lui répondre mot pour mot, il nous faudrait aligner cent paroles pour chacune des siennes », a-t-il relevé. « Non, mon cher. Si tu penses que ce camp s’est affaibli — et il est évident à qui tu fais allusion (Hezbollah) —, tu te trompes lourdement. Il ne s’est pas affaibli du tout. Bien au contraire, sa supériorité est telle aujourd’hui qu’il continue de tenir tête à l’armée israélienne et de lui donner du fil de retordre. Ça, c’est une certitude », a-t-il ajouté tout en affirmant qu’ « en réalité, c’est toi qui cherches la guerre civile. C’est toi qui la provoques. C’est toi qui fais pression sur le commandant de l’armée pour exiger sa démission alors qu’il s’y refuse. C’est toi, et personne d’autre, qui souhaites cette guerre civile (…) Mais je tiens à rassurer les citoyens : rassurez-vous, cet homme n’a plus aucun levier entre les mains et ne peut absolument rien faire. Il est totalement incapable de déclencher une guerre civile ; il est bien trop insignifiant et trop faible pour cela. C’est pourquoi notre peuple n’a aucune raison de s’inquiéter ».
« D’ailleurs, comme l’a si bien dit le président Nabih Berri au sujet de l’accord (israélien conclu avec le pouvoir): « Qu’ils le mouillent et en boivent l’eau ! » En qualifiant cet accord de zizanie (Fitna), que dit réellement le président Berri ? Il leur lance au visage : « Votre projet est de traîner le pays vers la guerre civile’. Mais il leur rappelle aussi une vérité essentielle : ‘C’est peine perdue pour vous, car vous n’avez pas la capacité de la mener ». Voilà pourquoi il n’y a absolument aucune raison de paniquer ».
Dans un entretien accordé au quotidien libanais Al-Akhbar, N.Berri a qualifié l’accord de Washington de « diktats », affirmant qu’il est dix fois pire que l’accord du 17 mai 1983, dont le chef du mouvement Amal fut l’un des principaux leaders de la confrontation politique et populaire pour l’abroger. Il a ajouté : « Plutôt dix fois le 17 mai que cet accord. » Il a également insisté sur le refus de se laisser entraîner dans des mouvements de rue ou des réactions qui pourraient être exploitées pour plonger le pays dans l’engrenage du chaos et des affrontements internes et souligné que le plus dangereux dans cet accord n’est pas seulement son contenu politique, mais aussi les tentatives qui pourraient en découler pour raviver les divisions internes et entraîner les Libanais dans une confrontation mutuelle, ce qui sert l’occupation israélienne avant toute autre partie.
Le leader du Mouvement Amal a estimé que la confrontation de ce processus doit rester dans les cadres constitutionnels, politiques et nationaux, indiquant que les ministres du mouvement Amal « ne boycotteront aucune séance du Conseil des ministres où l’accord sera examiné, et c’est là-bas que nous ferons face et que nous exprimerons notre position », réaffirmant que « cet accord ne passera pas, et ne sera pas appliqué… de lui-même, il ne sera pas appliqué ». Et considéré que la seule opportunité réaliste offerte au Liban aujourd’hui pour arracher ses droits et contraindre Israël à un retrait total « réside dans le processus de négociation américano-iranien », jugé comme le seul cadre capable de produire des équilibres imposant à l’occupation de respecter ses engagements. Il a estimé que toute tentative de dissocier le dossier libanais de cette voie, ou de s’engager dans une négociation unilatérale avec Israël selon les conditions américaines et israéliennes, ne mènera qu’à prolonger l’occupation et à donner à l’ennemi le temps d’imposer de nouvelles réalités sur le terrain sans aucune garantie réelle pour le Liban.
Concernant les rumeurs qui circulent sur une intention de limoger le énéral Rodolph Haykal, commandant en chef de l’armée, N. Berri a affiché une position catégorique : « Que personne ne s’aventure à cette plaisanterie, et que personne ne joue avec l’armée », soulignant que l’institution militaire est « une ligne rouge et constitue l’un des piliers de la stabilité nationale ainsi que la garantie fondamentale pour la protection de la paix civile ».
