Il a déclaré lundi dans un communiqué que les rituels pratiqués ces dernières semaines par des colons dans le cimetière Bab al-Rahma, (Porte de la Miséricorde), adjacent au mur oriental de la mosquée Al-Aqsa, depuis l’extérieur, « s’inscrivent dans un contexte organisé qui dépasse le cadre des rituels saisonniers associés aux fêtes juives et ouvre la voie à la transformation du lieu en un site de prière juif fréquent ».
Les « groupes du Mont du Temple » forment une coalition d’organisations et de mouvements nationalistes et religieux juifs qui ciblent la ville de Jérusalem, en particulier la mosquée Al-Aqsa, et visent à établir le prétendu « Temple de Salomon » sur ses ruines.
Le gouvernorat d’al-Qods a déclaré que sa surveillance des publications de propagande diffusées par les groupes se réclamant du « Temple » via les réseaux sociaux, ainsi que la création d’un groupe via l’application « WhatsApp » sous le nom « Ouvrez-nous les portes de la Miséricorde », révèlent la promotion d’un discours religieux juif qui considère le côté oriental du mur de la mosquée Al-Aqsa, et plus particulièrement Bab al-Rahma comme un lieu sacré et d’une importance particulière. Le communiqué explique que ce discours repose sur des croyances qui lient la porte à ce qu’on appelle le « Temple » et la « Shekhinah» ou « l’Esprit du Seigneur », ainsi que sur des croyances concernant le « Messie attendu » et le retour de la « Shekhinah », dans le but de réintroduire la Porte de la Miséricorde comme un lieu de culte juif accessible et propice à la prière.
Selon le gouvernorat d’al-Qods l’aspect le plus dangereux est la mise en œuvre concrète de cette propagande, notamment à travers l’appel à organiser une prière hebdomadaire « Selichot » sur le site. Et de préciser que ces initiatives sont directement liées à Uri Ohayon, un ancien officier de l’armée d’occupation qui, selon ses observations, a commencé à promouvoir cette idée le 16 août et a organisé le premier rassemblement le 27 août, suivi de deux autres les 3 et 10 septembre. Lors de ces rassemblements, des prières et des rituels collectifs ont été accomplis, et le son du shofar a été entendu près des tombes de musulmans.
Le gouvernorat de Jérusalem a affirmé que la mosquée Al-Aqsa, avec sa superficie totale de 144 dounams, « est un lieu de culte purement islamique, et son caractère sacré de waqf comprend toutes ses cours, ses zones de prière, ses murs, ses portes et ses monuments », et que Bab al-Rahma est l’une des portes de la mosquée qui est située à l’intérieur de son mur oriental. Les autorités d’occupation « n’ont aucune souveraineté sur Jérusalem occupée et ses lieux saints, et n’ont aucun droit d’imposer un changement quelconque à l’identité, à la nature, aux usages ou aux monuments de la mosquée bénie Al-Aqsa », a-t-il rappelé.
Selon le communiqué, la normalisation de ces pratiques ou leur traitement comme de simples rituels religieux passagers encourageraient les groupes se réclamant du « Temple » à étendre leurs activités et à transformer de nouveaux lieux autour de la mosquée Al-Aqsa en sites de rassemblement, de rituels et de prières. Ce qui se passe à Bab al-Rahma « témoigne d’une stratégie organisée visant à imposer une nouvelle réalité religieuse juive autour de la mosquée Al-Aqsa, en commençant par la normalisation et la répétition de rituels, puis en les pérennisant et en les transformant en une pratique routinière, dans le but d’établir de nouveaux faits établis et de modifier l’identité du lieu et sa nature religieuse, en violation dangereuse et délibérée de son statut historique et juridique », a conclu le gouvernorat d’al-Qods.
Dimanche, 593 colons israéliens ont pris d’assaut la mosquée Al-Aqsa, dans le cadre des célébrations du Nouvel An juif, selon des données antérieures du gouvernorat. Depuis 2003, la police israélienne a laissé des colons prendre d’assaut unilatéralement la mosquée Al-Aqsa, tandis que le département islamique du Waqf à Jérusalem a exigé à plusieurs reprises que ces incursions cessent, sans obtenir la moindre réponse des autorités israéliennes.
