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Disparités territoriales : Les chiffres d’A. Laftit n’émoussent pas la colère des marginalisés

by Perspectives Med
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Disparités territoriales : Les chiffres d’A. Laftit n’émoussent pas la colère des marginalisés

Pour accélérer la transition vers une approche de développement basée sur l’équité territoriale, A. Laftit a mis en avant une nouvelle génération de programmes de développement territorial intégrés. Ces plans reposent sur des diagnostics locaux précis afin d’orienter prioritairement les investissements vers les zones les moins équipées.

Pour amorcer ce chantier d’envergure, le responsable a révélé des chiffres structurants : « la loi de finances de l’année 2026 a alloué une enveloppe budgétaire initiale de 20 milliards de dirhams pour lancer ces programmes, tandis que le coût total estimé pour leur mise en œuvre sur huit ans s’élève à près de 210 milliards de dirhams (MMDH) ».  En parallèle, il a rappelé que près de 100 MMDH sont déjà programmés dans le cadre des Programmes de développement régional (PDR) pour le mandat 2022-2027, afin de financer les projets relevant des compétences des collectivités territoriales, des préfectures et des provinces.

Faisant le bilan du Programme de réduction des disparités spatiales et sociales en milieu rural (2017-2023), dont l’enveloppe globale s’est élevée à près de 50 MMDH, le ministre a détaillé la répartition des financements effectivement engagés. Le secteur de la construction et de la mise à niveau des routes et des pistes rurales s’est taillé la part du lion, captant à lui seul 35,4 MMDH, soit 71% du budget total investi pour le désenclavement des populations. Le reste des investissements s’est réparti de manière transversale entre les autres services de base, l’approvisionnement en eau potable ayant bénéficié de 6 milliards de dirhams (12%), suivi par la mise à niveau du secteur de l’éducation avec 5 MMDH (10%). Les crédits alloués à l’électrification rurale ont atteint 2 milliards (4%), tandis que le secteur de la santé a fermé la marche avec une enveloppe de 1,4 MMDH, représentant 3% des ressources globales.

En tout cas, en dépit de ces investissements, les habitants de nombre de localités rurales et/ou montagneuses n’ont pas hésité à marcher et donner de la voix. Le dernier exemple encore vivace est celui d’Anefgou lorsque les villageois ont dénoncé le manque de réactivité des autorités face à leurs doléances. Ces dernières restent terre-à-terre puisqu’il n’est question que de voies de communication à construire pour couper court avec l’isolement et la marginalisation et d’extension du réseau télécoms. Il y a quelques mois de cela, les villageois d’Aït Bouguemaz avaient mis en vedette pratiquement les mêmes doléances.

A. Laftit a annoncé, dans sa réponse, un tournant majeur dans la gestion opérationnelle des projets régionaux. « Il sera procédé à la création de sociétés anonymes régionales, dont les conseils d’administration seront présidés par les présidents de régions, pour remplacer les Agences régionales d’exécution des projets (AREP) », a-t-il dit.

Cette mutation institutionnelle vise à concilier les exigences de gouvernance et de contrôle public avec la flexibilité de gestion et l’efficacité de la performance sur le terrain. L’objectif ultime étant l’intégration de critères objectifs d’équité, basés sur le niveau d’équipement et la précarité sociale, pour garantir un développement homogène entre les grands pôles urbains et les zones rurales périphériques.

Qui vivra verra !

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