Après la signature de l’accord, N.Berri avait publié un bref communiqué mettant en garde les Libanais contre les risques de discorde, affirmant : « Ô mon peuple au Liban, tout le Liban, c’est la discorde (Fitna) ! », citant les paroles de l’Imam Ali : « Soyez durant la discorde comme le jeune chameau, qui n’a pas de dos assez fort pour être monté, ni de mamelle pour être trait. ».
Ali Fadlallah, expert politique, a analysé les clauses essentielles formulées dans l’accord-cadre conclu entre les autorités libanaises et israéliennes sous la médiation américaine, vendredi 26 juin dernier. Sur son compte Facebook, il en conclut qu’«il englobe tout ce qui importe à Israël et ne tient aucunement compte des revendications libanaises. » Tout en relevant que le texte, « long de 1 966 mots, est présenté comme un cadre et non comme un accord définitif », il estime que les nombreux engagements qu’il contient suggèrent qu’il dépasse le simple cadre d’un accord-cadre. « Le mot « Liban » apparaît 31 fois, tandis que « Israël » apparaît 18 fois. Ceci met en évidence qui supporte les obligations (le Liban) et qui les dicte (Israël) », fait-il remarquer aussi.
Selon lui, la délégation libanaise a pris la décision unilatérale et importante de reconnaître officiellement Israël dans la clause un, après 78 ans de conflit, « sans concertation approfondie avec les États arabes, dont la position antérieure était d’adhérer à l’Initiative de paix arabe ». Il estime aussi qu’elle a accepté le maintien de l’occupation israélienne du Sud-Liban et de la vallée de la Bekaa occidentale dans les deux clauses deux et cinq, constatant que « le retrait a été limité par des « conditions claires » dans la clause deux, ce qui, de fait, signifie l’impossibilité d’un retrait ». Selon l’expert, l’armée libanaise a accepté la création de zones expérimentales dans de zones qui ont été inaccessibles à l’armée israélienne par la guerre dans le sud, permettant ainsi à Israël de vérifier l’absence d’armes (article 3).
En analysant l’article 4 qui stipule que les autorités libanaises pourraient solliciter un soutien extérieur, « notamment auprès des Arabes », pour le désarmement de la résistance, il considère que « cette demande laisse entrevoir la possibilité d’une intervention des forces syriennes au Liban pour combattre une faction interne ». Une menace que le président américain Donald Trump n’a cessé de brandir ouvertement et le président intérimaire Ahmad al-Charaa a rejetée.
L’accord stipule un monopole sur le droit de légitime défense, le niant au peuple libanais, déplore A. Fadlallah en lisant les articles six et sept (…) Ce qui selon lui « viole le droit international et l’Accord de Taëf ». L’expert reproche aussi à l’article neuf de l’accord d’avoir « imposé des conditions draconiennes au soutien apporté à l’armée libanaise, stipulant que l’aide sera strictement conditionnée à la réalisation d’étapes vérifiables, à une transparence totale, à des résultats tangibles et à un contrôle continu ». Il en découle d’après lui que « l’armée est ainsi placée sous contrôle américain ».
Revenant sur l’engagement accordé dans l’article 13 « à empêcher toute action en justice contre Israël, il a souligné que « ceci est sans précédent ». Ali Fadlallah en conclut qu’il ne s’agit pas d’un simple accord de sécurité. « Il englobe tout ce qui importe à Israël et ne tient aucunement compte des revendications libanaises » à savoir le retrait immédiat, la libération des prisonniers libanais dans les geôles israéliennes, le soutien inconditionnel à la reconstruction et à l’armée, l’engagement de non-agression, la restriction de la liberté de mouvement de l’armée israélienne, l’imposition de réparations à l’agresseur, etc… Cet accord représente clairement une défaite pour le gouvernement libanais, restructure le pays et place le pouvoir de décision sous contrôle israélien, déplore-t-il. Le qualifiant de « conspiration contre le peuple libanais », il prévoit que ce dernier « rejettera cette trahison, ce qui est son droit naturel, comme le dicte l’article 275 du code pénal ».

