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Bonheur national brut : Bonjour tristesse

by Perspectives Med
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Bonheur national brut : Bonjour tristesse

Dans ce classement, le Maroc inclus dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, y occupe la 14e place sur 18. Dans cette zone, Israël (8e mondial) est en tête, suivi des Emirats arabes unis (21), de l’Arabie saoudite (22), du Koweït (40), de Bahreïn (55), d’Oman (58), de la Libye (81), de l’Algérie (83), de la Turquie (94), de l’Irak (95), de l’Iran (97), de la Tunisie (105) et de la Palestine (109). Pour sa part, le Maroc (112) devance la Jordanie (119), l’Egypte (139), le Liban (141) et le Yémen (142).

À travers le monde, la Finlande est en tête du classement depuis neuf ans. Elle est suivie de l’Islande (2), du Danemark (3), du Costa Rica (4) et de la Suède (5), puis de la Norvège (6), des Pays-Bas (7), d’Israël (8), du Luxembourg (9) et de la Suisse (10). Les dix derniers pays du classement sont l’Eswatini (137), la Tanzanie (138), l’Egypte (139), la RD Congo (140), le Liban (141), le Yémen (142), le Botswana (143), le Zimbabwe (144), le Malawi (145), Sierra Leone (146) et l’Afghanistan (147).

Le rapport réalisé par le Wellbeing Research Centre de l’université d’Oxford, en amont de la Journée mondiale du bonheur, le 20 mars, établit son classement en évaluant la satisfaction et la perception de qualité de vie, en combinaison avec la performance économique des pays, la santé, le sentiment de liberté et la générosité des personnes, ou encore la perception de la corruption. Le thème central de cette édition est le bonheur et les médias sociaux, considérant l’existence de liens entre le bien-être des jeunes et l’usage des plateformes digitales.

Dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA), le rapport note que « l’utilisation intensive concerne généralement entre 20% et 40% de la population adulte, allant d’environ 15% au Maroc à près de 45% au Liban ». Dans les pays pour lesquels trois vagues d’enquête sont disponibles, une augmentation progressive des utilisateurs intensifs s’observe, à l’exception du Maroc. Ce constat traduit à quel point les facteurs sociaux et économiques jouent aussi un rôle conséquent sur le bien-être.

Dans ce contexte, les auteurs mettent en avant l’exemple du Liban, où le pourcentage de gros consommateurs des plateformes est passé de 22% en 2018-2019 à 45% en 2023-2024. En Irak, ce chiffre est passé respectivement de 12% en à 27%. Selon la même source, « l’utilisation des médias sociaux est plus importante au sein de certains groupes sociaux », à savoir « la génération Z, les hommes, les personnes célibataires, celles moins religieuses et plus aisées, ainsi que celles ayant un niveau d’études supérieur ».

Par ailleurs, les utilisateurs intensifs sont plus enclins à « déclarer un niveau de stress et des symptômes dépressifs plus élevés, et de se croire moins bien lotis que leurs parents, comparativement aux utilisateurs occasionnels ou modérés ». Selon le rapport, cet impact dépend aussi des régions du monde et de la manière dont les réseaux sociaux sont utilisés. Plus loin, les auteurs notent que « la multiplication des plateformes, le recours aux médias sociaux comme principale source d’information et le suivi d’influenceurs sont associés à un stress accru, à une augmentation des symptômes dépressifs et à des comparaisons plus négatives avec la qualité de vie des aînés ». Selon la même source, les formats « les plus problématiques » sont ceux où « l’utilisation est principalement passive et où le contenu est essentiellement visuel (encourageant les comparaisons sociales), souvent issu d’influenceurs ».

Cependant, les données recueillies en Amérique latine associent l’utilisation intensive à « un niveau élevé de bien-être ». Le constat contraste avec celui des pays anglophones, où le niveau de bien-être plus faible chez les jeunes utilisateurs intensifs.

Globalement, la comparaison des études menées en Allemagne, en Italie, en Espagne et aux États-Unis a conclu sur le lien entre « la diffusion de l’Internet à haut débit et des plateformes de médias sociaux » et la détérioration de la santé mentale, ce qui a mené plusieurs pays à pousser à la réflexion sur des approches législatives limitant l’usage chez les plus jeunes.

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