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Colonisation rampante de la Cisjordanie : Tel-Aviv avance avec la mobilisation armée des colons

by Perspectives Med
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Colonisation rampante de la Cisjordanie : Tel-Aviv avance avec la mobilisation armée des colons

Depuis le 7 octobre 2023, le gouvernement d’occupation a renforcé son rôle en armant les colons, grâce au plus vaste programme d’armement jamais mis en œuvre depuis le début de l’occupation. Le nombre de détenteurs d’armes à feu est passé d’environ 170.000 à près de 300.000, et plus de 200.000 demandes de permis de port d’armes ont été déposées, dont plus de 162 000 ont été accordées. Environ 210.000 armes ont été distribuées aux équipes d’intervention, et 395 millions de shekels ont été alloués aux programmes d’armement et d’équipement.

Outre l’armement, l’armée d’occupation entraîne ces milices dans ses camps ou d’autres zones. Selon certains rapports, de nombreux colons, notamment des réservistes, ont intégré la structure militaire opérant en Cisjordanie après avoir suivi une formation militaire sur le plateau du Golan et dans des camps situés en Cisjordanie, ce qui favorise leur intégration et leur transformation en force de réserve sur le terrain.

Cette tendance est confirmée par les chiffres du premier semestre 2026, qui témoignent de la transformation de la colonisation armée en un outil concret de remodelage du territoire palestinien, entraînant la mort et le déplacement de ses habitants. Les données publiées le 6 juillet 2026 par la Commission de résistance au mur et aux colonies révèlent que le premier semestre de cette année-là a été marqué par une escalade sans précédent des attaques perpétrées par l’occupation et ses colons, avec 11.074 attaques recensées visant les Palestiniens et leurs biens.

Ces attaques ont pris diverses formes : confiscation de terres, expansion des colonies, déplacements forcés, exécutions extrajudiciaires, destruction de terres, déracinement d’arbres et édification de points de contrôle qui ont fragmenté le paysage palestinien. Les attaques se sont concentrées à al-Khalil (Hébron) (2 224 attaques), suivi de Ramallah et al-Bireh (2 175), puis de Naplouse (2 095) et de Bethléem (1 137). La commission a également documenté le meurtre de 17 Palestiniens par des colons en seulement six mois, dont neuf à Ramallah et al-Bireh, trois à Naplouse, deux à Jérusalem et à Hébron, et un à Salfit.

Par ailleurs, 26 communautés bédouines ont été déplacées, dont 18 totalement évacuées et huit partiellement. Dans le même temps, des colons ont établi 42 nouveaux avant-postes, principalement pastoraux, dont quatre dans la zone B, conformément aux accords d’Oslo. De plus, 45.195 arbres ont été abattus ou détruits, dont 26 395 oliviers, dans le cadre de ce que la commission a qualifié de politique systématique de dépeuplement des terres palestiniennes.

Rapport de l’ONU

Moins de trois semaines plus tard, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), dans son rapport du 28 juillet 2026, a confirmé cette tendance, recensant plus de 1 330 attaques perpétrées par des colons depuis le début de l’année, contre 1680 pour l’ensemble de l’année 2025. Ces attaques ont entraîné la mort de martyrs, l’incendie de maisons, de mosquées et d’installations agricoles, et le déplacement de dix familles palestiniennes en quelques jours. Parallèlement, le nombre de Palestiniens tués par les forces d’occupation ou les colons depuis le début de l’année s’élève à 77, dont 18 enfants.

Entre 2023 et 2025, les violences perpétrées par les colons ont atteint des niveaux sans précédent : 35 Palestiniens ont été tués par des colons, 7 154 attaques ont été commises directement par des colons et 9 336 attaques ont ciblé des propriétés et des lieux de culte, soit deux incidents par jour. L’année 2025 a connu une augmentation des attaques de 20 à 25 % par rapport à 2024.

