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Violences sexuelles en zone de conflit : Israël classée par l’ONU dans la « liste noire »

by Perspectives Med
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Violences sexuelles en zone de conflit : Israël classée par l’ONU dans la « liste noire »

La décision de l’ONU s’appuie sur des rapports d’organisations de défense des droits de l’homme et de médias faisant état d’allégations d’abus sexuels et de mauvais traitements commis contre des détenus palestiniens depuis octobre 2023. Ces accusations incluent des actes de viol, de torture et des traitements dégradants dans des centres de détention militaires et civils.

Selon plusieurs témoignages relayés, des prisonniers auraient subi des violences extrêmes en détention, tandis que des cas de décès en captivité ont également été signalés. Une enquête précédente de l’ONU avait déjà accusé Israël de recourir à la violence sexuelle comme méthode de guerre visant à exercer domination et intimidation sur la population palestinienne.

Des organisations de défense des droits de l’homme, dont l’organisation israélienne B’Tselem, ont décrit le système pénitentiaire israélien comme un environnement marqué par des abus systématiques et des violences répétées, y compris sexuelles. Ces conclusions alimentent un débat international de plus en plus tendu autour du respect du droit humanitaire dans le conflit.

La décision de l’ONU a été rejetée par Danny Banon, ambassadeur israélien auprès de l’ONU, la qualifiant de « politique » et « déconnectée des faits et de la réalité ». Selon lui, l’ONU aurait placé Israël sur une liste regroupant des organisations telles que le Hamas ou Daech (État islamique-EI), ce qu’il considère comme une « honte morale » et une atteinte grave à la crédibilité de l’organisation internationale.

Réoccuper Gaza

Benjamin Netanyahou, Premier ministre israélien, a déclaré avoir ordonné à l’armée israélienne de poursuivre l’extension de son contrôle sur la bande de Gaza, malgré le cessez-le-feu entré en vigueur en octobre 2025. Selon une vidéo diffusée par une chaîne israélienne, il affirme vouloir porter la présence militaire à 70 % du territoire. Lors d’une intervention en Cisjordanie occupée, il a indiqué que l’armée contrôlait déjà environ 60 % de la bande de Gaza, contre 50 % au moment de l’entrée en vigueur de la trêve. « Ma directive est de passer à 70 % », a-t-il déclaré, ajoutant vouloir avancer « par étapes », sans exclure une poursuite de l’offensive à plus long terme. Ces propos interviennent alors que la ligne de cessez-le-feu issue du plan de médiation américain, entré en vigueur le 10 octobre 2025, prévoyait un cadre de désescalade partielle.

Sur le terrain, les violences se poursuivent malgré la trêve officielle. Au moins 16 personnes ont été tuées dans la bande de Gaza au cours des dernières 48 heures, dont dix lors d’un bombardement nocturne ayant frappé un camp de déplacés dans le centre du territoire, selon des sources palestiniennes. Les autorités sanitaires font également état de 39 blessés sur la même période. Depuis le début du cessez-le-feu théorique, les frappes israéliennes restent quasi quotidiennes dans l’enclave, déjà dévastée par plus de deux ans de guerre.

Le ministère de la Santé de Gaza recense 922 morts supplémentaires depuis octobre 2025, portant le bilan total à 72 819 Palestiniens tués et 172 894 blessés depuis le début de l’offensive lancée après l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023. La situation humanitaire demeure critique, marquée par la destruction des infrastructures, les déplacements massifs de population et la poursuite des opérations militaires dans un territoire assiégé.

Cinq Palestiniens ont été tués et 18 autres blessés mercredi dans une frappe aérienne israélienne ayant visé un appartement situé dans un immeuble résidentiel au centre de Gaza-ville, selon le Croissant-Rouge palestinien. L’organisation a indiqué que ses équipes avaient récupéré quatre corps et secouru 18 blessés après la frappe israélienne ayant touché une habitation près de la tour al-Israa, dans la rue Omar al-Mukhtar.

L’armée israélienne a affirmé avoir ciblé deux membres importants du Hamas dans le nord de la bande de Gaza.

