« Je ne veux pas rencontrer, mais si je devais rencontrer, je serais honoré de le rencontrer », a déclaré D. Trump, interrogé sur une possible rencontre avec le dirigeant iranien, dont le père et prédécesseur, Ali Khamenei, a été tué au début de la guerre américano-israélienne contre l’Iran le 28 février. « J’aimerais voir si nous concluons un accord, mais si nous concluons un accord, il est possible que je le rencontre », a-t-il ajouté. Interrogé sur le lieu éventuel de cette rencontre, il a répondu : « Je n’ai pas vraiment entendu grand-chose à ce sujet. Je ne l’ai pas suggéré, mais certaines personnes l’ont suggéré. » Enfin, à la question de savoir s’il reprendrait une action militaire contre l’Iran en cas de mort de soldats américains dans la région, il a répondu : « Ce serait une bonne raison. Pour être honnête avec vous, s’ils tuaient des soldats américains, je pense que je le ferais très rapidement. »
Le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) a affirmé que la déclaration de l’armée iranienne selon laquelle elle aurait adressé un avertissement aux destroyers américains dans la mer d’Oman était inexacte. Dans un message publié sur le réseau social américain X, CENTCOM a rejeté la déclaration de l’armée iranienne selon laquelle elle aurait émis un avertissement avec des missiles et des drones à la suite d’« attaques de la marine américaine contre des navires commerciaux et des pétroliers » dans la mer d’Oman, le message indique : « Les forces iraniennes n’ont pas pris pour cible les navires de guerre de la marine américaine. Cela constituerait une violation majeure du cessez-le-feu. Les forces américaines appliquent pleinement le blocus en cours contre l’Iran et poursuivent librement leurs opérations dans les eaux régionales. »
L’armée iranienne avait annoncé avoir émis un avertissement à l’aide de missiles et de drones à la suite d’« attaques de la marine américaine contre des navires commerciaux et des pétroliers » dans la mer d’Oman. Il avait été rapporté qu’à la suite de ces tirs de sommation, les destroyers américains s’étaient dirigés de la mer d’Oman vers l’océan Indien.
Un porte-parole du département d’État américain a confirmé à la chaîne Fox News que « les contacts avec l’Iran se poursuivent via des médiateurs, et il y a un échange de messages entre les deux parties ». En contrepartie, Majid Takht-Ravanchi, vice-ministre iranien des Affaires étrangères, a déclaré que l’Iran « ne considère aucun document avec les USA comme définitif à moins que ses observations et ses intérêts ne soient pris en considération », ajoutant que son pays « insiste pour mettre 50 % de ses avoirs gelés à sa disposition dès la signature du protocole d’accord ».
Pendant ce temps, et afin d’éviter tout impact négatif supplémentaire sur les négociations, les États-Unis ont maintenu leur opposition à la tendance des responsables israéliens à poursuivre la guerre au Liban. Le site Axios a cité deux hauts responsables américains affirmant que « alors que le président Trump veut mettre fin à la guerre au Liban, il semble que Netanyahu souhaite la reprendre ».
Le site US a souligné que « le récent différend entre les deux hommes concernant le Liban a mis en évidence à quel point les objectifs militaires du second — et peut-être sa survie politique — dépendent d’un président américain qui ne partage pas son désir d’escalade ».
Il a affirmé que D. Trump et B. Netanyahu se sont coordonnés de manière très étroite concernant l’Iran et se parlent sur un rythme quasi quotidien, mais les responsables des deux côtés sont conscients qu’un moment pourrait venir où les intérêts et les objectifs des deux alliés divergeront.
Depuis Saint Petersbourg, Vladimir Poutine a qualifié de « seule décision correcte » le choix de D. Trump de suspendre les opérations militaires contre l’Iran. Il a dit espérer que ce cessez-le-feu puisse ouvrir la voie à une paix durable. Le président russe a affirmé ne voir aucune provocation de la part de l’Iran justifiant une attaque américaine. Il a indiqué que Moscou restait en contact avec les États-Unis, l’Iran et Israël, et se disait prête à travailler avec toutes les parties pour favoriser la paix. La proposition russe sur l’évacuation de l’uranium enrichi hors d’Iran reste « sur la table ». Interrogé sur des accusations de livraisons d’armes à l’Iran, Poutine a assuré que Téhéran n’en avait pas fait la demande et que la Russie ne lui avait « rien fourni ».
En outre, il a fait savoir que la population iranienne avait démontré sa capacité à défendre ses intérêts dans la recherche d’une solution à la crise. « Le peuple iranien est resté uni face aux difficultés. Cet élément devra être pris en compte dans tout règlement définitif », a-t-il indiqué.
Le dirigeant russe a exprimé l’espoir que les initiatives engagées par Washington et Téhéran aboutissent à une solution positive, tout en affirmant que la Russie était prête à apporter son aide dans ce processus. Il a également regretté que la question palestinienne soit reléguée au second plan en raison de la crise iranienne et de la situation dans le détroit d’Ormuz. « Cette tragédie se poursuit », a-t-il déclaré.
Le Gerald Ford endommagé
Par ailleurs, une nouvelle séquence vidéo obtenue par le réseau américain CNN a révélé la réalité de l’incendie qui s’est déclaré à bord du plus grand porte-avions du monde, le « Gerald R. Ford », en mars dernier, alors qu’il participait à des opérations contre l’Iran. Les images démontrent que l’incendie était bien plus violent et destructeur que ce que la marine américaine a tenté de dépeindre.
La marine américaine avait publié à l’époque un bref communiqué, affirmant que l’incendie avait été maîtrisé, que seuls deux marins avaient été soignés pour des blessures mineures, et assurant que le porte-avions restait pleinement opérationnel. Cependant, les images divulguées montrent une réalité tout autre : les couchettes où dormaient les marins ont été entièrement détruites, ne laissant que du métal carbonisé et tordu sous un plafond qui semblait ravagé par les flammes, avec des câbles pendants et des tas de cendres éparpillés un peu partout.
Dans un témoignage poignant, l’un des marins à bord a décrit les moments de lutte contre le feu : « J’ai sérieusement cru que nous allions perdre le navire… C’était soit se battre, soit mourir ». Un autre marin ainsi qu’un haut responsable américain au fait de l’incident ont confirmé que le système anti-incendie du navire avait totalement échoué à fonctionner, contraignant l’équipage à mener un combat manuel pour éteindre les flammes et empêcher une aggravation de la catastrophe.
Le Ford, le plus récent porte-avions américain et le plus grand au monde, opérait en mer Rouge en soutien à l’opération « Épopée de la Colère » lorsque « l’incendie s’est déclaré dans sa laverie principale le 12 mars courant, blessant trois marins », selon ce qu’affirmaient les rapports. Un responsable américain avait déclaré à l’époque que près de 200 marins avaient été soignés, précisant que « l’extinction de l’incendie avait pris plusieurs heures et avait également touché près de 100 couchettes ».
De son côté, l’agence iranienne Tasnim a confirmé que le porte-avions américain USS Gerald Ford avait quitté la zone d’opérations après avoir échoué dans sa mission contre l’Iran. Le porte-avions était déployé depuis neuf mois et avait participé à des opérations agressives ciblant le Venezuela dans la région des Caraïbes avant son arrivée au « Moyen-Orient ».
Durant sa période de mission, le porte-avions à propulsion nucléaire a également été confronté à « des problèmes dans le système d’assainissement qui ont affecté la quasi-totalité de ses 650 toilettes », selon ce qu’a rapporté l’agence Reuters.