Les violences perpétrées par les colons en Cisjordanie ne sont pas réparties aléatoirement, mais suivent un schéma géographique précis reflétant les priorités du projet de colonisation. Les attaques de 2025 se sont concentrées dans les gouvernorats à forte densité de colonisation ou comprenant des terres agricoles et des zones stratégiques ciblées pour l’annexion. Parmi ces gouvernorats figurent Ramallah et al-Bireh (643 attaques), suivis de Tubas et du nord de la vallée du Jourdain (532 attaques), Naplouse (501 attaques), Salfit (473 attaques), Hébron (462 attaques) et Jéricho (434 attaques). Bethléem a enregistré 180 attaques, Qalqilya 137, Tulkarm 120 et Jénine 50.

Cette répartition révèle que le centre de gravité du projet de colonisation se situe au cœur de la Cisjordanie et dans la vallée du Jourdain, où les avant-postes de colonisation sont imbriqués dans les villages palestiniens et les terres agricoles, faisant des attaques un outil de remodelage du territoire plutôt que de simples actes de violence isolés.

Dans le sud, notamment à Hébron et Bethléem, les attaques prirent un caractère extrêmement violent : fusillades contre des civils, incendies de maisons et de récoltes, et vandalisme, (…) À Naplouse, où 501 attaques furent recensées, les villages de Burin, Huwara, Beita, Qusra et Madama subissaient des attaques hebdomadaires lancées depuis les hameaux de Yitzhar, Itamar, Shilo et Bracha.

Ce mode opératoire associait assauts armés, destructions de biens et vols de récoltes, le tout dans le but d’étendre le contrôle sur les terres agricoles.

À Ramallah et al-Bireh, où le nombre d’attaques a été le plus élevé, les colons ont employé diverses tactiques : édification de points de contrôle temporaires, interdiction d’accès aux terres pour les agriculteurs et sécurisation de l’expansion des colonies autour de Turmus Ayya, al-Mughayyir, Kafr Malik et Deir Jarir. Leurs attaques étaient lancées depuis des avant-postes tels qu’Adi Ad, Maalé Levona et Shilo.

Dans le nord de la vallée du Jourdain et à Jéricho, les attaques visaient principalement les communautés bédouines et pastorales, avec des vols de bétail, des confiscations de troupeaux et des agressions contre les bergers.

Le fait que la plupart de ces attaques proviennent d’avant-postes de colonisation et d’exploitations pastorales confirme leur transformation en bases opérationnelles avancées pour la gestion de la violence et l’imposition de la loi sur le terrain, dans le cadre d’une stratégie visant à s’emparer des terres et à déplacer les Palestiniens de leurs foyers.

Ces observations confirment que les avant-postes de colonisation et les exploitations pastorales ne sont plus de simples centres de population, mais se sont transformés en centres névralgiques de gestion de la violence et d’imposition d’un contrôle sur le terrain, notamment dans la zone C et les zones frontalières. En ce sens, la violence des colons n’est plus une série d’incidents isolés, mais s’inscrit dans une stratégie spatiale globale visant à vider les terres palestiniennes de leurs habitants et à redessiner le paysage démographique et agricole de la Cisjordanie afin de favoriser l’expansion des colonies.

Les attaques de colons en Cisjordanie sont orchestrées par un vaste réseau de milices et d’organisations officielles, semi-officielles et non officielles, dont les rôles sont géographiquement et fonctionnellement répartis afin de servir l’expansion des colonies. Dans presque chaque bloc de colonies, une colonie principale est entourée d’avant-postes et d’exploitations pastorales, gérés par leurs chefs, qui servent de bases de lancement pour les attaques contre les villages palestiniens voisins.

Ce système comprend les « Jeunes des collines », les colons pasteurs, les habitants des avant-postes illégaux, des groupes de gardes armés et des organisations idéologiques de colons qui fournissent un soutien financier, juridique et logistique, ainsi que des cellules et des groupes mobiles du « Price Tag » dans le nord de la Cisjordanie. Les actions de ces groupes vont des attaques armées et des incendies de maisons et de récoltes à l’empêchement des agriculteurs d’accéder à leurs terres, en passant par le vol de bétail, la construction de routes, l’établissement d’avant-postes et, en fin de compte, le déplacement des communautés palestiniennes et l’imposition d’une nouvelle réalité sur le terrain.