Le quotidien israélien Yedioth Ahronoth a également affirmé que les personnes visées étaient le commandant de la brigade nord de Gaza du Hamas et le commandant adjoint de la brigade de Gaza-ville, sans révéler leur identité. Plus tard, le Hamas a annoncé la mort de Mohammed Awda, haut responsable de sa branche armée, les Brigades Al-Qassam, à la suite d’une frappe israélienne menée dans la ville de Gaza. Dans un communiqué, le mouvement palestinien a indiqué que le martyr avait été tué mardi soir avec son épouse et ses deux fils lors d’une frappe israélienne visant un immeuble résidentiel. Le groupe a présenté M. Awda comme un « haut commandant des Brigades Al-Qassam » et a affirmé qu’il appartenait à la « première génération ayant posé les bases des opérations de résistance armée et militaire ».

Mardi, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Israel Katz avaient également déclaré que l’armée avait ciblé Awda lors d’une frappe aérienne menée dans la ville de Gaza. Les déclarations israéliennes sont intervenues après de violents bombardements dans une zone densément peuplée du centre de Gaza, à la veille de la fête musulmane de l’Aïd al-Adha.

Paris s’insurge !

Des manifestants se sont rassemblés jeudi place Jules Joffrin, dans le 18e arrondissement de Paris, à l’appel du collectif EuroPalestine pour dénoncer le « génocide à Gaza » et réclamer des sanctions contre Israël.

Les participants ont brandi des drapeaux palestiniens, des portraits de Palestiniens tués à Gaza ainsi que des pancartes appelant au boycott d’Israël et de plusieurs entreprises accusées de soutenir l’effort de guerre israélien. Le député Aymeric Caron a participé au rassemblement aux côtés de militants de la cause palestinienne venus dénoncer la poursuite des opérations militaires israéliennes dans la bande de Gaza.

Les participants ont scandé des slogans en faveur de la Palestine et appelé les autorités françaises à prendre des mesures contre Israël, estimant que les condamnations diplomatiques demeurent insuffisantes face à la situation à Gaza. Plusieurs interventions ont également dénoncé le blocus imposé à l’enclave palestinienne, la destruction d’infrastructures civiles et les difficultés d’accès à l’aide humanitaire.

Les organisateurs ont accusé les gouvernements occidentaux de continuer à soutenir Israël malgré les procédures judiciaires internationales en cours.

Cette mobilisation intervient alors que la Cour internationale de justice (CIJ) examine la plainte déposée par l’Afrique du Sud accusant Israël de violer la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide dans la bande de Gaza. La juridiction de l’ONU a déjà ordonné plusieurs mesures conservatoires et jugé plausible le risque de génocide, tout en exigeant qu’Israël facilite l’acheminement de l’aide humanitaire et protège la population civile palestinienne. La Cour pénale internationale (CPI) a, pour sa part, émis des mandats d’arrêt contre le premier ministre israélien Benyamin Netanyahu et l’ancien ministre de la Défense Yoav Gallant pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis dans le cadre de la guerre à Gaza, notamment l’utilisation de la famine comme arme de guerre.

Depuis octobre 2023, les opérations militaires israéliennes ont fait plusieurs dizaines de milliers de morts palestiniens dans la bande de Gaza. Les femmes et les enfants représentent une part majoritaire des victimes recensées.

Des agences des Nations unies, des experts indépendants mandatés par l’ONU ainsi que plusieurs organisations internationales de défense des droits humains, parmi lesquelles Amnesty International, Human Rights Watch et la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), ont dénoncé à de multiples reprises des violations graves du droit international humanitaire, des attaques contre des civils, des déplacements forcés de population ainsi que l’utilisation de la faim comme méthode de guerre.

Les organisateurs du rassemblement ont affirmé vouloir poursuivre les mobilisations dans les prochaines semaines afin de maintenir la pression sur les autorités françaises et européennes et obtenir des mesures concrètes contre Israël.

