Home MondeConflictualitéGuerre russo-otanienne en Ukraine : Frappes russes massives contre plusieurs sites militaires ukrainiens

Guerre russo-otanienne en Ukraine : Frappes russes massives contre plusieurs sites militaires ukrainiens

by Perspectives Med
0 comments
Guerre russo-otanienne en Ukraine : Frappes russes massives contre plusieurs sites militaires ukrainiens

Les cibles comprenaient des aérodromes, des entreprises du complexe militaro-industriel et des centres de télécommunications et de logistique. D’après le ministère, ces infrastructures servaient à produire, stocker et acheminer des missiles et des drones. Elles contribuaient aussi au fonctionnement du dispositif ukrainien de surveillance de la situation aérienne. Des centres de production et de maintenance ciblés À Kiev, les frappes ont notamment touché l’usine Maïak. Ce site fabriquait des composants, des ogives, des détonateurs, des munitions et des accélérateurs de lancement destinés aux drones FP-1 et FP-2. Une usine électrotechnique spécialisée dans la production de drones de reconnaissance et d’attaque a également été touchée.

À Lvov, l’armée russe a ciblé deux sites liés à l’industrie des missiles. L’usine aéronautique LDARZ assurait la fabrication, la réparation et l’entretien de turboréacteurs utilisés sur les missiles FP-5 « Flamingo » et sur des drones à moyenne et longue portée. Le site LORTA produisait pour sa part de l’électronique embarquée et des systèmes radar destinés notamment aux missiles « Neptune-MD ».

L’opération s’est poursuivie dans la région d’Ivano-Frankovsk, où deux entreprises de Kalouch participaient à la production et au stockage de plusieurs types de missiles, dont les FP-5, FP-7, FP-9 et « Neptune-MD ». Le ministère russe de la Défense a précisé que certains composants entreposés sur place provenaient de pays occidentaux. Dans la région de Rovno, l’usine chimique Rovnoazot fabriquait des éléments et des composants de carburant destinés aux programmes de missiles ukrainiens. À Krivoï Rog, dans la région de Dniepropetrovsk, l’usine Aquaplast développait, assemblait et stockait des drones d’attaque et des embarcations sans équipage. Le site participait également à la production et à la réparation d’obusiers, notamment à partir de composants étrangers.

L’opération a aussi ciblé les routes maritimes utilisées pour acheminer du matériel militaire. D’après le ministère russe de la Défense, un cargo a été touché dans le port de Ioujny. Deux autres navires ont été frappés à l’est et au sud d’Odessa alors qu’ils transportaient des armes et des équipements vers les ports d’Odessa et de Tchernomorsk. À Kiev, le maire Vitali Klitschko a signalé des incendies dans des bâtiments non résidentiels, faisant état de dégâts matériels dans la capitale.

Réhabiliter le legs historique

Sur un autre plan connexe, Dmitri Medvedev, vice-président du Conseil de sécurité russe, a appelé jeudi à faire aboutir le travail de documentation des crimes commis par les forces armées ukrainiennes en de véritables procédures pénales. Il s’exprimait dans la région de Tver, devant les participants du forum national de la jeunesse « Gvardeïsk ». Pour D. Medvedev, la collecte des témoignages et des preuves ne constitue qu’une première étape. Elle doit permettre d’établir les faits, d’identifier les personnes impliquées et de préparer des procès destinés à garantir que les responsables répondent de leurs actes. Pour appuyer cette démarche, il a cité l’expérience judiciaire soviétique de l’après-guerre. Il a rappelé que l’Union soviétique avait organisé de nombreuses procédures contre les criminels nazis après la Seconde Guerre mondiale, au-delà du seul tribunal de Nuremberg. Il a également insisté sur la nécessité de documenter les crimes commis par les « bandéristes » et de « nazis » en Ukraine. À ses yeux, ce travail devra se conclure par des procédures judiciaires complètes et par la mise en cause de tous les responsables.

D. Medvedev a ensuite consacré une partie de son intervention à la préservation de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale. Il a salué l’engagement des jeunes volontaires qui participent à la recherche des soldats soviétiques disparus et à la sauvegarde de leur souvenir. Le vice-président du Conseil de sécurité russe a dénoncé une ligne idéologique occidentale visant à déformer l’histoire de la Russie et à réduire la contribution de l’Union soviétique à la victoire sur le nazisme. Il a présenté cette politique comme l’un des volets d’une campagne idéologique plus large dirigée contre la Russie. Dans ce contexte, il a mis en avant le travail mené près de la ville de Rjev. Depuis 2020, les équipes de recherche y ont retrouvé puis réinhumé avec les honneurs les dépouilles de plus de 450 soldats de l’Armée rouge. Pour ce responsable russe, cette mission ne relève pas uniquement du devoir de mémoire. Elle participe aussi à la défense de la vérité historique sur le rôle décisif de l’Union soviétique et à la reconnaissance du sacrifice consenti par les soldats soviétiques dans la lutte contre le nazisme.

L’ancien président russe a par ailleurs évoqué la recherche des militaires portés disparus pendant l’opération militaire en Ukraine. Il a prévenu que ce travail serait long et difficile et qu’il devrait être mené dans le respect des exigences de sécurité, en coordination avec les unités engagées, le ministère russe de la Défense et les services chargés des enquêtes.