La milice « Jeunesse des Collines » se distingue comme la plus organisée et la plus dangereuse du système. Ces dernières années, elle est passée d’un groupe de jeunes radicaux à un bras armé essentiel du projet de colonisation. Grâce à une organisation flexible, elle peut établir des avant-postes en quelques heures seulement, en pratiquant le pâturage, l’agriculture et la construction de chemins de terre. Ces avant-postes deviennent ensuite des colonies permanentes protégées par l’armée d’occupation. Elle constitue ainsi le fer de lance d’une stratégie visant à étendre le contrôle sur le territoire et à imposer par la force une nouvelle réalité de colonisation.

Varsen Aghabekian, ministre palestinienne des Affaires étrangères, a appelé mercredi la communauté internationale à appliquer le droit international concernant les territoires palestiniens occupés, à l’issue d’un sommet consacré à la solution à deux États organisé à Rome. « Nous voulons appliquer le droit international et rien d’autre que le droit international », a-t-elle déclaré, affirmant que les Palestiniens ne demandaient « ni sympathie ni subventions », mais le respect des règles internationales.

La ministre a notamment invoqué l’avis rendu en juillet 2024 par la Cour internationale de Justice (CIJ), la plus haute juridiction des Nations unies. La CIJ avait estimé que la présence continue d’Israël dans le Territoire palestinien occupé était illégale et qu’elle devait prendre fin « aussi rapidement que possible ». Elle avait également demandé l’arrêt immédiat de toute nouvelle activité de colonisation et l’évacuation des colons.

V. Aghabekian a rejeté la qualification de « territoire contesté », estimant que les territoires concernés se trouvaient sous occupation. Elle a également dénoncé l’expansion des colonies israéliennes et les nouvelles constructions dans ces zones. L’avis de la CIJ est consultatif et ne constitue pas une décision directement contraignante. Il définit toutefois l’interprétation de la Cour sur les obligations juridiques d’Israël, des autres États et des Nations unies concernant les territoires palestiniens occupés.

SOS à Gaza

Les Nations unies ont mis en garde, mercredi, contre les « risques majeurs pour la santé publique » auxquels sont confrontés les civils dans la bande de Gaza, où des infestations de rongeurs et d’ectoparasites ont été signalées dans 83 % des sites accueillant des personnes déplacées, selon des évaluations menées au début du mois. S’appuyant sur les informations du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), le porte-parole de l’ONU, Farhan Haq, a déclaré lors d’un point de presse que « les civils à Gaza font face à des risques majeurs pour la santé publique, qui viennent s’ajouter à l’insécurité et aux déplacements de population ».

« Des infestations généralisées de rongeurs et d’ectoparasites ont été signalées dans 83 % des sites de déplacés évalués plus tôt ce mois-ci. Cette situation s’ajoute à la présence d’eaux usées dans les rues, d’eaux stagnantes et à de mauvaises conditions d’assainissement », a-t-il indiqué, précisant que les acteurs humanitaires présents sur le terrain intensifient cette semaine les opérations de lutte contre les rongeurs. « Afin de réduire les risques pour la santé publique, un accès durable aux équipements et fournitures essentiels, notamment aux pièces de rechange et à l’huile moteur, est urgent », a poursuivi F. Haq.

Il a également souligné que les partenaires humanitaires chargés de la gestion des déchets solides doivent être autorisés à accéder aux décharges situées dans des zones dont l’accès est restreint par les forces israéliennes, lesquelles représentent, selon lui, environ 65 % de la bande de Gaza.

Le porte-parole a ajouté que « l’accès à l’eau demeure un défi quotidien pour les familles », précisant que l’ONU et ses partenaires fournissent à des centaines de milliers d’enfants et à leurs familles des services essentiels dans les domaines de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène.

Israël poursuit son offensive militaire dans la bande de Gaza depuis le 8 octobre 2023. Selon le ministère de la Santé de Gaza, plus de 73 000 Palestiniens ont été tués et plus de 174 000 autres blessés, en majorité des femmes et des enfants. Malgré un cessez-le-feu entré en vigueur le 10 octobre 2025, les attaques israéliennes se sont poursuivies, faisant au moins 1 207 morts et 3 914 blessés parmi les Palestiniens, selon le ministère.

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