Le Pakistan a appelé mercredi les États-Unis et l’Iran à s’abstenir de toute action susceptible de compromettre la paix et la stabilité dans la région. « Une reprise du conflit n’est dans l’intérêt de personne », a indiqué le ministère pakistanais des Affaires étrangères dans un communiqué, exprimant sa « profonde préoccupation » face à l’escalade des tensions au Moyen-Orient. Islamabad « appelle toutes les parties à faire preuve de retenue et à s’abstenir de toute action susceptible de compromettre davantage la paix et la stabilité régionales. Il n’existe pas d’alternative à la poursuite de l’engagement, du dialogue et de la diplomatie pour atteindre l’objectif commun de paix dans la région », a ajouté le ministère. Le Pakistan a également exhorté les deux parties à « respecter leurs engagements respectifs au titre du mémorandum d’entente d’Islamabad, qui demeure un fondement durable de compréhension, de respect mutuel et de prospérité partagée pour la région et au-delà ».
Pour sa part, la Chine a tenu pratiquement le même langage. La Chine a déclaré mercredi que le recours à la force militaire n’était « pas approprié » et a exhorté les États-Unis et l’Iran à entamer des négociations alors que les deux camps se livraient à des frappes aériennes de représailles. « Raviver les flammes de la guerre ne sert les intérêts de personne », a déclaré Mao Ning, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, aux journalistes à Pékin. Cette déclaration fait suite à l’annonce par l’armée américaine d’une nouvelle vague de frappes contre l’Iran, visant plus de 80 cibles en réponse aux attaques iraniennes contre des navires commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz. Toutefois, la diplomate chinoise, a déclaré que « les mesures militaires ne sont pas appropriées. » « Nous exhortons les deux parties à régler leur différend par la voie de la négociation, à respecter le protocole d’accord (d’Islamabad) et à éviter de recourir à la force », a déclaré N. Mao, faisant référence au pacte signé le mois dernier par les présidents iranien et américain, qui prévoit un délai de 60 jours de négociations afin que les deux parties parviennent à un accord visant à mettre définitivement fin à la guerre.
Le 17 juin, l’Iran et les États-Unis ont conclu un mémorandum d’entente visant à mettre fin au conflit militaire déclenché après les frappes américaines et israéliennes contre Téhéran en février. Le ministère pakistanais a également fait part de la volonté d’Islamabad de continuer à jouer son rôle « à cet égard ».
Les Gardiens de la révolution iraniens (IRGC) ont annoncé tôt mercredi avoir lancé des frappes de missiles et de drones contre 85 sites militaires américains dans la région, notamment le port de Salman, le quartier général de la Ve flotte américaine à Bahreïn et la base aérienne Ali Al-Salem au Koweït. Ces frappes sont intervenues après que le Commandement central américain (CENTCOM) a annoncé avoir mené une nouvelle série de frappes contre l’Iran, visant plus de 80 cibles en réponse aux attaques iraniennes contre des navires commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz. Toutefois, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Mao Ning, a déclaré : « Les mesures militaires ne sont pas appropriées. »
Le ministre iranien des Affaires étrangères a remis le président américain à sa place refusant de répondre à sa vulgarité par de la vulgarité. « S’adresser à la nation iranienne, civilisée et courageuse, en des termes insultants ne diminue en rien sa grandeur », a écrit Abbas Araghchi sur X. « Nous ne répondons pas à la vulgarité par la vulgarité, mais par l’action, par un courage exceptionnel et par une audace intrépide », a-t-il insisté.
L’Iran qui assure détenir le droit de gérer la circulation, en fonction du mémorandum d’entente conclu fin juin avec les Etats-Unis, assure que ce dernier se contente d’accorder un passage sans péage pendant les 60 jours qui suivent sa conclusion. Selon le ministère des Affaires étrangères, « les attaques militaires américaines menées à l’aube ont visé plusieurs centres de surveillance et de contrôle situés sur nos côtes méridionales ». En représailles, Téhéran a dit avoir frappé 85 installations sur des bases militaires américaines au Koweït et à Bahreïn.
Le ministère iranien avait auparavant annoncé que « les attaques américaines constituent une violation du premier article du mémorandum d’entente qui stipule la cessation des opérations militaires », soulignant que « les États-Unis portent la responsabilité des graves répercussions de la récente escalade ».Il a ajouté que « les attaques illégales et la décision d’annuler la licence de vente de pétrole ont vidé une partie du mémorandum de son contenu ». Il a également souligné que « la violation de nos accords à Ormuz et la poursuite des frappes israéliennes au Liban rendent le mémorandum d’entente inefficace ». Plus, « nos forces armées cibleront la source et le point de départ de l’agression et de l’attaque sur notre territoire », a-t-il averti. S’adressant aux pays voisins, il a les sollicités « d’empêcher les agresseurs d’utiliser leur territoire pour commettre des actes d’agression contre nous ».
