Home MondeRéunion de l’OTAN en Turquie : Moscou suit de très près les tractations entre alliés

Réunion de l’OTAN en Turquie : Moscou suit de très près les tractations entre alliés

by Perspectives Med
0 comments
Réunion de l’OTAN en Turquie : Moscou suit de très près les tractations entre alliés

Les alliés de l’OTAN préparent un engagement de 140 milliards d’euros (160 milliards de dollars) de soutien à l’Ukraine pour cette année et l’année prochaine, a déclaré mardi le ministre allemand des Affaires étrangères, estimant que cet engagement constituerait un signal adressé à Moscou indiquant que les soutiens de Kiev ne faiblissent pas. « Nous pouvons engager 140 milliards d’euros pour l’Ukraine pour 2026 et l’année prochaine, provenant uniquement des contributions européennes et canadiennes », a déclaré Johann Wadephul à la radio Deutschlandfunk, avant le sommet de l’OTAN à Ankara. « Ce sera un signal très fort de soutien à l’Ukraine », a-t-il ajouté.

Il a estimé que les récents développements sur le champ de bataille montraient que la guerre était entrée dans une phase où l’Ukraine était en mesure de mener des frappes plus importantes contre la Russie, ajoutant que cela démontrait l’impact du soutien occidental. Il a affirmé que la pression devait encore être renforcée sur la Russie afin de l’inciter à revenir à la table des négociations. « L’Europe est prête à s’engager dans des négociations, comme l’a clairement indiqué le chancelier Merz à Londres aux côtés d’Emmanuel Macron et de Keir Starmer », a ajouté J. Wadephul, faisant référence aux discussions entre les dirigeants allemand, français et britannique à Londres le mois dernier. « Il revient désormais à (Vladimir) Poutine de comprendre enfin qu’il ne remportera pas ce conflit sur le champ de bataille, mais que les négociations constituent la voie appropriée et que le chemin vers la table des négociations doit maintenant être recherché », a-t-il ajouté.

Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, a déclaré mardi que Moscou suivrait de près les développements du sommet de l’OTAN à Ankara, estimant que les discussions seraient largement centrées sur la Russie. « Cet événement suscite sans aucun doute un grand intérêt, y compris de notre part. Nous suivrons bien entendu toutes les informations et les développements en provenance d’Ankara », a -t-il déclaré lors d’un point de presse à Moscou. Le responsable russe a indiqué que Moscou avait entendu de nombreuses déclarations en amont du sommet concernant la Russie, qu’il a qualifiées de « déclarations de nature conflictuelle », plutôt que d’appels au dialogue ou à une interaction constructive. « Dans le cadre des préparatifs de ce sommet, nous avons entendu de nombreuses déclarations concernant notre pays. Malheureusement, il ne s’agissait pas de déclarations en faveur d’une interaction constructive et du dialogue, mais de déclarations de nature conflictuelle », a-t-il déclaré. Il a ajouté : « Voyons quels documents en résulteront, quelles déclarations seront faites, quels textes seront signés et ce qui sera dit lors des réunions bilatérales qui se tiendront en marge du sommet. »

Le responsable russe a également affirmé que les nouvelles livraisons d’armes de l’OTAN à l’Ukraine n’empêcheraient pas la Russie de poursuivre son « opération militaire spéciale » jusqu’à la réalisation de ses objectifs. « L’Ukraine demande constamment de nouveaux types d’armes, qu’elles soient défensives ou offensives. Cela ne peut en aucun cas empêcher la poursuite de l’opération militaire spéciale jusqu’à ce que ses objectifs soient atteints», a-t-il insisté. Dans le même temps, il a indiqué que la Russie maintenait des contacts de travail avec les États-Unis et espérait que les efforts de Washington pour orienter le conflit vers un règlement pacifique aboutiraient. « Nous continuons à maintenir des contacts avec les Américains par le biais de canaux de travail. Nous espérons que leurs efforts pour orienter la situation vers une issue pacifique seront couronnés de succès. Comme le président Poutine l’a répété à plusieurs reprises, nous restons ouverts à cette perspective », a-t-il déclaré. Le porte-parole du Kremlin a également affirmé que les forces russes poursuivaient leurs opérations militaires, qualifiant la prise du bastion ukrainien de Kostiantynivka de « pas très important » sur les plans tactique et stratégique. Selon lui, les forces russes poursuivent également leurs efforts pour établir ce que Moscou qualifie de « zone de sécurité » ou « zone tampon » le long de la frontière.

