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Drame migratoire Melilla/Nador : Le dossier n’en finit pas de rebondir

La Commission de l'intérieur au Parlement espagnol a accueilli, vendredi, une réunion consacrée au visionnage des images des événements du drame migratoire survenu, le 24 juin dernier, à la frontière entre le Maroc et Melilla. Des images enregistrées, du côté espagnol, par des caméras fixes, des drones et un hélicoptère, confirment la présence marocaine dans le Préside occupé.
Le dossier n’en finit pas de rebondir

Les députés qui ont visionné ces images n’ont pas pu vérifier s’il y a eu des morts sur le territoire espagnol lors des événements, qui se sont soldés par au moins 23 morts de ressortissants subsahariens, rapporte la presse ibérique. Les élus espagnols ont toutefois pu vérifier que les migrants avaient atteint le côté espagnol et que des membres des forces de sécurité marocaines avaient également agi sur le territoire espagnol. Ils ont également regretté qu’il n’y ait pas eu de soins de santé adéquats pour les migrants blessés.

Le visionnage précède une comparution de Fernando Grande-Marlaska, ministre espagnol de l’Intérieur, ce mercredi en séance plénière du Congrès pour éclaircir les députés sur ces événements.

Si les élus du Parti populaire (PP) ont laissé la porte ouverte à la constitution d’une commission d’enquête au Congrès sur ce qui s’est passé, les représentants  d’Unidas Podemos ont appelé à un nouveau protocole et des changements juridiques pour les cas où les migrants atteignent les territoires espagnols, alors que les élus de EH Bildu ont dénoncé l’absence de premiers soins pour les blessés de ces événements tragiques.

Pour sa part, le ministre espagnol de l’Intérieur a défendu que les enregistrements montrent qu’il n’y a pas eu de morts sur le territoire espagnol. Dans des déclarations depuis Bruxelles, F. Grande Marlaska a insisté sur le fait que les enregistrements de sécurité montrent une «action proportionnée» de la Garde civile à Melilla pour faire face à «l’attaque violente contre la frontière». 

 

Et les mineurs de Sebta ?

Sur un autre registre, il y a lieu de signaler que l’affaire des 55 mineurs non accompagnés renvoyés au Maroc depuis le Préside de Sebta n’a pas encore livré tous ses secrets. Ainsi, le chef du tribunal d’instruction numéro 2 du Préside a accepté de poursuivre, pour un crime présumé de prévarication, Salvadora Mateos, ancienne déléguée du gouvernement, et Mabel Deu, vice-présidente de l’exécutif local (PP).

Pour la justice, les deux responsables ont «ignoré en août 2021 et de manière grossière de se conformer aux dispositions de la loi sur l’immigration». Les 55 mineurs étaient entrés en Espagne lors de la crise frontalière des 17 et 18 mai 2021, rappelle la presse espagnole.

Le juge a donné 10 jours au Parquet et aux inculpés pour formuler un réquisitoire demandant l’ouverture d’un procès ou le non-lieu. Selon l’ordonnance communiquée vendredi par la juge aux parties, l’ancienne déléguée était administrativement compétente pour mener à bien les démarches relatives au rapatriement des mineurs et «a totalement renoncé à la procédure établie, profitant de la disponibilité que les autorités marocaines montraient exceptionnellement pour recevoir» au moins une partie des mineurs. La juge estime que la procédure de rapatriement n’a pas été la bonne, entre autres parce qu’elle a fait abstraction de la «décision individuelle obligatoire conforme à la légalité nationale et internationale de protection des droits des mineurs».

Pour sa part, M. Deu «était d’accord» avec la déléguée du gouvernement «de procéder à la remise au Maroc des mineurs sous sa garde, en faisant abstraction, en connaissance de cause, de toute procédure», poursuit-on.

Le comportement de S. Mateos et de la vice-présidente du gouvernement de Sebta a déjà été réprouvé en première et deuxième instance par la voie du contentieux administratif.  L’ex-déléguée du gouvernement au Préside, récemment démise de ses fonctions, avait pointé la responsabilité du ministère espagnol de l’Intérieur dans cette affaire. Cela remonte au 5 octobre dernier, lors d’une audience.

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