Auparavant, elles avaient atteint les îles de Jabal Zuqar, de Grande et Petite Hanish et Mayyun dans le sud de la mer Rouge, au large des côtes érythréennes, selon Reuters et AFP citant des sources militaires d’Aden.
L’île Grande Hanish d’environ 90 kilomètres carrés est situé au milieu de la mer Rouge méridionale, à environ 26 milles nautiques de la ville d’Al-Khawkha et à plus de 40 milles (64,3 kilomètres) du port et de la ville d’Al-Mokha. L’île habitée de Mayyun est une île volcanique de 5 kilomètres de long et 3 kilomètres de large, pour une superficie d’environ 13 kilomètres carrés.
Les forces de Sanaa qui contrôlent une grande partie du nord du pays, dont la capitale Sanaa, ainsi que la grande ville portuaire de Hodeïda, tiennent désormais des secteurs donnant directement sur Bab el-Mandeb.
Lors d’une déclaration télévisée, le général de brigade Yahya Saree, porte-parole des forces armées yéménites de Sanaa, a fourni des détails sur l’opération lancée depuis le 3 septembre contre les groupuscules soutenus par l’Arabie saoudite dans les deux gouvernorats de Taïz (Taëz) et d’al-Hodeïda. Elle a permis de « chasser les forces du régime saoudien de six districts des gouvernorats de Taïz et de Hodeïda, d’une superficie totale de 5.400 kilomètres carrés », a-t-il affirmé. Il a aussi assuré que « la navigation maritime dans le détroit de Bab al-Mandeb « est sûre pour toutes les compagnies, à l’exception des navires saoudiens »
L’ensemble de la côte yéménite bordant la mer Rouge est désormais aux mains des forces de Sanaa, qui se sont emparés ces derniers jours de la ville stratégique d’al-Mokha et des dernières îles du stratégique détroit de Bab el-Mandeb.
Dans son communiqué, le général Saree a assuré que « les forces armées yéménites, avec l’aide de Dieu Tout-Puissant et grâce à la forte participation de notre peuple et des tribus libres, ont lancé le 3 septembre une opération militaire de grande envergure et de grande qualité baptisee (Dieu est plus sévère en puissance et plus sévère en châtiment) sur plusieurs fronts, afin d’expulser les renforts saoudiens de certains districts de la côte ouest, lesquels commettent les crimes les plus odieux contre les citoyens et cherchent à soumettre le territoire yéménite à l’occupation et au contrôle saoudiens. » Comme il a confirmé que l’opération « a été couronnée de succès malgré l’importante couverture aérienne fournie par les Saoudiens pour appuyer leurs mobilisations. »
Expliquant que l’opération avait permis de « chasser les forces du régime saoudien de six districts des gouvernorats de Taïz et d’Hodeïda, d’une superficie totale de 5 400 kilomètres carrés », il a précisé que l’opération a permis de « frapper sept divisions militaires des forces, comprenant 38 brigades militaires, et de tuer, capturer et blesser des centaines de leurs membres ». Ajoutant que l’opération a également réussi à « libérer un certain nombre de nos chers prisonniers qui étaient détenus depuis des années par des mercenaires saoudiens sur la côte ouest. »
Le général de brigade a aussi rendu compte de « 32 opérations d’interception d’avions de guerre saoudiens dont neuf appareils ont été abattus ». Et a souligné que l’opération s’inscrivait « dans le cadre de la lutte contre les mobilisations du régime saoudien et de la confrontation avec son agression flagrante et son blocus injuste qui se poursuit depuis douze ans contre notre cher peuple afin de le dissuader de réclamer ses revendications légitimes et de prendre des positions honorables en faveur du peuple palestinien opprimé. » Et rappelé que les motifs de l’opération découlaient « de la poursuite des attaques menées par les troupes mobilisées contre les populations, les villages et les districts de la côte ouest au cours des dernières années et de leur escalade ces derniers mois, et à la lumière des appels répétés lancés par les habitants de ces régions à notre armée de moudjahidines pour qu’elle intervienne afin de les soutenir et de mettre fin à l’injustice dont ils sont victimes. » Il a réaffirmé, enfin, que « les forces armées yéménites affirment que la navigation maritime est sûre pour toutes les compagnies, à l’exception des navires saoudiens, qui ont déjà fait l’objet d’une interdiction, et qu’elles continueront de défendre le principe de répondre au blocus par un blocus et de frapper les mobilisations et l’escalade de l’agression saoudienne par une escalade, jusqu’à ce que l’agression cesse et que le blocus soit levé contre notre cher peuple. »
L’Oncle Sam impliqué
Selon l’agence Axios qui a cité deux responsables américains, l’administration américaine n’avait pas l’intention pour le moment d’entreprendre d’action militaire directe contre les forces armées yéménites mais fournirait à l’Arabie saoudite des renseignements et des données permettant d’identifier les cibles qui lui sont liées. Le responsable a indiqué qu’il y a actuellement environ 200 militaires américains en Arabie saoudite qui fournissent un soutien non combattant (un soutien qui n’implique pas d’opérations offensives directes).