Les Palestiniens affirment que depuis des décennies, Israël intensifie ses crimes pour judaïser Jérusalem-Est, notamment la mosquée Al-Aqsa, et pour effacer son identité arabe et islamique. Ils insistent sur le fait que Jérusalem-Est soit la capitale de leur État espéré, en se basant sur des résolutions de légitimité internationale qui ne reconnaissent ni l’occupation de la ville par Israël en 1967 ni son annexion en 1980.
Révélations de B’Tselem
L’organisation israélienne de défense des droits de l’homme B’Tselem a déclaré qu’Israël menait un « projet d’élimination » des Palestiniens en Cisjordanie, tout en consolidant la présence et la souveraineté israéliennes par le biais d’une série de politiques et d’actions qui compromettent la capacité des Palestiniens à poursuivre « leur existence en tant que communauté sur leur terre natale ».
L’organisation a expliqué dans un long rapport que « l’élimination ne se limite pas aux meurtres ou aux déplacements, mais comprend le démantèlement des conditions qui permettent aux Palestiniens de vivre sur leurs terres, en les empêchant d’accéder à leurs terres et à leurs sources de revenus, en restreignant leurs déplacements, en affaiblissant leurs institutions sociales et politiques et en réduisant leur capacité à planifier leur avenir. »
L’organisation a noté que « depuis fin 2022, une nouvelle phase a commencé dans la politique israélienne en Cisjordanie, à travers une politique fondée sur le contrôle, la violence et la dépossession, qu’elle a mise en œuvre ouvertement et clairement, et à un rythme plus violent et accéléré. » Le communiqué cite le directeur exécutif de l’organisation, Yuli Novak, qui affirme que ce que vivent les Palestiniens en Cisjordanie relève d’« un projet politique unique qui imprègne tous les aspects de la vie ». Elle a ajouté que « les communautés palestiniennes sont déplacées, l’économie est poussée au bord de l’effondrement et des millions de personnes vivent dans la crainte constante de violences de la part de l’armée israélienne ou des colons. »
B’Tselem a déclaré que ce projet est mis en œuvre en Cisjordanie à travers cinq mécanismes principaux : « la violence et la propagation de la terreur, l’imposition de restrictions à la circulation, la mise en danger des moyens de subsistance et de l’économie, la dislocation de la vie sociale et politique et la saisie des terres ».
L’organisation estime que ce qui se passe en Cisjordanie n’est pas une série d’événements ou de violations isolés, mais plutôt une composante d’un processus continu fondé sur ce que l’on appelle la « logique de l’effacement ».
B’Tselem a ajouté que ces politiques ne sont pas un produit des dernières années, mais s’étendent plutôt – selon son évaluation – sur les décennies précédentes, mais se sont accélérées depuis fin 2022, et surtout après le 7 octobre 2023, avec l’expansion des colonies, l’escalade de la violence et le durcissement des restrictions à la circulation des Palestiniens et à leurs moyens de subsistance.
L’organisation a également déclaré qu’Israël applique un système d’apartheid en Cisjordanie, tout en commettant un « génocide dans la bande de Gaza », considérant que ce qui se passe dans les deux régions reflète une seule « logique d’effacement », même si ses outils et ses moyens diffèrent, selon le rapport. Le rapport note que « du 7 octobre 2023 au 31 août 2026, Israël a tué 1.107 Palestiniens en Cisjordanie, dont 245 enfants ». Le centre a confirmé qu’à ce jour, Israël a déplacé 75 communautés palestiniennes, tandis que les avant-postes de colonisation et les exploitations agricoles ont accaparé 1,07 million de dounams, soit 18 % de la superficie de la Cisjordanie, et ont déplacé de force environ 33.000 Palestiniens des camps de réfugiés du nord de la Cisjordanie.

