Mohammad Baqer Ghalibaf, a réaffirmé « qu’il n’y a aucune confiance envers les Américains », notant que « l’Iran a prouvé qu’il ne succombe pas aux menaces, une position que le peuple iranien a démontrée au cours des 47 dernières années dans divers domaines ». Il a noté que « gagner la confiance de l’Iran est difficile et prendra du temps en raison des promesses non tenues », ajoutant que « l’autre partie doit décider si elle est prête à cela, et qu’aucun signe sérieux d’une telle disposition n’a été observé lors de cette série de pourparlers ».
M.B. Ghalibaf a expliqué que « le soutien populaire a grandement contribué à la défense des droits du peuple iranien et a joué un rôle déterminant pour amener l’autre partie à mieux comprendre la révolution iranienne, affirmant en avoir été témoin personnellement ». Et noté que « la délégation iranienne s’était engagée dans des pourparlers intensifs, sérieux et exigeants et que, grâce à l’expertise et au travail d’équipe, elle a pu formuler d’excellentes initiatives témoignant de la bonne foi de l’Iran et permettant des progrès dans les négociations ».
Il a exprimé sa gratitude au peuple iranien « pour son soutien à l’équipe de négociation, manifesté par ses prières, sa réponse à l’appel des dirigeants et sa présence sur le terrain ». Il a également félicité « les membres de la délégation iranienne pour leurs efforts lors des dialogues qui ont duré plus de 20 heures » et a salué « le rôle des journalistes et des analystes dans la lutte contre les opérations psychologiques de l’ennemi et la diffusion de la voix du peuple iranien au monde entier ».
Verrouillage d’Ormuz
Sur le terrain des opérations, la marine du Corps des Gardiens de la révolution islamique a affirmé dimanche que, « contrairement aux allégations mensongères de certains responsables ennemis, le détroit d’Ormuz est ouvert et fait l’objet d’un contrôle et d’une gestion efficaces, dans le respect de réglementations spécifiques garantissant le passage en toute sécurité des navires non militaires ». Toutefois, dans son communiqué n° 59, le CGRI a souligné que « toute tentative de navire militaire, sous quelque prétexte ou justification que ce soit, d’approcher le détroit d’Ormuz sera considérée comme une violation du cessez-le-feu et sera traitée avec fermeté et détermination ». Précédemment, il a averti, dans un communiqué, que « toute tentative de traversée du détroit d’Ormuz par des navires de guerre entraînerait une riposte ferme », soulignant que « seuls les navires non militaires seraient autorisés à le franchir, conformément à une réglementation spécifique ».
Le commandement naval des Gardiens de la révolution a également diffusé des images prises par drone montrant la situation actuelle dans le détroit d’Ormuz pour affirmer que « tous les mouvements sont sous le contrôle total des forces armées », prévenant que « toute erreur d’appréciation entraînerait l’ennemi dans un bourbier mortel au sein du détroit ».
Donald Trump avait annoncé le même jour un blocus naval américain du détroit d’Ormuz, en réponse au refus « intransigeant » de l’Iran d’abandonner ses ambitions nucléaires lors des négociations à Islamabad ce week-end. Tout en estimant que les discussions au Pakistan s’étaient « bien » passées et que « la plupart des points avaient fait l’objet d’un accord », le président américain a affirmé sur sa plateforme Truth Social que Téhéran avait refusé tout compromis sur la question nucléaire. « À compter de maintenant, la marine américaine, la meilleure au monde, entamera le processus de BLOCUS de tous les navires tentant d’entrer ou de sortir du détroit d’Ormuz », a-t-il écrit à propos de la voie maritime stratégique par laquelle transite un cinquième du pétrole brut mondial et située entre l’Iran et le Sultanat d’Oman.
Dans deux longs messages, rapporte l’AFP, le président américain a averti : « Tout Iranien qui nous tire dessus, ou qui tire sur des navires pacifiques, sera PULVÉRISÉ ! », laissant entendre que « d’autres pays » seraient impliqués dans l’effort de blocus, sans toutefois les nommer. Il a aussi assuré avoir donné pour instruction à la marine américaine de surveiller et d’intercepter tout navire se trouvant dans les eaux internationales et versant des redevances à l’Iran. « L’Iran ne sera pas autorisé à tirer profit de l’imposition de droits de transit illégaux ; il s’agit d’un acte d’extorsion », a-t-il taclé.
Menaces US
Le commandement des forces navales des Gardiens de la révolution islamique a riposté à cette annonce indiquant que « le moindre faux pas de l’ennemi dans le détroit d’Ormuz le placera dans une zone de danger mortel. » « Tout le trafic de transit par le détroit d’Ormuz est sous le contrôle total de nos forces armées », a-t-il rappelé.
Ebrahim Azizi, chef de la Commission de la sécurité nationale et de la politique étrangère du Parlement iranien, a qualifié les propos de D. Trump de « pure exagération et bavardages excessifs ». Selon lui, « le président américain exprime ses souhaits et parle de ses rêves et de ses exigences, qui n’ont jamais été réalisés et ne le seront jamais. »
Un responsable américain a confié au site d’information américain Axios que l’administration américaine « voudrait ôter la carte du détroit d’Ormuz des mains des Iraniens ». Cette annonce intervient alors que les négociations menées à Islamabad entre les Etats-Unis et l’Iran ont échoué dimanche, laissant planer un doute sur le respect de la trêve de deux semaines actuellement en cours.
Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, qui menait la délégation iranienne, a pour sa part, critiqué sur X les Etats-Unis « incapables » selon lui de gagner la confiance de l’Iran lors des discussions.
Samedi, l’armée américaine avait annoncé que deux navires de guerre américains avaient franchi le détroit d’Ormuz, marquant le début d’une opération de déminage. Des affirmations démenties par Téhéran. Bloomberg, citant les services de renseignement, écrit que deux destroyers de la marine américaine ont tenté de traverser le détroit d’Ormuz, mais ont été contraints de faire demi-tour après un avertissement du Corps des gardiens de la révolution islamique et le lancement d’un drone en direction des navires.
L’armée américaine a annoncé des restrictions sur l’ensemble du trafic à destination et en provenance des ports iraniens. Les marchés pétroliers ont immédiatement réagi : le brut américain a bondi de près de 8 %, tandis que le Brent a également enregistré une forte hausse. Depuis l’escalade du conflit, le trafic maritime dans la région est fortement perturbé. Le détroit d’Ormuz s’impose plus que jamais comme un point névralgique du commerce mondial de l’énergie. Téhéran, qui exerce désormais un contrôle accru sur ce passage stratégique, dénonce une mesure illégale et avertit qu’il répondrait à toute tentative d’entrave militaire. Les Gardiens de la révolution mettent en garde contre toute approche des forces américaines, qu’ils considèrent comme une violation du cessez-le-feu Les autorités iraniennes imputent l’échec des négociations à un durcissement des positions américaines, accusées d’avoir modifié les paramètres de discussion à la dernière minute. De leur côté, plusieurs responsables américains estiment que l’Iran cherche à imposer un rapport de force en jouant sur sa position géographique. Des experts soulignent que, malgré la pression militaire et économique, la capacité de contrôle effective des États-Unis reste limitée. Dans ce contexte, les risques d’escalade demeurent élevés alors que les canaux diplomatiques apparaissent fragilisés.