Par ailleurs, les avocates des membres français de la « Flottille pour Gaza » ont dénoncé vendredi un « simulacre de condamnation » de la part des autorités françaises après les violences dénoncées par plusieurs militants lors de leur détention en Israël à la suite de l’interception de la flottille Sumud. Dans un communiqué, elles affirment que les annonces du gouvernement français « ne sauraient aujourd’hui sérieusement le poser en défenseur des droits des navigants de la Flottille », estimant que Paris a « soutenu l’État d’Israël depuis le début du génocide ». Elles ont également annoncé leur refus de rencontrer Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères, et indiqué leur intention de déposer plainte « dans les prochains jours » pour les « humiliations, violences, viols et actes de torture dénoncés » par les militants.

Cette réaction intervient après les déclarations de Sébastien Lecornu, qui a affirmé mardi devant l’Assemblée nationale que la France envisageait une « saisine » de la justice française concernant les traitements infligés aux militants de la flottille. Le chef du gouvernement avait condamné « sans réserve » des actes jugés « absolument odieux », estimant que la France ne pouvait rester « sans réaction » face aux violences dénoncées contre des ressortissants français. « Nous n’excluons pas une saisine de notre propre justice sur l’ensemble des agissements tels qu’on a pu les constater sur cette vidéo », avait-il déclaré devant les députés.

J-N. Barrot avait par ailleurs annoncé l’interdiction d’accès au territoire français visant le sinistre Itamar Ben Gvir, ministre israélien de la Sécurité nationale, dénonçant des « agissements inqualifiables » contre des citoyens français et européens.

La flottille Sumud, composée de militants internationaux, tentait d’acheminer une aide symbolique vers Gaza afin de dénoncer le blocus imposé au territoire palestinien et la crise humanitaire dans l’enclave. Une cinquantaine de navires avaient quitté la Turquie le 14 mai. Israël a annoncé avoir intercepté les bateaux et arrêté 430 militants, dont 37 Français, avant leur expulsion jeudi. Plusieurs militants accusent les forces israéliennes d’avoir commis des violences physiques, psychologiques et sexuelles après l’intervention menée contre les navires en eaux internationales.

F. Albanese sanctionnée !

A signaler aussi que les États-Unis ont rétabli les sanctions visant la rapporteuse spéciale de l’ONU pour les territoires palestiniens occupés, quelques jours après avoir retiré son nom de la liste à la suite d’une décision de justice. Une mise à jour publiée mercredi sur le site du département du Trésor américain montre que Francesca Albanese a été réinscrite sur la liste des personnes sanctionnées par Washington.

Le juge fédéral Richard Leon avait pourtant estimé, le 13 mai, que l’administration Trump avait probablement porté atteinte à la liberté d’expression d’Albanese en la sanctionnant pour ses critiques de la guerre menée par Israël dans la bande de Gaza. Le magistrat avait alors suspendu provisoirement ces sanctions.

Mais vendredi, une cour d’appel fédérale de Washington a gelé cette décision, ouvrant ainsi la voie au rétablissement des mesures punitives contre la responsable onusienne. De nationalité italienne, F. Albanese avait été sanctionnée par les États-Unis en juillet 2025 après avoir encouragé la Cour pénale internationale (CPI), basée à La Haye, à engager des poursuites pour crimes de guerre contre des responsables israéliens dans le cadre de la guerre à Gaza. Marco Rubio, secrétaire d’État américain, l’avait accusée de mener une « campagne de guerre politique et économique » contre les États-Unis et Israël.
Cette accusation faisait suite à la publication d’un rapport dans lequel F. Albanese citait plusieurs grandes entreprises, dont Microsoft, Alphabet, Amazon et Palantir Technologies, qu’elle accusait de faciliter l’occupation israélienne des territoires palestiniens.

F. Albanese occupe depuis 2022 le poste de rapporteuse spéciale du Conseil des droits de l’homme de l’ONU pour les territoires palestiniens occupés, avec pour mission de surveiller les violations des droits humains commises contre les Palestiniens. Les sanctions américaines lui interdisent notamment d’entrer sur le territoire américain, d’accéder au système bancaire des États-Unis ou encore d’effectuer des transactions avec des entités basées dans le pays. Son époux, l’économiste de la Banque mondiale Massimiliano Cali, ainsi que leur fille de nationalité américaine, avaient déposé plainte contre l’administration Trump en février.

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