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Recrutement des enseignants : Le verrou de la limite d’âge saute enfin, mais…

by Perspectives Med
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Recrutement des enseignants : Le verrou de la limite d’âge saute enfin, mais…

Cette mesure ouvrirait la voie à des candidats jusqu’ici exclus. Abdelouahed Ziat, président du Réseau marocain de l’Alliance civile des jeunes, y voit une avancée positive mais qui devrait être plus ambitieuse. « Nous considérons ce nouveau plafond d’âge comme une étape positive, mais le Statut général de la fonction publique n’est toujours pas appliqué », a-t-il déclaré mercredi au micro de Yabiladi, appelant à porter cette limite à 45 ans, l’âge maximal de recrutement applicable à certains grades selon le cadre juridique régi par la fonction publique. Il a également plaidé pour une réparation en faveur des diplômés qui ont perdu leur chance suite aux restrictions précédentes. Relever le seuil aujourd’hui, estime-t-il, ne bénéficie pas à ceux qui ont déjà dépassé l’âge limite.

Son réseau a contesté les limites d’âge imposées dans l’éducation, la santé et d’autres secteurs auprès de l’Institution du Médiateur et de parlementaires. Il soutient que les variations fréquentes et disparates d’un ministère à l’autre perturbent les projets professionnels des diplômés. A. Ziat évoque le cas du recrutement des attachés de justice où, selon lui, le plaidoyer du réseau a permis de relever la limite d’âge de 30 à 45 ans. Il considère que d’autres secteurs devraient suivre cet exemple. « Ce que nous rejetons, c’est l’application sélective de ces restrictions. Comment peut-on relever la limite quelque part et l’abaisser ailleurs ? », s’interroge-t-il.

Il a aussi souligné le contraste entre les restrictions imposées au recrutement et les possibilités offertes aux personnes plus âgées d’occuper des postes de haut niveau. « Comment une personne de plus de 70 ou 80 ans peut-elle occuper un poste de responsabilité et diriger une institution constitutionnelle, alors qu’on dit à quelqu’un de 30 ou 40 ans qu’il ne peut plus y accéder ? »

Son objection, précise-t-il, porte sur l’incohérence des règles, pas sur la capacité des personnes âgées à contribuer. Le recrutement devrait valoriser « la compétence et le mérite », surtout dans un contexte où l’éducation et la santé souffrent de pénuries de personnel, a-t-il souligné. « Comment les universités peuvent-elles manquer d’enseignants-chercheurs alors qu’une personne de 40 ou 45 ans, titulaire d’un doctorat, ne trouve pas d’emploi ? », a-t-il demandé.

Le ministre a justifié le maintien d’une limite inférieure à 45 ans en expliquant que les candidats recrutés à cet âge n’auraient que 18 années de service avant la retraite, une durée jugée insuffisante. A. Ziat appelle, lui, à explorer d’autres options, comme la possibilité pour les nouvelles recrues de cotiser elles-mêmes pour les années concernées. Il propose également de réorienter certaines dépenses publiques jugées inutiles vers les besoins en matière d’emploi et de retraite. « Nous devons sortir des sentiers battus. Réfléchir dans le même cadre étroit nous empêche d’ouvrir un débat plus large sur les caisses de retraite », a-t-il déclaré. Selon lui, les préoccupations liées à la retraite n’expliquent pas les différences entre les seuils de recrutement. « Pourquoi certains concours acceptent-ils des candidats jusqu’à 45 ans, tandis que d’autres s’arrêtent à 40 ou 30 ans ? La même caisse de retraite est pourtant concernée. »

A. Ziat appelle à une révision globale au niveau du gouvernement, associant le Parlement, avertissant qu’une exclusion prolongée alimente la frustration, encourage l’émigration et affaiblit la confiance dans la valeur des études. «Une personne de 40 ans est encore capable de contribuer et de réfléchir», a-t-il conclu.

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