Enfin, D. Peskov a réaffirmé que la Russie privilégiait une résolution diplomatique du conflit avec l’Ukraine. « Tout pourrait évoluer vers une trajectoire pacifique dès que le régime de Kiev fera preuve de bonne volonté et démontrera sa volonté de prendre les décisions importantes qui doivent être prises », a-t-il conclu.

En déplacement en Afrique, le chef de la diplomatie russe a indiqué que son pays suivra de près l’issue de la rencontre entre le président américain et son ukrainien en marge du sommet de l’OTAN à Ankara. Devant la presse à Addis-Abeba, la capitale de l’Éthiopie, Sergueï Lavrov a indiqué que Moscou observerait ces discussions après les assurances reçues lors du sommet russo-américain de l’année dernière à Anchorage, en Alaska. Selon lui, la Russie a accepté les « propositions de compromis » américaines lors de la réunion en Alaska après les avoir examinées, et on lui a assuré que Volodymyr Zelensky suivrait les recommandations de Washington. « Nous verrons comment se terminera la rencontre lors du sommet de l’OTAN à Ankara », a-t-il déclaré.

D0 Trump avait précédemment déclaré qu’il pensait que Moscou et Kiev étaient toutes deux intéressées par un règlement et avait indiqué que le conflit ukrainien serait abordé lors du sommet de l’OTAN des 7 et 8 juillet.

S. Lavrov a fait valoir que les pays occidentaux participaient directement au soutien de l’armée ukrainienne par le biais de livraisons d’armes, de partage de renseignements, d’assistance par satellite et de frappes ciblées. « Ils disent qu’ils ne sont pas en guerre contre nous mais c’est de la mauvaise foi », a-t-il déclaré, affirmant que du personnel militaire occidental participait depuis longtemps au soutien des opérations ukrainiennes.

Le ministre russe a déclaré que l’Europe développait sa production de défense pour continuer à approvisionner l’Ukraine tout en soutenant sa propre base industrielle. Commentant les récentes déclarations du secrétaire général de l’OTAN exhortant les alliés à investir davantage dans la production de défense, S. Lavrov a critiqué le renforcement militaire de l’alliance et a déclaré qu’une course aux armements ne permettrait finalement pas d’atteindre la supériorité.

Sur le champ de bataille, le chef de la diplomatie russe a mis en avant la proposition russe visant à permettre à l’Ukraine de récupérer les corps des soldats ukrainiens à Kostiantynivka, y voyant une preuve étayant l’affirmation de Moscou selon laquelle les forces russes contrôlent la ville. Il a déclaré que le refus de cette proposition par l’Ukraine montrait que Kiev n’était pas disposée à récupérer les dépouilles de ses militaires tombés au combat.

Les autorités ukrainiennes avaient auparavant contesté l’affirmation de la Russie selon laquelle elle avait pris le contrôle de Kostiantynivka.

Par ‘ailleurs, Kiev a lancé plus de 430 drones en direction de Moscou dans la nuit du lundi 6 au mardi 7 juillet, a annoncé le maire de la capitale russe Sergueï Sobianine. Ces frappes interviennent au lendemain d’une attaque ukrainienne qui a touché la plus grande raffinerie russe, dans la ville d’Omsk, et de bombardements russes particulièrement intenses contre l’Ukraine. Au même moment, un sommet de l’Otan s’ouvre à Ankara avec pour invité le président ukrainien V. Zelensky….

You may also like

Adblock Detected

Please support us by disabling your AdBlocker extension from your browsers for our website.