D. Trump a aussi menacé de frapper l’Iran cette nuit, tout en assurant que les nouveaux affrontements prendraient fin « très rapidement » et laissant la porte ouverte à la poursuite des tractations diplomatiques avec Téhéran, selon l’AFP. Le cessez-le-feu ne tient plus, a estimé le président américain. « Je pense que ce qui se passe va prendre fin très rapidement », a ajouté le président américain. Après avoir traité les Iraniens de tous les noms, il a dit ne plus vouloir « avoir affaire » avec les dirigeants iraniens, considérant que négocier était « juste une perte de temps ». Il a toutefois indiqué que ses émissaires pouvaient continuer leurs discussions.
Selon l’AFP, les propos du président, coutumier des volte-face, ont fait bondir mercredi les cours du pétrole de plus de 8%, à 80,10 dollars le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale. Quant au cours du baril de pétrole américain WTI, il avançait de 2,63% à 72,29 dollars à l’ouverture des marchés asiatiques.
Le ministère iranien des Affaires étrangères a affirmé mercredi que les Etats-Unis ont violé le protocole d’accord entre les deux pays et annoncé une riposte après les frappes américaines près du détroit d’Ormuz. « L’Iran adresse un sérieux avertissement quant aux conséquences de la violation du traité par les États-Unis et prendra des mesures décisives pour protéger ses intérêts et sa sécurité nationale », a déclaré le ministère dans un communiqué publié sur Telegram par la télévision d’Etat (Irib).
Dans la nuit de mardi à mercredi, les Etats-Unis avaient lancé une série de frappes contre l’Iran et rétabli leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien, affirmant répondre ainsi aux tirs sur des navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz.
Selon la chaîne d’information IRIB, six explosions ont été entendues sur l’île iranienne de Qeshm, sept dans la ville de Sirik et d’autres encore dans la grande ville portuaire de Bandar Abbas (sud). La télévision d’Etat iranienne a assuré qu’aucune cible frappée n’est militaire.
Dans la journée de mardi, l’agence de sécurité maritime britannique UKMTO avait rendu compte que trois navires ont été frappés en 24 heures dans le détroit d’Ormuz. Le Qatar et l’Arabie saoudite ont imputé deux de ces attaques à l’Iran. Esmaïl Baghaï, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, a, de son côté, dénoncé une mise en cause « inacceptable » de la part du Qatar.
En dépit du refus américain, l’Iran exclut dans le texte tout retour à la situation d’avant-guerre, quand le passage du détroit était gratuit, et menace les navires tentés de contourner le seul itinéraire qu’il a autorisé le long de ses côtes. Sa diplomatie a révélé que certains navires commerciaux empruntent des voies sans coordination préalable avec l’Iran, tout en désactivant ou en altérant le dispositif de suivi du navire ou le système AIS, dans le but de soustraire le navire aux systèmes de surveillance et de sécurité. Le QG Khatam al-Anbiya du Corps des gardiens de la révolution islamique a déclaré qu’il ripostera avec force à l’agression américaine et ne permettra pas aux Etats-Unis de s’immiscer dans les affaires et la gestion du détroit d’Ormuz.
Le général de division Mohsen Rezaei, conseiller militaire du Guide suprême de la révolution islamique en Iran, a déclaré qu’il était assez clair que les États-Unis œuvrent pour faire échouer les négociations en cours. Il a ajouté qu’il s’attend à ce que Washington déchire le « Mémorandum d’entente » dans les faits, comme il l’avait fait précédemment avec l’accord nucléaire. Selon lui, les États-Unis cherchent à maintenir leur présence dans le sud du détroit d’Ormuz, ce qui leur permettrait à terme de faire passer leurs navires de guerre et souligné que « la vengeance essentielle que représente le départ des États-Unis de la région doit inévitablement être accomplie, afin que notre voie du progrès reste ouverte. » Par ailleurs, le CGRI a indiqué avoir aussi abattu, tôt ce matin, un drone MQ-9, au-dessus de Khormoj. L’aéronef a été touché et détruit par un nouveau système de défense aérien développé localement après une agression aérienne par les forces américaines sur la province de Bouchehr dans le sud du pays, précise le CGRI.
Un responsable gouvernemental américain a déclaré sous le couvert de l’anonymat que « les agissements de l’Iran dans le détroit sont totalement inacceptables aux yeux des Etats-Unis et ne resteront pas impunis ». Le ministère des Finances avait auparavant publié un document interdisant les « nouvelles transactions » d’hydrocarbures iraniens à compter de mardi.

