jeudi, avril 30, 2026
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Drame palestinien : Entre mises en garde diplomatiques et barbarie israélienne

by Perspectives Med
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Drame palestinien : Entre mises en garde diplomatiques et barbarie israélienne

Évoquant les développements au Moyen-Orient, il a indiqué que la situation s’était « considérablement aggravée » ces derniers mois, avec des répercussions importantes perturbant gravement la stabilité régionale ainsi que l’économie mondiale et la sécurité énergétique. La Chine a appelé toutes les parties à « saisir la fenêtre de paix », à faire preuve de la plus grande retenue, à démontrer leur sincérité et à rester engagées en faveur d’un règlement politique, afin d’éviter de compromettre les progrès réalisés dans les négociations de cessez-le-feu et de restaurer la stabilité au Moyen-Orient et dans la région du Golfe.

Le diplomate a souligné que la situation dans les territoires palestiniens occupés continuait de se détériorer, avertissant que les fondements d’une solution à deux États risquaient d’être « complètement vidés de leur substance », tout en ajoutant que les troubles et la guerre ne constituaient « pas le destin » du peuple palestinien. Il a appelé la communauté internationale à agir avec « le plus grand sens de l’urgence » pour inverser cette « trajectoire négative » et répondre à ce qu’il a qualifié d’injustice historique subie par la Palestine.

Il a présenté trois priorités : mettre fin immédiatement aux souffrances des civils palestiniens, stopper les activités de colonisation et soutenir la solution à deux États, qu’il a qualifiée de « non négociable ». Il a indiqué que la Chine appelait toutes les parties concernées, en particulier Israël, à respecter pleinement les accords de cessez-le-feu afin de garantir une trêve globale et durable à Gaza et à remplir leurs obligations au titre du droit international humanitaire, notamment en levant tous les obstacles à l’accès humanitaire. Selon lui, Israël n’a pas mis en œuvre ses engagements au titre de l’accord de cessez-le-feu en vigueur depuis le 10 octobre 2025, notamment l’ouverture des points de passage et l’autorisation de l’entrée des quantités convenues de denrées alimentaires, d’aide humanitaire, de matériel médical et de matériaux de construction à Gaza.

Il a également affirmé que des violations se poursuivaient, notamment par des tirs d’artillerie et d’armes à feu ayant fait 818 morts et 2.301 blessés parmi les Palestiniens depuis le cessez-le-feu, selon des données du ministère de la Santé. La trêve avait été conclue après deux années de conflit à Gaza ayant débuté le 8 octobre 2023, qui a fait au moins 72.600 morts et plus de 172.400 blessés parmi les Palestiniens, ainsi que des destructions massives affectant environ 90 % des infrastructures civiles.

Le même jour, un haut responsable de l’ONU a averti que la situation dans la bande de Gaza et en Cisjordanie occupée se détériorait « progressivement », dans un contexte où les tensions régionales détournent l’attention internationale. Khaled Khiari, secrétaire général adjoint des Nations unies pour le Moyen-Orient, a déclaré devant le Conseil de sécurité que « les tensions et les hostilités qui ont bouleversé le Moyen-Orient ces dernières semaines ont détourné l’attention de la situation dans les territoires palestiniens occupés », ajoutant que « loin des projecteurs, la situation à Gaza et en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, se détériore progressivement ».

Soulignant que la quasi-totalité de la population de Gaza a été déplacée, il a indiqué qu’« environ 1,8 million de personnes, soit presque l’ensemble de la population de Gaza, vivent déplacées dans des camps de personnes déplacées internes (IDP) et dépendent de l’aide, dans un contexte d’hostilités persistantes, d’infrastructures dévastées et de risques sanitaires croissants ». S’il a relevé des améliorations limitées dans l’acheminement de l’aide, il a averti que « l’accès imprévisible, le nombre restreint de points de passage opérationnels et les restrictions sur les biens humanitaires essentiels » imposés par Israël continuaient d’entraver la réponse des Nations unies. Il a insisté sur la nécessité d’avancer d’urgence sur des plans portant « non seulement sur l’aide humanitaire, mais aussi sur le relèvement précoce et la reconstruction ». K. Khiari a également évoqué un cessez-le-feu « de plus en plus fragile », soulignant que les civils continuent de « supporter le poids des violences en cours ».

En Cisjordanie occupée, le diplomate onusien a signalé une intensification de l’expansion des colonies israéliennes, avec l’approbation par le gouvernement israélien de 34 implantations en une seule décision le 25 mars, « la plus importante de ce type à ce jour ». Il a également indiqué que les attaques contre les Palestiniens s’intensifiaient, affirmant que « des communautés entières sont désormais régulièrement confrontées à des violences meurtrières, des actes de vandalisme et de harcèlement, souvent en présence de soldats israéliens ou avec leur participation ». Il a en outre averti que l’Autorité palestinienne faisait face à « une crise budgétaire existentielle qui menace les fondements institutionnels d’un futur État palestinien indépendant », ajoutant que la situation économique en Cisjordanie « continue de se détériorer ».

« Il n’existe pas de solution militaire à ce conflit. La diplomatie est la voie vers une paix durable », a déclaré K. Khiari, estimant que la résolution du conflit israélo-palestinien « reste centrale pour parvenir à une paix durable dans la région ».

Espen Barth Eide, ministre norvégien des Affaires étrangères, a également appelé, es qualité de président du Comité de liaison ad hoc, à soutenir une autonomie économique et politique complète des Palestiniens. « Des efforts doivent être soutenus afin de permettre un redressement complet et de faire progresser les aspirations des Palestiniens », a-t-il déclaré.