CNN a pour sa part, rapporté que plus de 100 conseillers militaires américains se trouvent en Arabie saoudite pour apporter leur aide dans la guerre au Yémen. Jeudi, le chef de la délégation nationale de négociation du gouvernement de Sanaa, Mohammed Abdel Salam, a affirmé que la liberté de navigation et le commerce international en mer Rouge et à Bab el-Mandeb sont sûrs et réguliers, appelant chacun à ne pas s’inquiéter à ce sujet. Abdel Salam a expliqué dans une publication que les opérations en cours sont ciblées conformément aux annonces précédentes et s’inscrivent dans le cadre de la défense. « Elles prendront fin dès que l’agression contre le Yémen cessera et que le blocus sera levé », a-t-il insisté.
Il a également affirmé que « la République du Yémen n’a aucune ambition envers aucun des pays voisins, pays arabes et islamiques, ni envers aucun autre pays du monde, et qu’elle n’a attaqué aucun pays, mais que c’est elle qui a été attaquée d’une manière qui contredit la fraternité islamique et arabe ».
La plus grande entreprise américaine spécialisée dans l’intelligence artificielle estime que le Yémen dispose d’un programme technologique avancé qui utilise ses systèmes pour le développement et le guidage de missiles balistiques et hypersoniques. Dans son rapport de septembre, Anthropic, société américaine qui a développé le célèbre modèle d’intelligence artificielle Claude AI model a indiqué qu’une unité d’ingénierie de pointe située dans le nord du Yémen a utilisé l’un de ses modèles, Claude Code, pour le développement de missiles guidés, balistiques et hypersoniques ainsi que dans les travaux d’ingénierie locaux pour le développement de logiciels de guidage, de navigation et de contrôle.
L’entreprise a indiqué que les équipes d’ingénierie yéménites gèrent trois programmes de développement de missile de précision : un missile guidé équipé d’un système de guidage autonome terminal, un missile balistique multi-étages d’une portée supérieure à 2 000 kilomètres et la famille de missiles R2000, qui comprend un modèle équipé d’un planeur hypersonique.
Selon la société, les acteurs yéménites utilisaient Claude Code à la place d’ingénieurs logiciels pour développer le logiciel de guidage, de navigation et de contrôle (GNC) assurant le pilotage et la stabilisation d’un aéronef. « Par exemple, ils utilisaient Claude pour intégrer un pilote automatique open source à un calculateur de vol standard, écrire le logiciel de contrôle et d’estimation de position, optimiser les paramètres de contrôle, exécuter un processus de compilation du firmware et réaliser une simulation de vol », détaille Anthropic dans son rapport. Ils « ont eu recours à diverses tactiques pour contourner nos dispositifs de sécurité, notamment en dissimulant leurs objectifs et les produits auxquels le logiciel était destiné, et ils ont réparti leur travail sur plusieurs sessions afin qu’aucune session ne révèle pleinement leurs intentions », indique aussi le rapport.
L’entreprise a déclaré qu’après avoir mené à bien les tâches de programmation, de recherche et de revue de code, les ingénieurs yéménites ont analysé le même modèle suite à l’échec d’un essai de tir de missile guidé afin de comprendre les raisons et d’y apporter des améliorations.
L’Arabie brule
A signaler aussi que les données satellitaires ont montré ces dernières heures une épaisse colonne de fumée noire d’une centaine de kilomètres sur l’oléoduc Est-Ouest saoudien. Des images satellites ont détecté plusieurs foyers d’incendie à six endroits le long du tracé du pipeline, à peu près au même moment.
Selon ces données, l’intensité de l’incendie dans cette zone a atteint plus de 70 mégawatts d’énergie rayonnante pendant plusieurs heures ; un niveau qui, selon les analystes, pourrait être lié à un important déversement de pétrole brut et à une inflammation sous haute pression.
Cet oléoduc qui transporte du pétrole brut de la région d’Abqaiq qui renferme l’un des plus importants gisements saoudiens, sur la côte du Golfe, jusqu’au port de Yanbu, sur la côte de la mer Rouge, est considéré comme l’une des voies les plus importantes pour le transport du pétrole saoudien, contournant le Golfe et le détroit d’Ormuz.
Le mois de mai dernier, le président -directeur général de Saudi Aramco, Amin Nasser, avait déclaré que l’oléoduc Est-Ouest, a contribué à atténuer les effets du choc énergétique mondial causé par les restrictions de navigation dans le détroit d’Ormuz dues à la guerre.

