Visite officielle de Donald Trump à Pékin : Les engagements de Xi Jinping sur l’Iran
Ce jeudi 14 mai, L’agence iranienne Tasnim a annoncé la veille jeudi que les forces navales de l’Iran avaient autorisé depuis la veille le passage de « plusieurs navires » chinois dans le détroit d’Ormuz. Une démarche qui intervient à l’heure où Donald Trump entamait sa visite officielle en Chine. Ce dernier la dit jeudi que son homologue chinois lui avait assuré que Pékin « ne fournirait pas de matériel militaire » à Téhéran. Lors d’une interview à la chaîne Fox News, D. Trump a aussi déclaré que Xi Jinping souhaitait « voir le détroit d’Ormuz ouvert » : « Il a dit : « Si je peux être d’une quelconque aide, je serais ravi d’aider ». »
D. Trump a déclaré que sa patience envers l’Iran « touche à sa fin », affirmant s’être accordé avec le président chinois Xi Jinping sur deux points majeurs : empêcher Téhéran de se doter de l’arme nucléaire et garantir la réouverture du détroit d’Ormuz. Cette position intervient au terme d’échanges à Pékin centrés sur la guerre en Iran, Taïwan et les relations commerciales.
Selon Washington, les deux dirigeants auraient insisté sur la nécessité de maintenir le détroit ouvert à la navigation internationale, alors que les tensions y ont fortement perturbé les flux énergétiques mondiaux. L’Iran, proche partenaire de la Chine et principal fournisseur de pétrole de Pékin, a restreint le passage maritime en réaction aux attaques américano-israéliennes.
D. Trump a affirmé que son hôte chinois s’était engagé à ne pas fournir d’équipement militaire à l’Iran et à soutenir une désescalade, tout en évoquant un possible renforcement des importations chinoises de pétrole américain afin de réduire la dépendance au détroit. Pékin, de son côté, a réitéré son opposition à la militarisation de la région sans commenter directement les discussions. Les États-Unis ont par ailleurs suspendu certaines opérations offensives tout en maintenant une pression sur les ports iraniens. Les négociations diplomatiques sont toutefois à l’arrêt, Téhéran refusant toujours de renoncer à son programme nucléaire ou à son stock d’uranium enrichi, malgré les exigences occidentales. Parallèlement, des incidents maritimes continuent d’alimenter les tensions dans le golfe d’Oman, avec des frappes contre des navires commerciaux et des accusations visant l’Iran.
Sécurité des routes maritimes mondiales et enjeux électoraux aux États-Unis
La sécurité de la principale route mondiale du pétrole reste ainsi au cœur des inquiétudes internationales. D. Trump a également estimé que la guerre avait déjà « gravement affaibli » la capacité de nuisance militaire de l’Iran, tandis que Washington cherche à obtenir un soutien chinois pour mettre fin à un conflit devenu politiquement sensible à l’approche des élections américaines.
Un mois après la mise en œuvre de la décision américaine, des dizaines de navires liés à des ports iraniens ou figurant sur des listes de sanctions continuaient de traverser le détroit. Une analyse des données menée par l’unité Open Source d’Al Jazeera a révélé que 87 navires liés à l’Iran ont traversé le détroit pendant la période de blocus imposé à partir du 13 avril et jusqu’au 13 mai, dont 16 navires figurant sur les listes de sanctions américaines.
D’après cette analyse, 34 navires supplémentaires, inscrits sur les listes de sanctions mais non liés à des ports iraniens, ont également traversé le détroit, portant le nombre total de navires en infraction à environ 120 sur les 225 navires qui l’ont franchi pendant cette période, ce qui équivaut à environ 53 % du trafic de transit total. Les données ont en revanche montré que 13 navires, exploités par des compagnies basées en Chine, en Inde, au Pakistan, en Turquie et au Qatar, n’ont pas réussi à traverser le détroit au cours de la même période.
L’analyse s’est appuyée sur la surveillance des navires qui ont activé le système d’identification automatique (AIS) lors de la traversée du détroit, alors que l’unité Open Source avait précédemment observé que certains navires désactivaient leurs dispositifs de suivi avant la traversée, ce qui signifie que les chiffres réels pourraient être beaucoup plus élevés que les données annoncées.