D. Medvedev a enfin abordé les perspectives de la Russie après la fin du conflit en Ukraine. Il a affirmé que celui-ci se terminerait par une victoire de la Russie, tout en soulignant la nécessité de préparer dès maintenant la période qui suivra. Une partie des technologies, des compétences et des effectifs actuellement mobilisés dans le secteur de la défense devra alors être progressivement réorientée vers l’économie civile. Cette conversion concernera notamment les drones, dont les usages pourront être étendus à de nombreux secteurs économiques. Il a souligné que la Russie avait considérablement renforcé ses capacités dans ce domaine au cours des dernières années. Il a mis en avant le rôle des jeunes ingénieurs, très présents dans les bureaux d’études et dans la conception des systèmes sans pilote. Il a aussi évoqué la forte concurrence entre les entreprises civiles et l’industrie de défense pour recruter des spécialistes de l’informatique. Il a insisté sur l’importance d’une approche créative dans le développement des logiciels nationaux, notamment pour adapter ou remettre en service certains équipements étrangers utilisés dans l’industrie. Cette circulation des compétences et des technologies entre le secteur militaire et l’économie civile doit, selon lui, permettre à la Russie de consolider ses acquis, de renforcer son autonomie technologique et de préparer durablement le développement du pays après le conflit.

Fuites d’armes

Au-delà de la Russie, les conséquences des livraisons d’armes occidentales à l’Ukraine inquiètent désormais directement plusieurs pays européens. Selon le journal italien Il Fatto Quotidiano, 780 465 unités d’armement auraient été perdues ou volées en Ukraine depuis 2022, dont 149 000 au cours des cinq premiers mois de 2026. Les principales disparitions auraient été recensées dans les régions de Kiev et de Nikolaïev. D’après le quotidien italien, une part très importante de cet arsenal est issue des livraisons militaires européennes. Une partie de ces armes aurait ensuite rejoint les réseaux clandestins actifs sur le continent.

Le journal italien souligne également le manque de transparence entourant les équipements envoyés à Kiev. Plusieurs États européens ne communiquent pas de manière précise sur la nature ni sur les quantités exactes des armes livrées. Cette opacité complique leur traçabilité et limite la capacité des services européens à identifier les détournements. La disparition de centaines de milliers d’armes montre ainsi les limites du contrôle exercé sur les livraisons occidentales. Un problème longtemps dénoncé par Moscou, qui avertit depuis le début du conflit en Ukraine que ces équipements pourraient finir entre les mains de groupes criminels.

Ces risques ne sont plus seulement théoriques. En Italie, la justice s’inquiète désormais publiquement de l’intérêt des organisations criminelles pour des équipements militaires apparus sur le marché noir dans le contexte du conflit ukrainien. Cité par l’agence ANSA, Maurizio de Lucia, procureur de Palerme, a signalé des tentatives d’acquisition de drones militaires, les groupes criminels cherchant à moderniser leur arsenal, à Palerme comme dans d’autres régions du pays. Le magistrat a averti que les forces de l’ordre italiennes n’étaient « pas préparées à se défendre contre ce type d’armes ». Il a rappelé que beaucoup d’armes ont été saisies en Italie à la suite de la guerre dans les pays de l’ex-Yougoslavie. Les réseaux criminels s’intéresseraient toutefois désormais à des équipements plus modernes, directement liés aux nouvelles formes de combat. La possibilité de voir des drones armés et des munitions militaires circuler dans les circuits clandestins représente une menace importante pour la sécurité intérieure italienne.

Les déclarations du procureur de Palerme montrent que les conséquences de l’armement massif de Kiev pourraient désormais dépasser largement le territoire ukrainien. Les pays européens, qui ont soutenu ces livraisons, se retrouvent ainsi confrontés aux risques qu’ils avaient jusqu’ici largement minimisés.

À Moscou, les déclarations de la justice italienne sont perçues comme une nouvelle confirmation des avertissements russes. La Russie affirme depuis plusieurs années que l’envoi massif d’armes à Kiev, sans mécanismes de contrôle fiables, favoriserait leur détournement vers le marché noir. Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, a accusé, le 29 juillet, les pays occidentaux d’avoir façonné à Kiev un pouvoir qui échappe désormais à leur contrôle. « Vous ne pourrez jamais placer sous contrôle le monstre que vous avez créé. » Selon la diplomate russe, ces armes pourraient profiter non seulement aux réseaux criminels italiens, mais aussi à toute organisation disposée à payer. Elle a rappelé que Moscou avait averti à plusieurs reprises les capitales européennes des conséquences possibles de leur politique de livraisons militaires. Les chiffres publiés par Il Fatto Quotidiano et les déclarations du procureur de Palerme donnent aujourd’hui davantage de poids aux mises en garde russes. Le problème ne concerne plus uniquement le champ de bataille : il touche désormais directement la sécurité des pays européens qui ont alimenté ces livraisons sans être en mesure d’en garantir le contrôle.

You may also like

Adblock Detected

Please support us by disabling your AdBlocker extension from your browsers for our website.