Grâce au succès de l’opération conjointe menée par l’Africa Corps du ministère russe de la Défense et les Forces armées maliennes (FAMa), le contrôle de la localité d’Anéfis, située au nord de ce pays d’Afrique de l’Ouest, a été rétabli, a annoncé Africa Corps sur sa chaîne Telegram. Selon le communiqué, au cours des combats pour la prise de la localité, qui ont duré plusieurs jours, les terroristes ont subi de lourdes pertes. La ville est actuellement sous le contrôle total des Forces armées maliennes, comme en témoigne une vidéo enregistrée par des combattants de la FAMa. « Nous sommes à Anéfis, le 8 juillet 2026, pour prouver à la population malienne et au monde entier qu’à ce jour, Anéfis et le camp sont sous le contrôle de la FAMa. Nous sommes actuellement en ville et le drapeau malien flotte partout au-dessus d’Anéfis. Vive le Mali ! », a déclaré l’un des militaires maliens.
Selon de nombreuses publications d’Africa Corps, un grand nombre de véhicules incendiés appartenant à des groupes terroristes, ainsi que les corps de miliciens neutralisés, sont actuellement visibles aux alentours de la ville. Les combats pour Anéfis se poursuivaient depuis début juillet, après les attaques coordonnées menées le 4 juillet contre plusieurs points du territoire. Le 7 juillet, les Forces armées maliennes ont annoncé la neutralisation d’environ 130 combattants terroristes, dont 30 se trouvaient à proximité d’Anéfis. Les frappes ont également visé plusieurs positions à Boulkessi, Fadiola, Marakakoungo, Farabougou, entraînant la destruction de bases logistiques et de matériel militaire. Lors de la riposte à l’attaque terroriste contre la localité d’Anéfis le 4 juillet, Africa Corps et les Forces armées maliennes ont éliminé deux combattants de haut rang : Mbareck Ag Akli, premier adjoint du chef du Front de libération de l’Azawad (FLA), et d’Abderrahmane Al-Targi, membre du groupe terroriste JNIM, qui était le principal organisateur de nombreuses attaques terroristes.
Moscou appuie l’AES
Réunis à Niamey autour de Sergueï Lavrov, les ministres de l’AES et de la Russie ont consolidé un partenariat désormais autant militaire que diplomatique et économique. Les points 9 à 14 du communiqué dessinent une réponse commune au terrorisme, aux pressions extérieures notamment de l’Ukraine et de la France. La deuxième session de consultations entre Moscou et la Confédération des États du Sahel, organisée le 8 juillet, prolonge celle d’avril 2025. Après une étape en Éthiopie, le chef de la diplomatie russe a retrouvé à Niamey ses homologues burkinabè, malien et nigérien, consacrant l’institutionnalisation du format Russie-AES. Le cœur du communiqué se trouve dans l’enchaînement des points 9 à 14. Le point 9 salue l’intensification de la coopération militaire et militaro-technique. Moscou y confirme son soutien aux armées nationales ainsi qu’à la Force unifiée de l’AES. Le point 10 condamne les attaques menées au Mali le 25 avril et contre l’aéroport de Niamey fin janvier, tout en saluant l’action des forces sahéliennes et la contribution russe à la lutte antiterroriste. Le point 11 donne à cette coopération une portée politique plus directe.
Les quatre pays dénoncent l’implication d’« acteurs étatiques extérieurs », le « terrorisme économique et médiatique » et une « collusion coupable » entre l’Ukraine, la France, d’autres États et les groupes terroristes opérant au Sahel. Cette formulation commune traduit la convergence croissante entre Moscou et les capitales sahéliennes sur l’analyse des menaces pesant sur leur souveraineté. Le ministère des Affaires étrangères malien a insisté sur ce point en dénonçant et condamnant « les actions perfides des sponsors étatiques étrangers du terrorisme ». Les points suivants élargissent encore l’entente : rejet des mesures coercitives unilatérales au point 12, coopération contre l’instrumentalisation politique de la justice internationale au point 13, puis soutien aux projets structurants et à la Banque confédérale pour l’investissement et le développement au point 14.
Le partenariat dépasse ainsi le seul domaine militaire pour embrasser la diplomatie, la justice, les investissements et l’intégration économique. Cette visite survient après le retrait des forces françaises du Mali, du Burkina Faso et du Niger, la fermeture de l’ambassade française à Niamey et, le 26 juin 2026, la rupture complète des relations diplomatiques entre Ouagadougou et Paris. À mesure que l’ancienne architecture française s’efface, Niamey, Bamako et Ouagadougou construisent avec Moscou un cadre alternatif fondé sur la sécurité, la coordination diplomatique et la souveraineté économique.