Soulignant que l’économie palestinienne est « fortement contrainte », il a indiqué que cela était dû notamment aux restrictions d’accès et de circulation imposées par Israël, aux difficultés budgétaires, au contrôle limité des ressources naturelles et à l’affaiblissement du secteur privé. Il a enfin exprimé la « profonde inquiétude » des membres du comité face aux « risques croissants d’effondrement systémique des institutions palestiniennes et de leur économie », estimant que cette situation « compromet également la voie vers l’autodétermination et la création d’un État indépendant ».

Auparavant, l’Organisation mondiale de la santé avait annoncé que plus de 17 000 cas d’infections liées aux rongeurs et aux parasites externes ont été recensés parmi les Palestiniens déplacés dans la bande de Gaza depuis le début de l’année. Les déchets sont partout et les Gazaouis concentrés dans 40% de l’enclave sont obligés de vivre dans les dépotoirs. Selon l’OMS, 80 % de personnes déplacées souffrent d’affections cutanées telles que la gale, les poux et les punaises de lit, dans un contexte de détérioration des conditions sanitaires et humanitaires due à la guerre génocidaire menée par l’occupant depuis 2023. Dans la nuit, les rongeurs rentrent dans les tentes et mordent les gens notamment des enfants.

 

On estime que l’accumulation des déchets est désormais entre 700 000 à 800 000 tonnes. Sachant que plus de deux millions de Palestiniens vivant dans la bande produisent environ 2 000 tonnes de déchets par jour.

Les municipalités sont dans l’incapacité de transporter ces déchets vers les principales décharges (comme Juhr ad-Dik) faute de carburant et de matériel, et en raison des restrictions israéliennes qui interdisent l’accès à ces décharges. Cette situation a entraîné la propagation de maladies, d’odeurs nauséabondes et d’insectes, créant un environnement contaminé pour la population déplacée.

Les médias palestiniens rapportent que les gens dans l’enclave occupée vivent pratiquement dans les dépotoirs. Selon l’OMS, « les conditions désespérées et dangereuses à Gaza continuent d’entraver les efforts de redressement », notant des taux d’infection élevés parmi les familles à un moment où le secteur de la santé manque de fournitures et d’outils nécessaires pour répondre. Elle estime les dégâts causés au seul secteur de la santé à environ 1,4 milliard de dollars, expliquant que plus de 1 800 établissements de santé avaient été partiellement ou totalement détruits.

Malgré l’accord de cessez-le-feu en vigueur depuis octobre 2025, les conditions de vie et sanitaires continuent de se détériorer en raison du non-respect par Israël de ses obligations, notamment l’ouverture des points de passage et l’autorisation de l’entrée des quantités convenues de nourriture, de secours, de matériel médical et d’abris.

Sur le long terme, ces décharges accroissent le risque de contamination des nappes phréatiques par des lixiviats toxiques, principale source d’eau. Ces conditions désastreuses s’ajoutent aux raids meurtriers incessants menés par l’armée d’occupation israélienne.

Dimanche, 3 Palestiniens ont été tués, lors de frappes aériennes israéliennes : 2 d’entre eux se trouvaient près du rond-point de Koweït, et le troisième près de la mosquée Al-Saqa, dans le quartier d’Al-Maghraqa, au sud de la ville de Gaza. Samedi, le ministère de la Santé à Gaza a rendu compte de 13 martyrs en 24 heures et 32 blessés.

Hadja Lahbib, commissaire européenne à l’Égalité et à la gestion des crises, a affirmé qu’Israël avait l’obligation légale, en vertu du droit international humanitaire, de prévenir et d’enquêter sur les violations présumées visant des Palestiniens en Cisjordanie occupée. « En Cisjordanie, les violences sexuelles commises par des colons israéliens sont un facteur clé de déplacement », a-t-elle écrit mardi sur le réseau social X.

S’appuyant sur des données disponibles, elle a indiqué que plus de 70 % des ménages palestiniens déplacés en Cisjordanie ont déclaré que les menaces visant les femmes et les enfants avaient été un facteur déterminant dans leur décision de partir. « Israël a l’obligation de prévenir et d’enquêter sur ces violations au regard du droit international humanitaire », a-t-elle insisté.

En Cisjordanie, les attaques menées par des colons israéliens sont en hausse, incluant des incursions dans des villages et des actes de vandalisme, les Palestiniens accusant l’armée israélienne de fournir une protection à ces actions. Les Nations unies considèrent les colonies israéliennes dans les territoires palestiniens comme illégales et appellent régulièrement à l’arrêt de leur expansion en Cisjordanie occupée.

Environ 750 000 colons israéliens vivent dans 141 colonies et 224 avant-postes en Cisjordanie, dont environ 250 000 à Jérusalem-Est, que l’ONU considère comme faisant partie des territoires palestiniens occupés.

Depuis octobre 2023, les attaques de l’armée israélienne et de colons en Cisjordanie ont fait au moins 1 154 morts palestiniens, blessé environ 11 750 autres personnes et conduit à près de 22 000 arrestations, selon des données officielles palestiniennes. Ces violations incluent des destructions de biens, des incendies de maisons, des déplacements forcés et l’expansion d’activités de colonisation, les Palestiniens estimant que ces politiques ouvrent la voie à une annexion de certaines parties de la Cisjordanie par Israël.

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