« Nous entrons aujourd’hui dans une nouvelle phase qui, nous l’espérons, mènera à la paix », a déclaré Marco Rubio. « Notre alliance a été mise à l’épreuve par les récents événements et elle a réussi », a-t-il dit, ajoutant : « Notre réunion d’aujourd’hui est cruciale et nous partageons le même objectif de stabilité et de sécurité dans la région. » Le chef de la diplomatie US a soutenu que « le détroit d’Ormuz est une voie navigable qu’aucun État ne possède », estimant selon ses dires qu’« aucun pays n’a le droit d’imposer des taxes de passage sur le détroit d’Ormuz ». Il a également indiqué que « Washington cherchera à établir un dialogue constructif menant à un accord avec l’Iran », poursuivant que « toutes les décisions prises lors des pourparlers avec l’Iran garantiront les intérêts de nos alliés dans la région ».
« Le président Trump réaffirme son ouverture à une paix qui garantit la sécurité et la prospérité des États-Unis et des pays du Golfe », selon ses propres termes.
De son côté, Abdullatif bin Rashid Al Zayani, ministre bahreïni des Affaires étrangères, a salué « les efforts qui ont conduit à la cessation des hostilités et à la signature du protocole d’accord entre Washington et Téhéran. » Il s’est également félicité de l’annonce par le Sultanat d’Oman de la création d’un corridor temporaire pour les navires souhaitant traverser le détroit. Une décision fermement rejetée par l’Iran. « Les pays du CCG aspirent à un nouveau chapitre fondé sur le respect de la souveraineté et la protection des voies maritimes », a-t-il ajouté, selon ses propos.
Le Conseil de coopération des États arabes du Golfe comprend l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar, le Koweït, le Sultanat d’Oman et Bahreïn. Fondé le 25 mai 1981, son siège se trouve à Riyad.
M. Rubio, en tournée dans le Golfe, a mis en garde jeudi contre le « chaos total » que pourrait engendrer la mise en place par l’Iran de frais dont devraient s’acquitter les navires dans le détroit d’Ormuz. Plus tôt jeudi, Téhéran avait menacé de « mesures appropriées » contre tout bateau s’aventurant à franchir le détroit sans leur autorisation, semblant répondre à l’annonce par Oman de l’ouverture d’un « corridor maritime temporaire » présenté comme une initiative concertée avec l’ONU.
Ormuz est une étroite voie navigable d’une trentaine de kilomètres de large qui sépare l’Iran et Oman, mais le seul passage autorisé par l’Iran se fait dans un couloir qui longe ses côtes.
L’Iran réfléchit à l’imposition de « droits de redevance », qui n’existaient pas avant la guerre, auxquels les Etats-Unis sont radicalement opposés – c’est l’un des principaux points d’achoppement entre les deux pays qui ont signé la semaine dernière un protocole d’accord pour mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient. « Si nous acceptons que l’on puisse faire payer l’utilisation d’une voie navigable internationale parce qu’elle se trouve à proximité de son espace territorial, cela se propagerait alors à travers le monde comme une épidémie », a averti M. Rubio.
S’exprimant un peu plus tard face aux journalistes, il a insisté sur le fait que « tout allait bien avec Oman » malgré les récentes menaces américaines. « Je veux dire, au final, il n’y aura ni frais ni péage. Ils étaient présents à la réunion d’aujourd’hui et ont déclaré qu’ils n’étaient pas favorables au système de péage », a dit M. Rubio.
Dans un communiqué publié à l’issue de la réunion, Oman a confirmé qu’aucun « frais de passage » n’était prévu dans les futurs arrangements relatifs au détroit. « Il y a zéro soutien parmi les pays du Golfe à la mise en place de péage, de redevances ou de toute autre forme de tarification liée à l’utilisation des eaux internationales », a insisté M. Rubio. Le chef de la diplomatie américaine, venu rassurer ses alliés du Golfe largement ciblés par Téhéran pendant la guerre en représailles des frappes israélo-américaines sur l’Iran, a ajouté que les Etats-Unis souhaitaient un accord de paix, mais pas « à n’importe quel prix ». « Nous voulons un accord qui soit bon, nous voulons un accord qui soit réel, nous voulons un accord qui soit vérifiable, et nous voulons un accord qui soit respecté », a-t-il dit. Dénonçant « la rhétorique maximaliste » de l’Iran, il a mis en garde contre toute menace à l’encontre de navires, qui constituerait « une violation de l’accord ».
Le responsable, qui s’est rendu aux Emirats arabes unis, au Koweït et à Bahreïn, a également donné l’assurance que les intérêts des pays du Golfe seraient pris en compte. « Nous voulons nous assurer qu’aucune partie de cet accord ne porte atteinte, de quelque manière que ce soit, à la sécurité, à la stabilité ou à la prospérité de l’un de nos partenaires de la région du Golfe », a-t-il souligné, s’engageant à les tenir informés des négociations avec l’Iran – une demande insistante de leur part. Les monarchies du Golfe ont payé un lourd tribut à l’offensive américano-israélienne lancée le 28 février contre l’Iran. Elles accueillent des bases militaires américaines et ont été visées par des missiles et drones iraniens en représailles.

