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Sommet de l’OTAN en Turquie : Appui militaire à Kiev sans implication directe des USA…

by Perspectives Med
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Sommet de l’OTAN en Turquie : Appui militaire à Kiev sans implication directe des USA…

Le sommet de l’OTAN à Ankara devrait marquer une nouvelle étape dans la poursuite de l’implication militaire occidentale dans le conflit ukrainien. Au programme figurent de nouveaux contrats d’armement de plusieurs milliards de dollars, ainsi qu’une enveloppe militaire destinée à Kiev. Selon Politico, les diplomates de l’Alliance travaillent encore sur le projet de déclaration finale, qui peut être modifié jusqu’au dernier moment. Le texte prévoit une aide militaire de 70 milliards d’euros pour l’année en cours, puis au moins la même somme l’année suivante, rapporte Politico.

Les États-Unis ne devraient toutefois pas participer directement à ce financement. Washington resterait surtout fournisseur d’armes, tandis que les Européens assumeraient l’essentiel de la charge financière. Ce point s’annonce comme l’un des plus sensibles du sommet. Toujours selon Politico, les discussions avancent globalement sans blocage majeur, mais la répartition de l’effort entre les alliés reste délicate.

Au-delà du dossier ukrainien, le sommet doit aussi consacrer la montée en puissance de l’industrie militaire occidentale. Derrière l’affichage d’unité, les alliés doivent encore régler la question du partage des charges, des demandes de Donald Trump envers les Européens et du développement d’armes à longue portée. Une partie de l’enveloppe pourrait provenir d’un prêt européen déjà approuvé, le reste devant être assuré directement par les États membres de l’OTAN. Dans cette séquence, Mark Rutte, secrétaire général de l’OTAN, veut faire de l’industrie de défense le thème central du sommet. Selon Politico, il s’agit d’accélérer la production d’armements, de multiplier les contrats et de faire du réarmement un terrain d’accord, malgré les divergences internes de l’Alliance.

Le projet de déclaration prévoit aussi une plus grande implication des pays européens dans la défense du continent. Politico indique que les investissements devraient viser surtout la défense aérienne, les drones et les capacités de frappe à longue portée. Le texte devrait également réaffirmer l’attachement des alliés à l’article 5 du traité de l’OTAN sur la défense collective et qualifier une nouvelle fois, la Russie de « menace », confirmant ainsi une ligne de confrontation avec Moscou.

L’idée d’inscrire une aide militaire annuelle d’environ 70 milliards d’euros dans les documents du sommet reste en discussion. Plusieurs questions ne sont pas encore tranchées, notamment la manière de répartir les contributions entre les États membres. Mais cette ligne ne fait pas l’unanimité au sein de l’Alliance. Robert Fico, Premier ministre slovaque, a fait savoir que son pays ne participerait pas au financement de nouvelles livraisons d’armes à l’Ukraine. Il a indiqué que Bratislava continuerait d’aider Kiev sur le plan humanitaire, mais refuserait de financer une assistance militaire. L’eurodéputé italien Danilo Della Valle voit, lui, dans ces engagements le signe d’un basculement durable de l’Europe vers une économie de guerre. Selon lui, cette orientation risque de placer les dépenses militaires avant les priorités sociales et les initiatives diplomatiques.

A signaler que Moscou a annoncé le retour de 160 militaires détenus en Ukraine dans le cadre d’un échange conclu avec Kiev. Les soldats russes, actuellement pris en charge en Biélorussie, recevront une assistance médicale et psychologique avant leur transfert en Russie. Les Émirats arabes unis ont assuré une médiation à caractère humanitaire lors de l’opération.

Fourberies occidentales

Des représentants de la France et du Royaume-Uni se sont rendus en Russie pour mener des négociations à huis clos, a déclaré Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, lors du XIIe forum international scientifique et d’experts Lectures Primakov. Il a fait cette déclaration en évoquant les récentes critiques formulées par le président français Emmanuel Macron à l’encontre du président du Conseil européen, António Costa. « Le président Macron a publiquement reproché à António Costa le fait qu’un de ses collaborateurs ait contacté deux fois des représentants à Moscou, affirmant que c’était inacceptable et qu’il fallait se réunir pour trouver une solution ensemble », a raconté S. Lavrov, avant de constater : « Quelle hypocrisie ! Car le président Macron lui-même a envoyé des émissaires que nous avons reçus. Tout comme, soyons honnêtes, des émissaires venus de Londres. » Le chef de la diplomatie russe a toutefois ajouté que Moscou « connaît la valeur » de ces discussions. Le ministre russe n’a toutefois pas précisé qui était l’émissaire britannique.

Par ailleurs, en novembre dernier, le Financial Times, citant des sources, a affirmé que Jonathan Powell, conseiller à la sécurité nationale britannique, avait tenté d’établir un contact informel avec Moscou. Selon les sources du journal britannique, il aurait appelé Iouri Ouchakov, conseiller du président russe. Début février, L’Express a fait état d’une visite « discrète » à Moscou du conseiller diplomatique du président français, venu rencontrer I. Ouchakov. « Soit dit en passant, ce sont les Français eux-mêmes qui ont proposé et demandé cette rencontre, en souhaitant qu’elle reste confidentielle. Mais au final, comme vous le comprenez, ce sont eux-mêmes qui ont fait fuiter cette information », a commenté S. Lavrov en mars à propos de cette publication.

Début juin, les ambassadeurs de France, du Royaume-Uni et d’Allemagne se sont rendus au ministère russe des Affaires étrangères pour rencontrer le vice-ministre Mikhaïl Galouzine. Selon S. Lavrov, ce sont les diplomates qui ont sollicité cette rencontre avec la partie russe. Le chef de la diplomatie russe a souligné la volonté de Moscou d’engager le dialogue, ajoutant que la Russie estimait qu’aucune avancée concrète ne pourrait être envisagée sans signes clairs d’une volonté européenne de discuter sérieusement, au lieu de maintenir une ligne centrée sur le soutien à Kiev.

 

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