mardi, mai 12, 2026
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Dans sa confrontation avec les USA : Téhéran sort vainqueur…

by Perspectives Med
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Dans sa confrontation avec les USA : Téhéran sort vainqueur…

Cette opération, lancée lundi après-midi pour dégager les navires bloqués, n’aura duré que 48 heures. Auparavant, Abbas Araghchi, ministre iranien des Affaires étrangères, a qualifié de « projet de l’impasse » cette opération qui s’est soldée par un échec. Dans ce contexte, des sources informées ont rapporté à l’agence iranienne Fars que les deux navires de commerce américains — dont Washington affirmait mardi qu’ils avaient franchi le détroit — sont toujours bloqués dans une zone rocheuse. Les sources précisent que « les eaux proches des côtes omanaises sont rocailleuses et les navires ne peuvent ni sortir de cette zone, ni y revenir ».

A signaler que le chef de la diplomatie iranienne était attendu à Pékin, après avoir fait un crochet quelques jours plus tôt par Moscou. Ces concertations entre partenaires des BRICS, Russes comme Chinois ayant dénoncé l’agression américano-israélienne contre l’Iran, devraient certainement servir de base à une atténuation des tensions dans la région du Moyen-Orient à la veille d’un déplacement très attendu de D. Trump en Chine.

Main basse sur Ormuz

En attendant, l’Iran a officiellement lancé un nouveau mécanisme de régulation du trafic maritime dans le détroit stratégique d’Ormuz. Dans le cadre de ce nouveau système, tous les navires souhaitant transiter par le détroit recevront un courriel de l’adresse officielle info@PGSA.ir détaillant les règles et réglementations de passage. Les navires sont tenus d’adapter leurs opérations avec ces limites et d’obtenir une autorisation de transit avant de traverser le détroit d’Ormuz, l’un des points de passage maritimes les plus critiques au monde pour le transport du pétrole.

Cette initiative, qualifiée de système de gouvernance souveraine, est désormais opérationnelle dans le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % du pétrole commercialisé à l’échelle internationale.

D’ailleurs, les forces armées iraniennes ont placé le détroit d’Ormuz sous un contrôle strict, bloquant tous les navires liés aux États-Unis et à Israël suite au lancement de leur guerre d’agression contre la République islamique le 28 février. Téhéran avait manifesté sa volonté de rouvrir le détroit après que les États-Unis et Israël eurent accepté d’inclure le Liban dans un accord de cessez-le-feu négocié par le Pakistan, qui avait contribué à stopper l’agression contre l’Iran. Cependant, les autorités iraniennes ont de nouveau fermé le détroit face aux violations répétées du cessez-le-feu par Washington et Tel-Aviv.

Un projet de loi actuellement examiné par le Parlement iranien imposerait une interdiction totale de passage à tous les navires associés à Israël, tandis que les navires liés aux États-Unis et à d’autres pays hostiles seraient soumis à de sévères restrictions. Ce texte législatif instaure également un système de péage pour le passage des navires non hostiles.

Les tensions se sont fortement exacerbées ces derniers jours après le lancement, dimanche, d’une opération américaine visant à briser le contrôle iranien sur le détroit. Les forces iraniennes ont averti à plusieurs reprises les navires de guerre américains de ne pas s’approcher de cette voie maritime stratégique. Lundi, la marine iranienne a tiré des missiles et des drones à proximité de destroyers américains qui ont ignoré les sommations répétées de se tenir à l’écart du détroit. Les autorités iraniennes ont réaffirmé leur souveraineté sur ce point de passage stratégique, avertissant que toute tentative de contester leur contrôle serait réprimée par la force.

Sur un autre plan, force est de souligner que la diplomatie iranienne a condamné mercredi « les actions subversives des dirigeants d’Abou Dhabi », et nié ses accusations d’avoir tiré des missiles et des drones sur les Emirats arabes unis. Le ministère a accusé les EAU de « collusion avec des parties hostiles à la République islamique en continuant d’héberger leurs bases et équipements militaires ». Il a mis en garde contre les graves répercussions de cette ligne de conduite sur la sécurité et la stabilité de la région, notant que les deux derniers jours ont été marqués par une escalade des actions illégales et provocatrices de l’armée américaine dans la région, parallèlement à des mouvements navals présentés sous une couverture humanitaire trompeuse. Le ministère a ajouté que les responsables d’Abu Dhabi, dans ce contexte, ont adopté un comportement qui contredit le principe de bon voisinage et viole les fondements de la Charte des Nations Unies, par leur coopération ouverte avec la partie américaine provocatrices, ce qui menace la sécurité et les intérêts nationaux iraniens. Téhéran a souligné que, malgré cela, elle a fait preuve de la plus grande retenue par souci de responsabilité et par respect pour l’intérêt collectif de la région et de la nation islamique.

Le ministère iranien des AE a également rejeté les fausses allégations d’Abou Dhabi concernant le lancement de missiles et de drones depuis l’Iran vers les Émirats arabes unis, soulignant que les mesures défensives des forces armées iraniennes se limitaient à faire face aux menaces américaines. Comme il a souligné l’attachement de l’Iran aux principes de la Charte des Nations Unies et du droit international, ainsi qu’au principe de bon voisinage dans ses relations avec les pays de la région, exigeant qu’Abou Dhabi cesse de « collaborer avec des parties hostiles dans des pratiques qui violent le droit international ».

L’Iran a réaffirmé qu’il n’hésiterait pas à prendre toutes les mesures qu’il jugerait appropriées pour défendre ses intérêts et sa sécurité nationale.

Cette déclaration intervient après que le ministère de la Défense des Émirats arabes unis a affirmé mercredi, et ces derniers jours, que « les défenses aériennes du pays ont fait face à une attaque de missiles et de drones en provenance d’Iran ».

Le QG Khatam al-Anbiya avait assuré que si cela s’était produit, cela aurait été annoncé fermement et franchement, qualifiant le rapport du ministère de la Défense des Émirats arabes unis de « complètement faux et totalement infondé ». En ripostant a l’agression américano-israélienne, lancée le 28 février, l’Iran avait déjà attaqué les bases et les intérêts américains dans les pays du Golfe, notamment aux Émirats arabes unis.

L’US Army sous tension

A noter aussi que la revue militaire américaine le Military Times a rapporté que « la fermeture du détroit d’Ormuz a aggravé les pénuries d’énergie auxquelles sont confrontées les forces américaines déployées en Asie du Sud-Est ».

Le magazinea expliqué que « les efforts américains pour retrouver les dépouilles des soldats américains portés disparus au combat lors des guerres secrètes menées par Washington dans la région sont affectés par la réduction des ressources énergétiques au Laos ».

Citant un responsable de la Defense Acquisition Program Administration (DAPA), chargée de déterminer le sort des militaires américains portés disparus ou capturés, la revue a indiqué qu’« en raison des graves conséquences de la pénurie de carburant au Laos, la DAPA a dû annuler le déploiement de quatre équipes de récupération prévu entre le 27 avril et le 10 juin. »

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