Dans une lettre adressée au Premier ministre britannique, Keir Starmer, que J. Healey a déclaré n’avoir « jamais pensé devoir écrire », le ministre sortant a indiqué que le très attendu plan d’investissement dans la défense ne prévoyait pas les ressources nécessaires aux forces armées. Cette démission intervient alors que le plan d’investissement dans la défense n’a toujours pas été concrétisé. « Cette période exigeait un investissement supplémentaire à travers le plan d’investissement pour la défense », écrit le ministre démissionnaire. « L’important travail interministériel mené à bien en janvier sous votre supervision, la mienne et celle du chancelier a confirmé l’ampleur du défi ainsi que l’augmentation des besoins en matière de défense », a-t-il souligné. « Depuis lors, vous n’avez pas été en mesure, et le Trésor n’a pas souhaité, engager les ressources dont le pays a besoin pour assurer sa défense face à la montée des menaces », a-t-il ajouté. « Le soutien supplémentaire est reporté à plus tard, alors que la pression opérationnelle et la nécessité d’accélérer la préparation au combat concernent avant tout les deux prochaines années. Les dépenses n’atteindraient que 2,68 % du PIB en 2030, alors que nous atteindrons déjà 2,6 % l’an prochain grâce aux investissements actuellement engagés. »
Selon un rapport de la commission de la Défense de la Chambre des communes publié l’an dernier, le Royaume-Uni ne dispose d’« aucun plan pour défendre le territoire national » et ne se prépare pas suffisamment à l’intensification des menaces mondiales. Le rapport souligne également que, si le Royaume-Uni demeure l’une des principales puissances militaires européennes, sa capacité à conserver cette position est désormais « sous pression ».
Cette démission surprise est un nouveau coup dur pour le Premier ministre travailliste, fragilisé politiquement depuis des mois et menacé par une contestation interne, à une semaine d’une élection législative partielle cruciale. J. Healey, dont le nom est parfois évoqué comme concurrent possible de K.Starmer au sein du Parti travailliste, n’a pas précisé s’il participerait à une éventuelle course pour le remplacer à la tête du Labour et à Downing Street.
Le gouvernement de Keir Starmer s’est engagé à augmenter les dépenses militaires et doit dévoiler son plan d’investissement dans la défense avant le sommet de l’Otan prévue dans moins d’un mois. Ce sommet, qui réunira les 32 pays membres de l’Alliance atlantique à Ankara, se tiendra en présence du président américain Le locataire de la Maison Blanche a exprimé à de multiples reprises ses critiques contre l’Otan, reprochant notamment aux alliés leur refus de s’engager à ses côtés dans l’agression qu’il a menée, à l’aide d’Israël, contre l’Iran.
Le gouvernement britannique s’est engagé à porter les dépenses de défense à 2,5% du Produit intérieur brut d’ici 2027, puis à 3% après 2029, et à 3,5% du PIB d’ici 2035, conformément à l’objectif fixé par l’Otan. La guerre en Iran a récemment révélé au grand public les limites de la Royal Navy, qui résultent d’années de manque d’investissements et de retards industriels. La hausse des dépenses de défense pour atteindre les objectifs fixés par l’Otan constitue un enjeu politique et économique dans de nombreux États membres. Elle implique des arbitrages budgétaires délicats, dans un contexte où les gouvernements doivent également financer d’autres priorités.

