jeudi, avril 30, 2026
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Déchéance de nationalité au Bahreïn : Manama use de l’arme de « la traitrise » contre ses opposants

by Perspectives Med
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Déchéance de nationalité au Bahreïn : Manama use de l’arme de « la traitrise » contre ses opposants

Cette décision a été condamnée par l’organisation de l’opposition al-Wefaq, indiquant dans un communiqué que cette décision s’inscrit dans le cadre d’une campagne de répression croissante et d’accusations de trahison, coïncidant avec la guerre contre l’Iran. Des érudits religieux, des chanteurs et des personnalités professionnelles et sociales, hommes et femmes de tous âges, y compris des enfants, font partie de ces personnes, indique l’organisation. Fatima al-Ansari, propriétaire de la société Fatima Designer Company et lauréate du prix de la femme d’affaires bahreïnie de l’année fait partie de ces personnes déchues de leur nationalité.

La révocation de la citoyenneté des enfants, nourrissons et des femmes est motivée par le prétexte de leur dépendance envers leurs pères, ce qui revient à supprimer des familles entières du registre civil, fait remarquer al-Wafaq selon laquelle une mesure «équivaut à l’exécution morale et civile de familles entières».

Cette mesure intervient quelques jours après les ordres émis par le roi de Bahreïn visant à examiner « qui mérite la citoyenneté » et à entamer immédiatement des procédures contre la « trahison », précise al-Wefaq soulignant que ces décisions ont été prises sans enquête sur les personnes concernées et qu’elles sortent du cadre judiciaire, reflétant ainsi le comportement d’un « État totalitaire ».

Al-Wefaq estime que ces décisions sont indissociables du contexte de la crise politique que connaît le pays depuis une quinzaine d’années, considérant que le régime « agit de manière puérile et imprudente, sans aucun respect du droit, et vise à subjuguer les citoyens par la force, ce qui a engendré une crise existentielle que les Bahreïnis vivent au quotidien ».

Selon l’ancien parlementaire bahreïni Jawad Fairooz, qui avait été déchu de sa nationalité, cette mesure reflète « une profonde crise des droits de l’homme à Bahreïn, résultant de l’absence de consensus national, de l’absence de stabilité politique, du manque de contrôle populaire et de l’absence d’un pouvoir judiciaire indépendant et impartial, ce qui a engendré un ciblage systématique de la majorité opprimée des citoyens bahreïnis ».

Ces dernières mesures interviennent à un moment où les rapports internationaux font état d’une escalade de la répression menée par les autorités contre l’opposition, coïncidant avec une recrudescence des troubles internes depuis le début de la guerre américano-israélienne contre l’Iran le 28 février. Selon les organisations de défense des droits humains, cette phase est « la plus grave depuis des années », les centres de surveillance ayant enregistré l’arrestation de dizaines de personnes depuis le début de la guerre, dont certaines ont été accusées de « haute trahison », un crime passible de la peine de mort, pour avoir publié des photos d’attaques iraniennes visant des bases américaines ou pour avoir participé à des manifestations pacifiques en soutien au droit de l’Iran de riposter à ces attaques. Le cas du citoyen Mohammed Al-Mousawi (32 ans) s’est distingué comme l’un des exemples les plus brutaux de cette campagne, sa famille ayant annoncé avoir reçu son corps d’un hôpital militaire en mars dernier, portant des signes de torture, de chocs électriques et de brûlures. La victime qui a soutenu l’Iran dans sa riposte à la guerre américano-israélienne menée contre elle, en bombardant entre autres les bases américaines sur le sol bahreïni, a été arrêtée pour « espionnage au profit de l’Iran », accusation que sa famille a catégoriquement niée.

Les observateurs des droits de l’homme estiment que, par ces mesures, les autorités cherchent à faire taire toutes les voix qui ne racontent pas l’histoire de la guerre comme elles le souhaitent, ou qui s’opposent à leurs politiques dans les circonstances actuelles.

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