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Le Maroc sous la loupe de la BERD : Ralentissement de la croissance en 2027

by Perspectives Med
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Le Maroc sous la loupe de la BERD : Ralentissement de la croissance en 2027

Dans son dernier rapport sur les perspectives économiques régionales, la BERD table sur une croissance marocaine de 4,8% en 2026, un chiffre révisé à la hausse de 0,4 point par rapport à ses estimations de juin. Pour 2027, l’institution anticipe en revanche un ralentissement à 3,9%, légèrement révisé en baisse de 0,1 point par rapport aux prévisions précédentes.

Ce rebond de la croissance s’explique avant tout par le redressement du secteur agricole, longtemps pénalisé par plusieurs années consécutives de sécheresse. La production a bondi de 18,4% en glissement annuel, une performance qui a largement porté l’activité économique au premier semestre 2026 et compensé le tassement enregistré dans l’industrie et la construction sur la même période. Au premier trimestre 2026, le PIB a néanmoins progressé moins vite qu’un an plus tôt, à 4,6% contre 5,0%, un écart que la BERD attribue au ralentissement de l’investissement après un niveau jugé exceptionnellement élevé l’année précédente.

Du côté des prix, la stabilité reste de mise. L’inflation moyenne s’est limitée à 0,5% sur les six premiers mois de 2026, en dépit d’une poussée passagère liée à la hausse des prix de l’énergie. Bank Al-Maghrib a, dans ce contexte, maintenu son taux directeur inchangé à 2,25%, invoquant les incertitudes géopolitiques qui pèsent sur la région.

Les comptes extérieurs affichent également une bonne tenue. Portés par les recettes touristiques et par les transferts des Marocains résidant à l’étranger, ils ont permis de contenir le déficit du compte courant à 1,2% du PIB au premier trimestre, malgré un déficit commercial plus large sur la période. Les réserves officielles de change atteignaient de leur côté 54,3 milliards de dollars, soit environ 46,7 milliards d’euros, en août 2026 — un niveau équivalent à près de 5,3 mois d’importations.

Sur le plan des finances publiques, le gouvernement vise un déficit budgétaire de 3,4% du PIB pour l’année en cours, en ligne avec sa cible initiale, tandis que la dette publique devrait refluer légèrement, passant de 66,6% du PIB en 2025 à 65,8% en 2026. Le Royaume a par ailleurs levé des fonds sur les marchés internationaux en mai 2026, via une émission obligataire qui a trouvé preneur au-delà du montant initialement recherché.

Cette résilience marocaine tranche avec la situation d’ensemble de la région SEMED, que la BERD voit se contracter de 0,7% en 2026 avant un rebond attendu à 7,1% en 2027 — des chiffres largement faussés par l’effondrement anticipé en Irak (-12%), frappé par les perturbations des exportations pétrolières via le détroit d’Ormuz, ainsi que par la récession libanaise prévue (-5%). Hors Irak, la croissance régionale ressort à 3,9% en 2026 et 4,3% en 2027.

Aux côtés du Maroc, l’Égypte (+4,6% puis +5,0%), la Jordanie (+2,5% puis +2,8%) et la Tunisie (+2,4% puis +2,3%) figurent également parmi les économies jugées résilientes par l’institution. La BERD rappelle toutefois que la hausse des coûts énergétiques, la perturbation des routes commerciales et l’incertitude géopolitique accrue continuent de fragiliser les équilibres budgétaires et extérieurs de plusieurs pays de la zone.

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