Le Maroc prend part depuis samedi à une mission américaine consacrée au développement des infrastructures gazières et du gaz naturel liquéfié (GNL). L’agence américaine pour le commerce et le développement (USTDA) accompagne, du 19 au 30 septembre, une délégation de 16 représentants des secteurs public et privé de l’énergie issus du Maroc, de l’Égypte et de la Jordanie.
À travers cette initiative, Washington cherche à rapprocher les acteurs énergétiques des trois pays de l’industrie américaine du GNL et de ses fournisseurs de technologies. L’USTDA présente explicitement la mission comme un moyen de soutenir les exportations américaines de GNL et de favoriser l’utilisation de solutions américaines dans le développement de projets gaziers au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.
Pour le Maroc, cette participation intervient alors que le Royaume travaille au renforcement de ses infrastructures gazières et à la diversification de ses sources d’approvisionnement énergétique. La mission américaine offre ainsi aux représentants marocains un accès direct à l’écosystème industriel américain spécialisé dans le GNL, ses équipements et ses technologies.
Le programme débute à Washington, où les membres de la délégation doivent participer à une journée consacrée aux relations avec le gouvernement américain. Le President’s National Energy Dominance Council organisera notamment une rencontre à la Maison-Blanche avec des responsables de plusieurs agences fédérales concernées par les questions énergétiques. La délégation se rendra ensuite à Houston, au Texas, pour rencontrer des entreprises américaines spécialisées dans les infrastructures GNL et assister à des démonstrations de technologies présentées par l’industrie américaine. Un briefing professionnel y est également prévu le 24 septembre. Destinée aux entreprises américaines, cette séquence doit permettre aux représentants marocains, égyptiens et jordaniens de présenter directement leurs projets et perspectives dans le domaine des infrastructures gazières. Les échanges porteront notamment sur l’état d’avancement des développements, les difficultés rencontrées, les besoins identifiés ainsi que les projets actuels et à venir et les consultations associées. La rencontre doit également donner aux fournisseurs américains l’occasion de présenter leurs solutions et d’échanger directement avec les décideurs des trois pays, notamment à travers des rendez-vous individuels ciblés.
L’USTDA souligne que le Maroc, l’Égypte et la Jordanie développent leurs investissements dans plusieurs composantes de leurs filières gazières. Sont notamment concernés les importations de GNL, les capacités de stockage et les infrastructures de transport par gazoduc, ainsi que de nouvelles applications du gaz naturel. Le périmètre identifié par l’agence américaine est toutefois plus large. Il englobe également le transport du GNL et le développement des installations nécessaires à son utilisation, les gazoducs et infrastructures associées, les capacités de stockage ainsi que les solutions de « virtual pipelines ». Les entreprises américaines peuvent aussi se positionner sur les produits et services d’exploitation et de maintenance, de même que sur les applications du gaz dans la production d’électricité et les usages industriels.
Ces besoins constituent, selon l’USTDA, des opportunités commerciales pour les entreprises des États-Unis dans la fourniture de GNL, de produits, de services et de technologies liés au gaz naturel. L’agence entend ainsi mettre directement en relation ses fournisseurs avec les décideurs des trois marchés afin de mieux cerner leurs projets et leurs besoins.
Pour le Maroc, l’intérêt de cette visite réside donc aussi dans la possibilité de présenter directement aux industriels américains les besoins liés au développement de ses infrastructures gazières. Le briefing de Houston doit précisément permettre aux délégations de faire connaître les projets en cours et futurs, mais aussi les contraintes techniques et les besoins susceptibles d’ouvrir la voie à de nouveaux partenariats industriels. L’USTDA intervient en amont de ces projets. L’agence explique qu’elle finance les travaux techniques nécessaires à leur préparation, avec l’objectif d’accélérer leur développement, de faciliter la mobilisation des financements nécessaires à leur réalisation et, à terme, de favoriser l’acquisition de biens et services américains.

