mardi, mai 12, 2026
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Dérèglement climatique : Les océans chauffent…

by Perspectives Med
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Dérèglement climatique : Les océans chauffent…

Les températures moyennes à la surface des mers, hors régions polaires, ont frôlé en avril le record absolu de 2024, selon le bilan mensuel de Copernicus. Et « ce n’est qu’une question de jours avant que nous ne retrouvions des températures record à la surface des mers » pour un mois de mai, a déclaré à l’AFP Samantha Burgess, responsable stratégique pour le climat au Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme, qui inclut Copernicus. Le mois de mars est généralement le plus chaud en moyenne mondiale dans les océans.

Des vagues de chaleur marines record traversent une vaste région s’étendant du centre du Pacifique équatorial à la côte ouest des États-Unis et du Mexique. El Nino est l’une des phases d’un cycle naturel dans l’océan Pacifique, qui démarre habituellement au printemps, et affecte progressivement dans les mois suivants les températures, les vents et le climat dans le reste du globe. Pour certaines régions, cela se traduit par des sécheresses, comme en Indonésie. D’autres, comme le Pérou, devront se préparer à des pluies diluviennes. Le dernier épisode date de 2023-2024.

L’Organisation météorologique mondiale (OIM) a prévenu, même si des incertitudes demeurent, que le retour d’El Niño était de plus en plus probable de mai à juillet, tandis que s’estompe le phénomène inverse La Niña. Ces prévisions sont fondées sur les températures observées dans une zone du Pacifique.

Le problème, dans le monde actuel, est qu’El Niño, s’il surgit naturellement et régulièrement, s’ajoute désormais au réchauffement cette fois causé par les activités humaines, par la combustion du pétrole, du charbon et du gaz qui relâche du dioxyde de carbone, créant un effet de serre. Certaines agences météorologiques prévoient que le prochain El Niño sera plus puissant qu’il y a trois ans, rivalisant peut-être avec le « super El Niño » de 1997-1998.

L’effet sur la température moyenne du globe est généralement observé l’année suivant son apparition, ce qui fait craindre une année 2027 très chaude. Zeke Hausfather, climatologue à l’institut indépendant Berkeley Earth, projette ainsi aujourd’hui que 2027 battra le record annuel de 2024.

Burgess estime qu’il est encore trop tôt pour prédire avec certitude l’intensité de l’événement, car les prévisions établies au printemps ne sont pas encore très fiables. Mais elle convient elle aussi que, quelle que soit son intensité, cet El Niño ne passera pas inaperçu, jugeant « probable que 2027 dépasse 2024 et ne devienne l’année la plus chaude jamais enregistrée.

A rappeler que la banquise de l’Arctique avait atteint l’hiver dernier sa plus faible superficie jamais enregistrée. Cette immense plaque de glace flottante qui recouvre l’océan autour du pôle Nord fond naturellement en été et se reforme habituellement en hiver. Mais en raison du changement climatique de moins en moins de glace se forme en hiver. Avec des conséquences en cascades.

Cette année, en 2026, la banquise a cessé de croître le 15 mars, une semaine avant l’an dernier. A cette date, la glace couvrait une surface de 14,31 millions de kilomètres carrés, soit le niveau le plus bas jamais observé en 48 ans d’observations satellitaires.

Au même moment, des températures battaient des records de chaleur pour un mois de mars dans de nombreux pays comme aux États-Unis, au Mexique, en Australie. Or, l’Arctique se réchauffe quatre fois plus vite que le reste de la planète.  La taille de sa banquise à la sortie de l’hiver est pourtant cruciale : pour les êtres vivants qui en dépendent, comme les ours polaires mais aussi, les phoques ou encore le krill qui ont besoin de la banquise pour se reproduire et se nourrir. Sur le climat de notre planète aussi. Parce que, sans glace pour réfléchir les rayons du soleil en été, une plus grande quantité d’énergie thermique est absorbée par les océans. Cela favorise le réchauffement de l’eau. Et une eau plus chaude se dilate, ce qui contribue à l’élévation du niveau de la mer.

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