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Concertations entre Téhéran et les pays du CCG : Riyad demande le report du rendez-vous de Salalah

by Perspectives Med
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Concertations entre Téhéran et les pays du CCG : Riyad demande le report du rendez-vous de Salalah

Esmaïl Baghaï a expliqué que « l’accord conclu entre l’Iran et Oman concernant les passages maritimes relève de la souveraineté des deux pays », affirmant que « Téhéran n’intervient pas dans les affaires yéménites ». « Certains États exploitent la situation actuelle pour formuler des accusations contre l’Iran », a-t-il ajouté. Il a ajouté que « les Yéménites font face à l’agression et au blocus depuis 12 ans et ont entrepris des démarches pour faire valoir leurs droits », appelant les pays de la région « à reconnaître les réalités et à cesser d’imputer la responsabilité aux autres », tout en considérant que « la répétition des mensonges finit par convaincre ceux qui les profèrent ».

Le haut diplomate iranien a par ailleurs démenti les allégations d’officiels américains concernant une implication iranienne dans des attaques lancées depuis l’Irak vers l’Arabie saoudite, qualifiant ces accusations de « purs mensonges ».

S’agissant du détroit d’Ormuz, E. Baghaï a déclaré que sa sécurité relève de la responsabilité des deux États riverains, affirmant que l’Iran mesure pleinement ses responsabilités envers la région et la communauté internationale, et que l’Iran « ne peut être isolé ». Il a estimé que les mesures illégales des États-Unis constituent la cause principale de l’insécurité dans le détroit, soulignant qu’il est « impossible d’ignorer la cause pour se concentrer uniquement sur les procédures de transit iraniennes ». Il a appelé les pays de la région et la communauté internationale à faire porter la responsabilité aux États-Unis, réaffirmant que l’instabilité à Ormuz découle des agissements américains.

Il a précisé que ce que les États-Unis et d’autres nations souhaitent débattre « n’affectera ni les priorités ni la volonté de l’Iran », certifiant que Téhéran continuera de prendre les mesures jugées nécessaires face à la poursuite des actes d’agression américains, du blocus maritime et des autres violations du droit international.

Concernant le dossier nucléaire, E. Baghaï a indiqué que la politique de l’Iran relative à sa doctrine nucléaire reste claire, jugeant qu’évoquer la dissuasion nucléaire dans le contexte des attaques et sabotages ayant visé les installations iraniennes « n’a rien de surprenant ». Il a ajouté que les adversaires de l’Iran sapent la philosophie du Traité de non-prolifération (TNP) en ne réalisant aucun progrès en matière de désarmement et de non-prolifération, tout en entravant le droit des États à l’usage civil de l’énergie nucléaire. Il a rappelé que les installations nucléaires iraniennes ont subi des dizaines d’actes de sabotage, en dépit du contrôle exercé par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et des engagements de l’Iran au titre des accords de garanties, estimant que ces circonstances expliquent les débats menés par les experts et responsables iraniens au sujet de la dissuasion et du dossier nucléaire.

Crimes de guerre

E. Baghaï a souligné que les accusations de détournement du programme nucléaire iranien de ses fins civiles se répètent depuis 30 ans, bien qu’aucun rapport de l’AIEA n’ait jamais établi une « non-conformité » de l’Iran, affirmant que son pays a agi avec responsabilité, conformément à ses obligations légales et à ses engagements de garanties, tout en fournissant les informations requises.

Au sujet de la confrontation avec les États-Unis, le responsable iranien a déclaré que « le sous-marin américain n’a pas été arraisonné, il a été saisi comme prise de guerre, et les prises de guerre sont de droit. » Il a exigé des États-Unis qu’ils mettent fin à leurs mesures illégales et ingérences, indemnisent les dommages causés à l’Iran, et mettent un terme aux sanctions ainsi qu’à la guerre économique, affirmant que Téhéran continuera d’adopter les « mesures fermes nécessaires » tant que Washington maintiendra ses actes d’agression, son blocus maritime et ses violations du droit international.

E. Baghaï, a révélé que les Etats-Unis ont utilisé pour la première fois pendant la guerre de Ramadan déclenchée le 28 février des missiles à sous-munitions Lockheed Martin. En déplacement dans la ville méridionale Lamard, il a indiqué qu’elle a été bombardé le 1er mars au moyen de quatre missiles à sous-munitions Lockheed Martin, chacun contenant 180 000 éclats, affirmant que la ville porte encore de « nombreuses traces et marques » du crime de guerre américain sur les murs et dans les rues de la ville. Selon le média iranien Press Tv, vingt habitants de Lamard ainsi qu’un ressortissant afghan sont tombés en martyrs lors de ces explosions.

Evoquant 180 habitants qui avaient été blessés par des éclats de missile, Baghaï a rendu compte que plusieurs filles et garçons de Lamard, ainsi que leurs familles, vivent toujours avec des handicaps et de vives douleurs. Des billes de tungstène provenant de missiles de frappe de précision (PrSM) américains sont encore logées dans le corps de certains enfants, a-t-il ajouté. Revenant sur les circonstances de l’attaque, il l’a qualifiée de test délibéré sur des civils, mené par un agresseur qui se présente comme un défenseur des droits de l’homme.

E. Baghaï a déclaré que l’Iran entendait rassembler les témoignages, les dossiers médicaux et les preuves matérielles afin de les soumettre aux instances internationales et d’établir les responsabilités de ceux qui ont ordonné, exécuté ou rendu possible cette frappe. « Documenter ne consiste pas seulement à consigner le passé ; c’est confier la vérité aux preuves, avant que la poussière de la déformation et de l’oubli ne vienne la recouvrir », a-t-il déclaré.

Surchauffe des cours de pétrole

Le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr Al-Busaidi, avait annoncé dimanche tard dans la soirée le report de la réunion régionale prévue aujourd’hui, précisant que cette décision avait été prise « dans un souci de consensus ».

Les prix du pétrole ont entamé la semaine en nette hausse lundi, le baril s’installant à plus de 100 dollars sur fond d’hostilités au Moyen-Orient, marquées par la fermeture d’un oléoduc clé en Arabie saoudite et de nouvelles attaques dans le détroit d’Ormuz. Vers 23H30 GMT dimanche, après la reprise des échanges en Asie, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en novembre, progressait de 2,80% à 107,54 dollars. Il avait passé mercredi la barre des 100 dollars pour la première fois depuis juillet et s’était renchéri de près de 9% sur la semaine dernière. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), pour livraison en octobre, s’échangeait en hausse de 2,29% à 102,34 dollars.

Oman a annoncé le report d’une réunion prévue lundi entre l’Iran et des pays du Golfe sur l’avenir du détroit d’Ormuz, voie maritime stratégique verrouillée par Washington et Téhéran. Dimanche encore, un navire marchand y a été ciblé par une frappe qui a fait un mort, selon les autorités iraniennes. Et vendredi, les autorités saoudiennes ont annoncé la fermeture temporaire de l’oléoduc Est-Ouest, voie d’exportation de brut cruciale pour contourner le verrouillage du détroit d’Ormuz, après des attaques attribuées à des drones venant d’Irak.

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