jeudi, mai 14, 2026
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Guerre otano-russe en Ukraine : Une trêve éphémère…

by Perspectives Med
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Guerre otano-russe en Ukraine : Une trêve éphémère…

Selon Kiev, des drones ont été abattus dans les régions de Dnipro, Jytomyr, Mykolaïv, Soumy, Kharkiv et Tchernihiv, ainsi qu’à Kiev et dans sa région. Le président ukrainien a indiqué que des infrastructures énergétiques, des immeubles résidentiels et un jardin d’enfants avaient été endommagés. Il a également fait état d’une frappe visant une locomotive civile dans la région de Dnipropetrovsk.

De son côté, le ministère russe de la Défense a affirmé sur Telegram que ses forces avaient abattu 31 drones ukrainiens depuis minuit au-dessus des régions de Belgorod, Volgograd, Voronej et Rostov. Les affirmations des deux camps restent difficiles à vérifier de manière indépendante en raison de la poursuite du conflit. Le cessez-le-feu de trois jours entre la Russie et l’Ukraine proposé par le président américain Donald Trump a expiré lundi à 21h00 GMT. Dans un communiqué, le ministère russe de la Défense a affirmé que Moscou avait « strictement observé » la trêve entrée en vigueur le 8 mai, accusant en parallèle l’Ukraine d’avoir commis 30.383 violations du cessez-le-feu. Le ministère a indiqué que les forces ukrainiennes avaient mené des frappes à l’aide de drones et bombardé des positions russes à l’artillerie durant la période de trêve, selon un communiqué publié sur le réseau social Max. Moscou a également affirmé que l’Ukraine avait lancé 5.825 drones lundi, ajoutant que la Russie avait « répondu de manière symétrique ».

Le cessez-le-feu de trois jours entre la Russie et l’Ukraine, proposé par le président américain Donald Trump, a expiré lundi à 21H00 GMT. Le chef de la Maison Blanche avait déclaré vendredi que Moscou et Kiev avaient accepté une trêve du 9 au 11 mai, accompagnée d’un échange de 1.000 prisonniers contre 1.000, présentant cette initiative comme une possible étape vers la fin du conflit. Avant cette proposition, Moscou avait annoncé un cessez-le-feu unilatéral les 8 et 9 mai à l’occasion de l’anniversaire de la victoire soviétique sur l’Allemagne nazie durant la Seconde Guerre mondiale, tout en avertissant l’Ukraine d’une riposte « massive » en cas de perturbation des célébrations du Jour de la Victoire. Kiev avait ensuite indiqué qu’elle respecterait un cessez-le-feu à compter du 6 mai.

Le Kremlin a affirmé mardi que le conflit en Ukraine pourrait « prendre fin à tout moment » si Kiev prenait « les décisions nécessaires », au lendemain de l’expiration d’un cessez-le-feu de trois jours proposé par le président américain. Le responsable russe a indiqué que « le cessez-le-feu humanitaire a pris fin » et que « l’opération militaire spéciale se poursuit », reprenant la terminologie employée par Moscou pour désigner son offensive en Ukraine lancée en février 2022.

Interrogé sur une éventuelle rencontre entre le président russe Vladimir Poutine et son homologue ukrainien, Dmitri Peskov a estimé qu’un tel entretien pourrait se tenir « à Moscou ou ailleurs ». Selon lui, une rencontre n’aurait toutefois de sens que lorsque le processus de règlement sera « totalement finalisé », ajoutant qu’« un important travail préparatoire » restait à accomplir.

Dimanche, Iouri Ouchakov, conseiller diplomatique du Kremlin, avait affirmé qu’aucun règlement du conflit ne serait possible si l’Ukraine ne retirait pas ses forces du Donbass, région de l’est de l’Ukraine partiellement contrôlée par la Russie.

Depuis le début de la guerre en février 2022, Moscou et Kiev ont participé à plusieurs cycles de négociations, notamment sous médiation américaine au début de l’année 2026, sans parvenir à un accord en raison de divergences persistantes sur les questions territoriales.

Démonstration de puissance

A rappeler que dans la journée de mardi, les Forces des missiles stratégiques russes ont procédé au lancement du missile balistique intercontinental lourd Sarmat. Sergueï Karakaïev, commandant des forces stratégiques, a informé le maitre du Kremlin que le tir avait été mené avec succès et que l’objectif fixé avait été atteint. Il a indiqué que l’essai avait confirmé, selon ses mots, « la justesse des choix de conception et des solutions technologiques », ainsi que la conformité du système aux caractéristiques prévues. Développé pour remplacer le système soviétique Voïevoda, le Sarmat doit renforcer la composante terrestre de la dissuasion stratégique russe. S. Karakaïev a souligné que le nouveau système dépasse son prédécesseur par sa portée, sa capacité d’emport, sa préparation au lancement et sa capacité à surmonter les défenses antimissiles. Les résultats du tir doivent permettre de placer le premier régiment équipé du Sarmat en alerte opérationnelle avant la fin de l’année 2026, au sein de l’unité d’Oujour, dans le kraï de Krasnoïarsk, en Sibérie.

V. Poutine a salué cet essai comme une étape importante pour la sécurité stratégique de la Russie. Le président russe a qualifié le Sarmat de « plus puissant système de missiles au monde ». Il a indiqué que la puissance totale de la charge emportée par ce missile dépassait de plus de quatre fois celle du plus puissant équivalent occidental existant. Le chef de l’État russe a mis en avant les capacités de trajectoire du Sarmat. Le missile peut suivre une trajectoire balistique, mais aussi une trajectoire suborbitale. Grâce à cette capacité, sa portée pourrait dépasser 35 000 kilomètres, avec une précision deux fois supérieure. Ces caractéristiques doivent permettre au missile de déjouer les systèmes de défense antimissile existants et futurs. Cette annonce s’inscrit dans une logique plus large de préservation de l’équilibre stratégique. Le Maitre du Kremlin a rappelé que la Russie avait relancé le développement de ses forces de dissuasion au début des années 2000, après le retrait des États-Unis du Traité sur les systèmes antimissiles en 2002. Il a affirmé que Moscou avait alors été « contrainte » de repenser sa sécurité stratégique face à une nouvelle réalité internationale. Le Sarmat s’inscrit ainsi dans la modernisation progressive des forces de dissuasion russes. Vladimir Poutine a rappelé que le système hypersonique Avangard est en service depuis 2019, tandis que le missile hypersonique Kinjal, déployé depuis 2017, continue d’être perfectionné, notamment dans sa version non nucléaire. Il a également évoqué Orechnik, un système de moyenne portée placé en service en 2025 et pouvant être équipé d’ogives nucléaires.

D’autres programmes avancent en parallèle. Les travaux sur le drone sous-marin Poséidon et sur le missile de croisière à portée mondiale Bourévestnik, tous deux dotés de systèmes compacts de propulsion nucléaire, sont proches de leur phase finale. Ces développements répondent à une même priorité : garantir la capacité de dissuasion de la Russie et préserver l’équilibre des forces.

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