Les députés de l’opposition ont accusé le gouvernement de ne pas maîtriser les prix des carburants, qui subissent de nouvelles hausses, au détriment du pouvoir d’achat des citoyens, tout en critiquant l’insuffisance du stock stratégique de produits pétroliers, estimant que le gouvernement ne respecte pas les orientations royales en la matière. Comme ils ont remis sur les devants de la scène le sort de La Samir, multipliant les appels pour nationaliser la raffinerie. Les députés ont ainsi réclamé la relance de La Samir, à l’arrêt depuis 2015, ainsi que le plafonnement des prix des carburants. Comme ils ont fait état des conclusions du Conseil de la concurrence qui avait sanctionné plusieurs distributeurs pour des pratiques anticoncurrentielles, ce qui confirme que les sociétés pétrolières continuent de réaliser des profits excessifs. Amendes transactionnelles d’un montant de 1,8 milliard de dirhams, rappelle-t-on. Mais assurent les élus, ces entreprises perpétuent les mêmes pratiques en appliquant des hausses de prix qualifiées de « non éthiques ».
Devant ce feu roulant de critiques, la ministre a défendu son bilan en avançant que les capacités nationales de stockage ont augmenté de plus de 30 % entre 2021 et 2025. Plus, elle a annoncé un plan d’investissement de 6 milliards de dirhams pour accroître encore les capacités de stockage.
L. Benali a également défendu l’action de son département face aux critiques sur les « pratiques anticoncurrentielles », soulignant que son ministère transmet régulièrement les données sur le marché des carburants au Conseil de la concurrence et à la Direction générale des impôts.
L’Exécutif avait engagé, depuis sa constitution en 2021, un vaste programme de réforme du secteur de l’énergie, incluant les carburants, avec pour objectif de réduire la part des hydrocarbures dans la facture énergétique nationale, a-t-elle rappelé. Toutefois, elle a regretté que plusieurs des réformes proposées n’aient pas reçu le soutien attendu de certains acteurs.
L. Benali a également rappelé que le débat sur les hydrocarbures ne peut faire abstraction de la libéralisation des prix intervenue en 2015 et des réformes qui auraient dû l’accompagner, selon elle, invitant les députés à coopérer avec le ministère dans la mise en œuvre de ces réformes. Comme elle a souligné que depuis 2022, elle s’était présentée à plusieurs reprises devant la Commission des infrastructures afin d’y exposer un programme de réformes couvrant plusieurs domaines du secteur énergétique, y compris celui des carburants.
Autant de « mises au points » qui n’ont pas été du goût des élus et du PJD et du PPS. En effet, ces derniers ont rétorqué en lui rafraîchissant la mémoire soulignant avoir déposé des dizaines de propositions de loi, notamment sur le plafonnement des prix des carburants et la relance de La Samir, sans le moindre écho. Dès lors, ils n’ont pas hésité à accuser le gouvernement de refuser de les examiner ou même de les inscrire à l’ordre du jour des commissions parlementaires.

